Le président de la République recevra son homologue hongrois ce jeudi soir (7 décembre) à l’Élysée pour un « diner de travail », durant lequel ils aborderont les aides supplémentaires de l’UE à l’Ukraine, alors que Budapest y reste très opposée et risque de bloquer les décisions du Conseil européen.
Comme au mois de mars dernier, le président de la République française accueille jeudi soir, au Palais de l’Élysée, Viktor Orbán, pour évoquer différents sujets qui seront à l’ordre du jour du Conseil européen lors d’un sommet prévu les 14 et 15 décembre.
Parmi eux, le « le soutien européen à l’Ukraine » ou encore les questions « relatives à l’élargissement et la réforme » de l’UE, précise la Présidence française dans un communiqué.
Alors que Viktor Orbán campe sur ses positions pro-russes depuis le début du conflit, ce dernier a récemment fait savoir qu’il s’opposerait à l’enveloppe de 50 milliards d’euros demandés pour Kiev par la Commission, mais aussi à l’ouverture de négociations d’adhésion à l’UE de l’Ukraine.
Selon lui, « la proposition de la Commission européenne sur l’ouverture de négociations d’adhésion de l’Ukraine à l’UE n’est pas fondée et mal préparée », a-t-il insisté sur X (ex-Twitter), le 3 décembre.
« Au lieu de financer la guerre, nous devrions enfin consacrer les ressources de l’Europe à faire la paix », a-t-il ajouté le lendemain, pour s’opposer à cette nouvelle aide européenne.
Or, pour être validées, ces décisions de Conseil européen nécessitent l’unanimité des 27 membres de l’Union. Elles ne résisteraient donc pas à un véto de Budapest, que Viktor Orbán pourrait dégainer lors du prochain sommet, chose que craignent les autorités européennes.
Pour éviter ce scénario, le Président du Conseil européen Charles Michel s’était rendu à Budapest fin novembre pour tenter de le faire changer d’avis. Peine perdue : dans une lettre datée du lundi 4 décembre, Viktor Orbán lui demande de retirer de l’agenda du Sommet de la semaine prochaine le soutien budgétaire à Kiev et l’ouverture des procédures d’adhésion à l’UE.
Emmanuel Macron pourrait tenter à son tour de convaincre le président hongrois, ou de trouver un compromis ce jeudi. Ce dernier, favorable à « un accord de partenariat stratégique avec l’Ukraine » plutôt qu’à une adhésion, est également pour un fonds d’aide alimenté par les États, de sorte que chacun verse « le montant qu’il souhaite ».
M. Orban attend également le déblocage des fonds gelés par l’UE, en attendant des avancés en matière de lutte contre la corruption et d’indépendance du système judiciaire.
En mars dernier, Emmanuel Macron avait déjà reçu M. Orbán pour un rendez-vous similaire. Il avait alors insisté sur « l’unité des pays européens » face à la guerre en Ukraine. Un message qu’il devrait réitérer pour ce second et dernier rendez-vous de l’année avec son homologue.



