Panique à bord sur la propagande électorale des européennes

Un affiche de l'Alternative

Exclu EURACTIV. La société de routage Koba a été débordée, selon le ministère de l’Intérieur. Les courriers sont en retard et le FN dénonce des erreurs dans les courriers.

A 3 jours des élections européennes du 25 mai, l’envoi de la propagande électorale se fait attendre. Les courriers comportant les professions de foi des candidats ne sont pas partis dans de nombreux départements, où les préfectures sont chargées d’organiser la distribution. En Seine-et-Marne (77) , ils sont arrivés, mais avec les mauvais documents : « pour le FN, c’est le tract de Florian Philippot et non pas d’Aymeric Chauprade dans une partie des enveloppes » assure-t- on au Front National.

En cause : la société de routage en charge d’une grande partie des courriers en question, Koba Routage, « a été débordée » explique-t-on au ministère de l’Intérieur.

Le nombre important de listes et le dépôt tardif des documents seraient également en cause, tout comme les ponts du mois de mai qui ont ralenti le processus.

Les documents déposés dans chaque région par les candidats ont ensuite du être validés par des « commissions de propagande » à l’instar de celle-ci, dans le Loiret, en charge de la propagande pour la Région Centre. Comme une majorité de régions, dont l’Ile de France, la région Centre a eu recours aux services de la société Koba, plus précisément au site de Rantigny dans l’Oise. Contactée, la société de routage n’a pas souhaité réagir

« Les commissions n’ont pas forcément d’expérience face à l’abondance des listes » assure-t-on au ministère de l’Intérieur, évoquant ainsi un problème supplémentaire.

Les candidats avaient jusqu’au 13 mai pour déposer les documents de propagande électorale, et les commissions devaient vérifier leurs documents avant l’envoi.

La société a néanmoins assuré au ministère de l’Intérieur que les courriers seraient distribués. La Poste a aussi été alertée et a mis en place un dispositif exceptionnel pour tenter de distribuer les courriers d’ici samedi.

Manuel Valls et Bernard Cazeneuve partisans de la dématérialisation

Le sujet avait déjà fait couler de l’encre à l’automne dernier, lorsque le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, avait suggéré de supprimer ces courriers, jugés excessivement chers.

L’idée de dématérialiser la campagne en la concentrant sur Internet avait alors suscité de vives réactions, et l’opposition du Quai d’Orsay, où le ministre des Affaires européennes Thierry Repentin y voyait un message négatif à envoyer sur les questions européennes.

>>Lire : les courriers aux électeurs sur la sellette pour les européennes

Manuel Valls avait notamment dénoncé un coût de 27 millions d’euros. Le ministre du Budget de l’époque, Bernard Cazeneuve, plaidait également en ce sens. La Quai d’Orsay avait finalement eu gain de cause, et le budget de 27 millions d’euros inscrit dans la loi de finances sauvegardé.

Désormais ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve est aux manettes de l’opération.

Inquiétudes pour les bulletins de vote

« La non diffusion de la propagande électorale n’est pas un motif d’annulation des élections » prévient-t-on du côté du ministère de l’Intérieur.

En revanche, la question des bulletins de vote est plus préoccupante, puisque la même société aurait géré l’impression et la distribution d’une partie des bulletins de vote.

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