Anne Hidalgo : un programme Climat en attente de concertation

« Nous avons besoin de débattre d’une feuille de route pour 25 ans, et d'une loi pluriannuelle permettant le déploiement massif des énergies renouvelables et fixant des objectifs  précis de réduction du nucléaire dans le mix énergétique » a précisé Anne Hidalgo dans un communiqué le 11 février. [EPA-EFE/CHRISTOPHE PETIT TESSON]

De la prudence sur le nucléaire, des ambitions imprécises sur les énergies renouvelables, des idées de concertations : le programme Climat d’Anne Hidalgo paraît encore assez vague.

Invité du think tank Equilibre des énergies le 9 février pour présenter la stratégie environnementale de la candidate à la présidentielle, Gérard Leseul, le référent Climat et Biodiversité de son équipe de campagne, n’a pas donné beaucoup de détails.

Quelques grandes lignes se distinguent néanmoins. Tout d’abord, la création d’un grand ministère du Climat, de l’Economie et des Finances. Il « devrait permettre de développer des actions fortes en lien étroit avec les collectivités locales » a souligné Gérard Leseul. « Les régions, les grandes collectivités locales, auront un rôle extrêmement important à jouer. »

Ensuite, le référent Climat a indiqué que la candidate Hidalgo souhaitait « mettre le paquet sur le développement des énergies renouvelables », comme le solaire, nécessaire « sur tous les bâtiments publics ». « La puissance publique, qu’elle soit nationale ou locale, devrait donner l’exemple et impulser une dynamique en matière de photovoltaïque » a avancé Gérard Leseul.

Il a poursuivi sur la question de l’indépendance énergétique, notamment par rapport à l’importation de panneaux photovoltaïques, indiquant que « nous ne pouvons pas (…) continuer cette dépendance (…). Si nous voulons développer le photovoltaïque, il faut que tout le monde s’y mette. Il faut que la puissance publique nationale s’y mette avec des investissements forts. »

Au-delà du solaire, Anne Hidalgo souhaite « massifier les financements pour développer l’ensemble des énergies renouvelables » selon Gérard Leseul.

Un moratoire sur l’éolien et 6 EPR au programme de la candidate Le Pen

A quelques mois de l’élection présidentielle, les programmes des candidats se précisent. Du côté du Rassemblement National, on envisage un projet de politique climatique au service du social – pro-nucléaire, pro-hydrogène, mais anti-éolien.

Prudence sur le nucléaire 

Pour répondre aux besoins croissants en électricité qui va de pair avec la transition énergétique, Anne Hidalgo souhaite donc s’appuyer sur les renouvelables.

Mais elle n’envisage pas une sortie immédiate du nucléaire pour autant. « Il faut s’appuyer sur l’ensemble des experts, et notamment l’Agence de sûreté du nucléaire, pour pouvoir annoncer à quel moment les réacteurs pourront être fermés » a estimé Gérard Leseul.

« Pour l’instant, nous ne pouvons pas nous [priver du nucléaire] » a-t-il souligné.

Toutefois, la candidate ne souhaite pas non plus développer la filière nucléaire. Suite aux annonces d’Emmanuel Macron à ce propos le 10 février, Anne Hidalgo a indiqué, dans un communiqué daté du 11 février, qu’il n’était pas « raisonnable de proposer comme le fait le président candidat la création de 14 réacteurs nucléaires » et qu’il n’était pas « acceptable de faire cette annonce en fin de mandat ». 

Concertation tous azimuts

Du côté de la candidate, pas de chiffre ni de calendrier en ce qui concerne le développement de telle ou telle énergie renouvelable ou la fermeture de telle ou telle centrale nucléaire. Du moins, pas avant une concertation. Elle pourrait avoir lieu « dans les 100 premiers jours du quinquennat » selon Gérard Leseul.

Dans son communiqué du 11 février, la candidate a donné quelques précisions : « Nous avons besoin de débattre d’une feuille de route pour 25 ans, et d’une loi pluriannuelle permettant le déploiement massif des énergies renouvelables et fixant des objectifs précis de réduction du nucléaire dans le mix énergétique. »

Cette concertation pourrait aborder la question de l’indépendance énergétique, du nucléaire, ou encore de l’éolien. Sur ce dernier point, « il faut mettre tout le monde autour de la table », et notamment les régions, afin qu’elles définissent « un schéma d’aménagement » et qu’elles disposent d’une « production d’énergie renouvelable sur leurs territoires » a indiqué le référent d’Anne Hidalgo.

En attendant cette concertation sur le sujet de l’énergie, le programme Climat d’Anne Hidalgo paraît encore bien vague. 

Anne Hidalgo, candidate « profondément européenne » à l’élection présidentielle

La candidate PS à l’élection présidentielle française a dévoilé son programme le 13 janvier dernier. Celui-ci s’inscrit dans une dimension européenne, avec des propositions ambitieuses, qui ont toutes pour point commun d’affirmer la primauté du droit européen.

 

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