Avec un tiers d’eurodéputés FN, la France risque de voir son influence réduite

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Le FN en tête des suffrages avec 25 % des voix risque de réduire l’influence de la France au Parlement européen. Un tiers des eurodéputés français seraient FN.

Les estimations de résultats aux élections européennes placent le Front national en tête des élections, avec 25 % des suffrages. Le parti de droite de l’UMP remporterait 20 % des voix, devant le Parti socialiste à 14,7 % selon Ipsos Steria.

Avec 10 % des voix, l’UDI-ModEm remporte son pari d’avoir un score à deux chiffres, tandis que les Verts sauvent les meubles avec un résultat estimé à 9 %. Le Front de Gauche arriverait à 7 %, et aucune des nombreuses petites listes ne dépasserait les 5 %, le seuil nécessaire pour avoir un député européen au Parlement.

Les premières personnalités politiques interrogées s’interrogeaient surtout sur les responsabilités de ce tremblement de terre politique, qui résonne comme un « 21 avril » européen.

Le 21 avril 2002, Jean-Marie Le Pen était arrivé au second tour des élections présidentielles aux côtés de Jacques Chirac, avant d’être éliminé au second tour.

L’influence de la France réduite

Le Front national devrait envoyer le plus gros bloc de députés eurosceptiques, avec plus de 23  eurodéputés envoyés à Strasbourg potentiellement. Un tiers des députés français sur 74 serait donc à l’extrême-droite.

Le nombre de députés européens français à même de porter la voix de la France dans les dossiers européens va réduire l’influence française. Avec seulement 49 députés eurocompatibles, la France passe derrière l’Espagne, la Pologne, l’Italie, le Royaume-Uni et l’Allemagne. De numéro deux européen, la France devient donc numéro sept.

« Le vrai problème, c’est que qu’est ce que ca va donner au Parlement européen ? C’est ca la vraie question» s’est ainsi demandé José Bové.

L’image de la France au-delà des frontières risque aussi d’être écornée.

>>Lire aussi : La France FN vue d’ailleurs

 

Ségolène Royal, ministre de l'environnement, a déclaré que le scrutin européen et le résultat du FN constituait un "choc à l'échelle du monde".
"Ce soir, les citoyens du monde et les citoyens européens vont voir qu'en France, un électeur sur quatre a voté pour un parti violemment anti-européen", a-t-elle dit sur TF1.
Pour la ministre, "l'Europe doit se réformer rapidement, c'est-à-dire se rapprocher des citoyens", car "les Européens attendent une Europe qui protège".
"L'Europe doit s'occuper des vrais problèmes", a-t-elle ajouté estimant que "l'urgence c'est de montrer qu'avec son intelligence, ses compétences, ses entreprises elle est capable de nous sortir de la crise".

"Le président doit prendre les dispositions pour que l’Assemblée devienne nationale et représentative du peuple" a déclaré Marine Le Pen.

"Pas de panique" a dit Alain Juppé en appelant à réflechir plutôt que de parler d'élections anticipées.

Laurent Fabius a dit que l'élection du président ukrainien pouvait être une bonne nouvelle.

Nous sommes le seul pays où l'extrême-droite arrive en tête, tous les partis sont perdants" a déclaré Jean-Vincent Placé, en estimant que le PS essuyait la plus grave défaite.

« Le bloc de gauche est à un plancher historique, il faut réagir. Le Vieux Continent roule vers un abyme majeur, nous sommes les spécialistes des crises sociales qui tournent mal » a assuré Jean-Luc Mélenchon en se disant « très triste ».

 

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