Le président du PPE : « nous avons quatre candidats pour la présidence de la Commission »

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Joseph Daul, le président du Parti populaire européen (PPE), a cité quatre noms de candidats potentiels pour la présidence de la Commission européenne. Ils pourraient être nommés lors du congrès du PPE des 6 et 7 mars prochains. Dans un entretien exclusif à EURACTIV Slovaquie, Joseph Daul a déclaré qu'il faisait la tournée des capitales européennes en vue de sonder la popularité de chaque candidat.

Joseph Daul est membre de l'Union pour un mouvement populaire (UMP).  Le 12 novembre 2013, il a été élu président du Parti populaire européen, remplaçant ainsi Wilfried Martens, président défunt qui était à la tête du parti pendant plus de vingt ans.  Il s'est confié à Lucie Bednárová et à Anna Kuznická.

Après cinq ans, vous êtes revenu en République tchèque. Vous y avez rencontré deux représentants de deux partis politiques différents : l'Union chrétienne-démocrate (KDU-?SL) et le parti libéral et conservateur (TOP 09), tous deux au sein du PPE. Avez-vous abordé avec eux la stratégie à adopter pour les prochaines élections européennes ? Que serait cette stratégie ?

Tous les partis sont en train de dresser la liste de leur candidat. Bien-sûr, dans la perspective de développer une stratégie, je leur ai proposé d'exploiter les possibilités qu'offrait un parti d'envergure européenne. Nous sommes prêts à les aider non seulement pour ce qui est des préparatifs, mais aussi pour les questions spécifiques à la République tchèque. Ils peuvent dès lors se tourner vers nous à n'importe quel moment.

Néanmoins, la stratégie en soi n'est pas encore aboutie. Elle sera définie la semaine prochaine, quand les représentants de tous les partis se retrouveront à Bruxelles. Nous travaillerons aussi sur la formulation de notre programme politique.

Pouvons-nous nous attendre à une stratégie commune à tous les partis ?

Loin de là. Dans chaque pays, la stratégie différera légèrement. Nous pourrions, ceci dit, appliquer la même stratégie contre les forces extrémistes qui sont à l'heure actuelle en train d'émerger dans tous les pays de l'Union. La semaine prochaine, nous souhaiterions soumettre des propositions sur ce point à nos partis.

Quels thèmes allez-vous aborder conjointement ?

Par exemple, le thème, mais aussi slogan, fameux du « plombier polonais », qui a été à maintes reprises récupéré par le parti nationaliste français, le Front national. Notre réponse commune consistera à dire que, à ce jour, nous n'avons ni entendu ni vu aucun de ces plombiers. Bien au contraire, nous manquons de plombiers en France, et il nous manque ceux polonais. Idem pour ce qui est des débats liés aux immigrants de Roumanie et de Bulgarie.

Dernièrement, les partis extrémistes gagnent du terrain dans les sondages d'opinion. Cela vous inquiète-t-il à l'orée des prochaines élections européennes ?

Je pense que cette fois-ci, nous serons mieux préparés que lors des dernières élections européennes. Comme je l'ai déjà dit, lors des dernières élections, les débats en France se sont cristallisés autour du plombier polonais. Maintenant, nous pouvons clairement affirmer que ce genre de phénomène n'a pas eu lieu et que cette affirmation s'est révélée fausse.

Les partis extrémistes en France réclament la sortie de la zone euro, voire de l'UE. Nous avons commandé une étude consacrée à l'impact qu’aurait une telle décision sur l'économie et sur le taux de chômage.

Nous allons être en mesure de fournir des chiffres précis qui iront à l’encontre de tels propos. Avant les dernières élections, le seule argument que nous pouvions utiliser face au plombier polonais était que cette assertion n'était pas correcte. Mais nous n'avions alors rien pour le prouver. Cette fois-ci, nous pourrons le faire.

Quelles sont vos attentes pour les élections européennes ? Le PPE restera-t-il la famille politique la plus importante au sein du Parlement européen ?

Si nous nous en tenons aux sondages d'opinion, nous devrions rester le parti le plus puissant. La différence sera cependant bien mince : entre 10 et 20 eurodéputés. Néanmoins, si nous prenons en compte qu'il s'agit de 28 pays, la différence est alors vraiment minime. Aujourd'hui, nous devons concentrer nos efforts sur la campagne pour que [cette victoire] devienne réalité.

Que pensez-vous de la sélection de candidats du PPE pour la présidence de la prochaine Commission européenne ? Des noms ont été cités ces dernières semaines.

Avez-vous une préférence ?

En tant que président d'un parti politique, je ne suis pas autorisé à avoir de préférence. La candidature de quatre politiques, que je connais personnellement, n'est pas dissumulée.

L'un d'entre eux est le premier ministre finlandais, Jyrki Katainen, le deuxième est le premier ministre letton, Valdis Dombrovskis, puis vient le commissaire actuel au Marché intérieur, le Français Michel Barnier et enfin le premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Junker.

L'une des raisons pour lesquelles je suis en voyage en Europe ces jours-ci est également de découvrir le soutien qu’ils peuvent recueillir.

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