Emanuel Macron trace les grandes lignes de sa prochaine politique agricole

Le président en campagne Emmanuel Macron, a présenté hier, jeudi 17 mars, son programme lors d’une conférence de presse. [Frederic Legrand - COMEO]

Le président en campagne Emmanuel Macron, a présenté hier, jeudi 17 mars, son programme lors d’une conférence de presse. Sur fond de crise ukrainienne, il veut faire de l’indépendance « dans une Europe plus forte » l’axe stratégique de son futur quinquennat.

Dans cette optique, les enjeux industriels et agricoles occupent une place majeure. Suivant la ligne du « plan de résilience » annoncé la veille (mercredi 16 mars) par le gouvernement et dont nous avons déjà détaillé les mesures, le président-candidat a tracé les grandes lignes de son projet basé sur l’« indépendance agricole, industrielle et créative ».

Renouvellement des générations d’agriculteurs 

Lors de cette conférence de presse, certains points ont été abordés comme son plan pour aider au renouvellement des générations, un défi de taille sachant qu’environ la moitié des agriculteurs vont cesser leur activité d’ici 2026 en France.

Pour faciliter la formation, l’installation, l’accompagnement, Emmanuel Macron entend proposer une « loi d’orientation et d’avenir agricole ». Dans son programme pour 2022, désormais en ligne, on y trouve quelques mesures concrètes comme l’octroi d’ « un prêt d’honneur à la personne sans demande de garantie d’un montant de 50 000 euros maximum avec un différé de 2 ans. » Et ce en plus de la dotation jeunes agriculteurs (DJA) déjà en application.

En s’appuyant sur les réalisations de son quinquennat, notamment les lois Egalim1 et 2 visant à garantir des revenus pour les producteurs, il souhaite « continuer à transformer notre agriculture, continuer à produire et aller vers plus de qualité ». Transformations privilégiant les « circuits courts » et les « produits bio ».

La France annonce des mesures d'aide pour l'agriculture en pleine crise ukrainienne

Ce mercredi 16 mars, le gouvernement français annonçait un « plan de résilience » pour faire face à la crise ukrainienne. Très attendues par le monde agricole, les mesures annoncées visent surtout à lutter contre les hausses des prix de l’énergie et des matières premières

Révision du projet européen

Sur le plan européen, Emmanuel Macron s’attaque au sujet épineux des discussions européennes, en particulier concernant la stratégie « de la ferme à la fourchette » (farm to fork), déclinaison du pacte vert européen. Celle-ci comprenait la réduction par deux du recours aux pesticides d’ici à 2030, et de 20 % en moins d’engrais chimique.

Alors que la sécurité alimentaire se voit remise en question par les crises mondiales qui se succèdent, et les « crises alimentaires profondes » à prévoir, la priorité du candidat semble se réaxer sur la production.

Pour cela, il souhaite une adaptation de la stratégie européenne qui reposait « sur un monde d’avant guerre en Ukraine », rappelant qu’elle prévoyait une « diminution de la production de 13 % ». « l’Europe ne peut pas se permettre de produire moins », a-t-il affirmé, demandant à revoir ses objectifs.

Emmanuel Macron veut également intensifier le plan protéines, « initiative française lancée en 2018 que nous avons ensuite européanisée ». Cette mesure visait à doubler en dix ans les surfaces de plantes riches en protéines, comme le soja, afin de diminuer notre dépendance envers les autres continents. Ces protéines végétales, qui participent à la déforestation de l’Amazonie, représentent une part importante de l’alimentation animale pour les élevages.

Reste que cette remise en question de la stratégie environnementale de l’Europe a fait l’objet de vivres critiques. Le collectif Pour une autre PAC s’en est fait l’écho sur Twitter : « 2025 était l’assurance d’une prise en main de l’urgente transition agroécologique. Alors que la France a la présidence, il est très inquiétant de voir Macron faire de l’abandon de farm to fork une promesse de campagne. »

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