L’Ukraine et la Russie s’invitent dans le débat entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen

Un angle d’attaque fort du président sortant a été la dépendance dont il accuse la candidate d’extrême droite envers le régime de Vladimir Poutine. [EPA-EFE/LUDOVIC MARIN / POOL MAXPPP OUT]

Les deux candidats à l’élection présidentielle se sont confrontés sur les sanctions à appliquer à la Russie dans le cadre de la guerre en Ukraine et la « dépendance » à la Russie qu’Emmanuel Macron reproche à Marine Le Pen.

Sans surprise, le débat pour le second tour de l’élection présidentielle entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen a été l’occasion d’une clarification des positions de chacun sur le conflit en Ukraine et sur la relation que la France et l’Europe doivent entretenir avec la Russie, mercredi (20 avril).

Après avoir indiqué que « l’agression dont l’Ukraine est victime est inadmissible », Marine Le Pen a précisé avoir soutenu la grande majorité des sanctions dirigées contre le régime et les oligarques russes. En s’adressant directement à Emmanuel Macron, Mme Le Pen a salué « les efforts pour tenter de trouver, au nom de la France, les moyens, les voies de la paix méritent d’être soutenus ».

Mais bien qu’elle se dise favorable au soutien financier à l’Ukraine, M. Macron a rappelé que les eurodéputés du Rassemblement national ont voté contre cette mesure. Après vérification, la résolution sur l’octroi d’un prêt à l’Ukraine a été adoptée le 16 février dernier par le Parlement européen, et les élus qui soutiennent Marine Le Pen s’y sont en effet opposés. Dans d’autres votes qui ont suivi, ils se sont abstenus.

« La seule sanction avec laquelle je suis en désaccord, c’est le blocage de l’importation du gaz et du pétrole russes », a ajouté la candidate d’extrême droite, en pointant les « conséquences cataclysmiques sur les particuliers et les entreprises [français] » qu’emporterait cette mesure.

Mais un angle d’attaque fort du président sortant a été la dépendance dont il accuse la candidate d’extrême droite envers le régime de Vladimir Poutine.

Selon Emmanuel Macron, cela ne permettrait pas à Marine Le Pen d’être une présidente indépendante et affranchie de toute influence extérieure : « quand vous parlez à la Russie, vous ne parlez pas à d’autres dirigeants, vous parlez à votre banquier », a-t-il lancé à son opposante.

Accusations de détournement d'argent public européen : Marine Le Pen dénonce "un coup fourré de l'UE"

La candidate RN Marine Le Pen, visée par des accusations de détournement d’argent public européen, a dénoncé lundi (18 avril) « un coup fourré le l’Union européenne à quelques jours du second tour » de la présidentielle.

« Vous avez été, je pense, l’une des premières responsables politiques européennes, dès 2014, à reconnaître le résultat de l’annexion de la Crimée », a détaillé Emmanuel Macron, pour illustrer son propos.

En cause, deux prêts auxquels le parti de Mme Le Pen ou des entités qui y sont liées ont contracté avec des institutions bancaires russes.

Dans l’après-midi, l’opposant au régime russe Alexey Navalny avait aussi rappelé que la candidate d’extrême droite a obtenu un prêt de 9 millions d’euros de la banque FRCB, qui serait selon lui « une agence de blanchiment d’argent bien connue qui a été créée à l’instigation de Poutine ».

Le micro-parti du père de Marine Le Pen avait aussi obtenu un prêt de 2 millions d’euros ayant servi à financer la campagne électorale de 2017. Selon le site d’investigation Mediapart, la société offshore chypriote qui avait octroyé ce prêt serait liée à Yuri Kudimov, ancien directeur de la banque d’État russe VEB Capital.

Marine Le Pen a réagi avec vigueur, reprochant au président sortant de ne pas avoir rendu possible la « banque de la démocratie », pourtant promise, et qui permettrait à la classe politique de faire face aux difficultés de financement des campagnes électorales.

Elle a aussi accusé Emmanuel Macron de mentir et d’être intervenu pour empêcher son parti d’accéder à des financements provenant de banques françaises lorsqu’il était ministre de l’Économie.  « Vous rigolez ? […] Je ne suis jamais intervenu et vous le savez très bien », s’est défendu le candidat-président.

Selon un spécialiste de la communication politique contacté par EURACTIV France, l’échange sur la Russie « n’a pas été le moment de Marine Le Pen, elle le savait et n’a pas su trouver sa parade », remarquant qu’elle était souvent « mal à l’aise » sur cette séquence.

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