Tusk met en garde contre un scénario à la « Game of thrones » dans les Balkans

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Alors que Bruxelles cherche à encourager les efforts de la région pour se réformer, le président du Conseil européen craint que les choses ne dégénèrent.

L’Union européenne profite de la présidence bulgare de six mois pour tenter de contrer l’influence de la Russie, de la Turquie et d’autres pays, ayant disparu du radar de l’Union ces dernières années. Pour sa part, la Bulgarie tente de raviver la dimension européenne de cette région appauvrie mais importante du point de vue géostratégique.

Lors de la cérémonie de lancement de la présidence à Sofia, le président du Conseil européen, Donald Tusk, ancien premier ministre polonais, a comparé l’histoire de la région au drame télévisé fantastique Game of Thrones.

« L’histoire des Balkans est plus dramatique et intéressante que le scénario de « Game of thrones », même s’il n’y a pas de dragons. Nous aimerions tous que le présent et l’avenir des Balkans ressemblent moins à des scénarios dramatiques », a commenté Donald Tusk dans son discours, qui mêlait poésie, humour et anecdotes historiques.

« Stabilité, sécurité, prospérité : c’est ce que les habitants de toute la région méritent. Et l’objectif de l’UE est d’aider à faire de ce scénario une réalité », a-t-il ajouté.

Pour de nombreux Bulgares réunis au Théâtre national de Sofia, ce fut un moment très émouvant et certains d’entre eux ne purent pas retenir leurs larmes lorsque Donald Tusk a déclaré qu’en tant que Polonais, il comprenait à quel point ils devaient travailler dur « pour atteindre le succès européen ».

« Ce n’est même pas parce qu’il a parlé en bulgare, c’est ce qu’il a dit, j’ai vraiment été touché », a déclaré un responsable du gouvernement.

La Bulgarie, la Roumanie, la Slovénie et la Croatie sont les seuls pays de la région à avoir adhéré à l’UE à ce jour.

Sofia espère utiliser sa présidence de l’UE pour relancer les pourparlers d’adhésion avec le Monténégro et la Serbie, tout en aidant l’Albanie et la Macédoine à se rapprocher de l’ouverture des négociations d’adhésion.

4 des 5 pays candidats à l'UE ne seront pas prêts avant 2050

Parmi les pays candidats, seule la Macédoine remplit les critères nécessaires à une adhésion avant 2023.

La ministre des Affaires étrangères, Ekaterina Zaharieva, s’est adressée aux journalistes le lendemain du discours de Donald Tusk et a déclaré qu’il était grand temps de remettre les Balkans à l’ordre du jour.

« Ces pays sont importants pour la sécurité géopolitique. Si nous ne sommes pas présents là-bas, quelqu’un d’autre viendra, il n’y aura pas de vide. La Turquie et la Russie s’intéressent à la région depuis des décennies, c’est pourquoi nous devons apporter un soutien politique, pour leur montrer que, s’ils sont prêts, les portes seront ouvertes », a-t-elle soutenu.

Plus précisément, elle a déclaré que la Bulgarie s’attendait à ce que le Monténégro et la Serbie poursuivent et ouvrent davantage de chapitres de négociation et a ajouté qu’elle pensait « que l’Albanie et la Macédoine [avaient] une réelle chance d’entamer les pourparlers pendant la présidence bulgare ». Elle a cependant souligné une fois de plus qu’il n’y aurait pas d’avancées tant que les pays ne persisteraient pas à mettre en œuvre des réformes.

Les citoyens des Balkans doutent de leur adhésion à l’UE

Malgré les déclarations rassurantes de Bruxelles, plus d’un quart des citoyens des Balkans ne croient plus à l’adhésion de leurs pays à l’UE,  selon l’étude 2017 du baromètre des Balkans.

Dans le cadre des efforts qu’elle déploie pour remettre la région au centre des préoccupations, la Bulgarie accueillera également le premier sommet UE-Balkans en mai prochain. Le dernier a eu lieu à Thessalonique en 2003, soit il y a 15 ans.

Les Balkans occidentaux, dont font également partie la Bosnie et le Kosovo, se sont enlisés dans des conflits locaux et des problèmes liés à la criminalité organisée, principalement en raison de la lenteur des réformes politiques, administratives et économiques.

Entre-temps, la Russie a intensifié ses efforts pour faire inverser une série de revers dans la région, où le Monténégro a rejoint l’OTAN l’année dernière et où le nouveau gouvernement macédonien a adopté une position beaucoup plus pro-européenne.

Le Premier ministre bulgare Boyko Borisov a récemment averti qu’il était nécessaire de procéder à une européanisation des Balkans pour empêcher la balkanisation de l’Europe, qui désigne la « fragmentation d’une région en petits groupes hostiles ».

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