La candidate Valérie Pécresse veut décentraliser la question écologique

Valérie Pécresse compte sur l’industrie pour avancer sur l’écologie, mais également sur les collectivités locales. [EPA-EFE/CHRISTOPHE PETIT TESSON]

Dans son programme environnemental, la candidate à l’élection présidentielle assume vouloir s’appuyer sur les collectivités locales, les entreprises, et même les citoyens pour mettre en œuvre certains aspects de la transition écologique.

« Le débat écologique doit devenir un débat public, central, constant sur l’agriculture, sur l’industrie, sur l’énergie, sur le pouvoir d’achat ». Voici en résumé l’approche que souhaite adopter Valérie Pécresse si elle est élue à l’élection présidentielle, selon Jean Rottner, conseiller Urgence climatique de la candidate. 

Par ailleurs président du conseil régional du Grand Est, Jean Rottner s’exprimait mardi 29 mars lors d’un débat organisé par l’association Equilibre des Energies, qui passe au crible les programmes des principaux candidats à la présidentielle.

« La réindustrialisation fait partie intégrante de l’urgence écologique » a insisté le porte-parole, précisant que, pour accompagner un tel mouvement, la candidate prévoyait notamment une baisse des impôts de production pour les industriels et une clause carbone dans les appels d’offres des dispositifs d’aides publiques.

Valérie Pécresse compte donc sur l’industrie pour avancer sur l’écologie, mais également sur les collectivités locales. Selon le think tank I4CE qui a également analysé le programme des principaux candidats, Valérie Pécresse souhaite une « loi de décentralisation » qui « confiera aux collectivités locales les missions et les moyens correspondants en matière de rénovation thermique ou d’électrification des transports routiers ». 

Aux régions, par exemple, de gérer les aides pour la rénovation. A ce propos, Valérie Pécresse souhaite « doubler le rythme actuel des rénovations énergétiques dites « performantes » des logements, en particulier des passoires thermiques et des logements chauffés au fioul » précise I4CE. Elle veut « confier à l’ensemble des régions cette responsabilité d’action, en lien avec les capacités et les réalités d’un territoire. »

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Du renouvelable local

Pour la candidate de la droite française traditionnelle, les collectivités territoriales ne doivent pas simplement avoir des enveloppes budgétaires à gérer ; leur rôle est, selon elle, également déterminant dans le production énergétique.

En matière d’énergies renouvelables, la vision de Valérie Pécresse est celle d’une « confiance portée aux territoires », estimant que « ce n’est pas à l’Etat, depuis Paris, de tout gérer, mais bien au contraire de confier [ce sujet] en grande partie aux collectivités » indique Jean Rottner.

Le porte-parole a notamment donné des précisions sur la production de biocarburants issus des déchets agricoles : « Valérie Pécresse plaide largement pour que cette réflexion puisse se faire dorénavant au niveau régional, dans un cadre national ». 

L’un des avantages d’un portage local de ce type de projet est qu’il permet de travailler sur « l’acceptabilité sociale » des énergies renouvelables selon Jean Rottner. Cette acceptabilité est l’un des points majeurs sur lesquels Valérie Pécresse souhaite se pencher, notamment concernant l’éolien.

Selon I4CE, la candidate veut « [réexaminer] les projets éoliens non consensuels ». « On n’impose pas un champ éolien, a martelé, de son côté, Jean Rottner. Si effectivement le territoire est contre, il est hors de question d’y aller. » 

Mais avec l’accord du territoire, les projets éoliens pourront se développer ; tout comme le biogaz, la géothermie ou encore l’hydrogène, qui sont autant d’énergies renouvelables soutenues par la candidate. Néanmoins, à propos de l’hydrogène, Jean Rottner a souligné qu’ « il n’y a qu’une stratégie commune au niveau de l’Europe en matière d’hydrogène qui pourra nous permettre d’être rapide, agile, performant ».

Côté financement et agenda, I4CE rapporte que Valérie Pécresse souhaite  « plafonner les taxes pour subventionner les renouvelables et les raccordements » et mettre en place une loi de programmation pluriannuelle à horizon 2050.

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60 milliards pour le nucléaire

A ces énergies renouvelables s’ajoute un volet nucléaire dans le programme de la candidate. « Nous affirmons depuis très longtemps que le nucléaire doit être un fleuron industriel dans notre pays et doit être la base d’une énergie électrique produite chez nous » a souligné Jean Rottner.

Le porte-parole a indiqué que Valérie Pécresse ambitionnait de revenir sur le plan de fermeture des douze réacteurs nucléaires engagé par le gouvernement actuel. Elle souhaite également supprimer « le plafond de 50 % du nucléaire dans le mix énergétique en 2035 et donner un feu vert au programme de grand carénage de dernière génération ». 

La candidate aspire aussi à construire 6 EPR, dont 4 d’ici 2035, déployer de petits réacteurs modulaires et relancer la recherche sur les réacteurs de quatrième génération. « C’est un programme d’investissement de 60 milliards d’euros qu’il faudra réaliser » a prévenu Jean Rottner.

Et là encore, Valérie Pécresse croit à la prise de décision concertée. « C’est une décision politique et stratégique. Ça doit être un débat » a insisté Jean Rottner. La candidate envisage donc de  « confier au Parlement, à la représentation nationale et non plus à l’administration, le soin de la planification des moyens de production grâce à une loi de programmation ». 

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