Barroso fait le bilan de ses 10 ans à la tête de la Commission

L’ancien président de la Commission, José Manuel Barroso, s’est attiré les foudres d’une bonne partie des dirigeants européens en acceptant de rejoindre Goldman Sachs (Credit: [Valentina Petrov]/Shutterstock)

Qualifié de « candidat par défaut » en 2004, le futur ex-président de la Commission européenne, qui laissera son siège en novembre, affirme ne pas avoir perdu son enthousiasme pour la construction de l’UE malgré deux mandats marqués par des crises successives. ?

José Manuel Barroso se garde bien de tirer un bilan totalement positif de ses deux mandats à la tête de la Commission européenne depuis 2004. Son mandat a été traversé par les « années les plus difficiles depuis le début de l’intégration européenne », a-t-il concédé lors d’une interview avec les chaînes RFI et France 24. 

Le président de la Commission, qui passera la main au Luxembourgeois Jean-Claude Juncker le 1er novembre, s’est présenté comme un survivant des crises qui se sont accumulées durant ses deux mandats. D’abord le « non » français et néerlandais au référendum sur la constitution européenne en 2005, puis la crise de la dette en 2008 et la crise ukrainienne en 2013. « Nous pouvons être fiers car nous avons montré l’extraordinaire résilience de l’Europe », affirme-t-il rappelant qu’il y a encore deux ans on envisageait l’éclatement de l’UE et la sortie de la Grèce de la zone euro. « On a montré que l’Europe est bien plus forte que ce que l’on dit ».

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José Manuel Barroso avoue avoir perdu certaines illusions à l’issue de ses mandats, mais pas son enthousiasme. « J’aurais aimé voir à certains moments plus de solidarité entre les gouvernements. J’ai du faire des appels dramatiques notamment pour le cas de la Grèce. J’ai eu peur d’un effet domino si la Grèce tombait. Mais la ligne a été maintenue. On a tenu bon et en même temps on a lancé l’architecture de la nouvelle gouvernance européenne », estime-t-il ajoutant que l’on a besoin d’une « Europe forte si on veut défendre nos intérêts et nos valeurs ».

Barroso défend sa politique

Durant son mandat, le patron de la Commission européenne a fait face à de nombreuses critiques dont celle d’être « trop libéral ». Une critique qui n’est pas justifiée, selon lui, lorsque l’on « regarde les faits » notamment lorsque l’on considère le budget pour l’investissement et la croissance qu’il estime ambitieux, le fond d’ajustement à la mondialisation ou encore maintien du programme d’aide aux plus démunis. Certains États l’ont justement critiqué pour cela estimant qu’il outrepassait ses fonctions.

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De même, Barroso a balayé les critiques sur l’effacement de la Commission européenne pendant la crise. Selon lui, il est normal que, dans une crise de cette ampleur, les gouvernements aient eu un rôle plus visible. « Il faut reconnaître que ce n’est pas facile de trouver un compromis entre tous les gouvernements », explique-t-il.

Selon lui, les États sont responsables de leur absence alors que la Commission a tenu son rôle et a rempli ses devoirs. « Pendant ces dix années, l’équilibre entre les États s’est modifié et on devrait probablement poser des questions à ces capitales plutôt qu’à la Commission », poursuit-il.

Pas de retour en politique prévu

Dès novembre, José Manuel Barroso sera un homme libre. Même s’il avoue ne pas avoir encore pris de décision sur son avenir, il n’entend pas renouer tout de suite avec la politique. Après 30 ans de participation à la vie politique active au Portugal et au niveau de l’Union européenne, il aspire à tourner la page.

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« Je vais certainement avoir une intervention publique en terme de conférences pour partager mon expérience, collaborer avec des universités qui m’ont déjà invité, mais je n’ai pas encore pris de décision formelle sur ce que je vais faire après mon mandat ».

Cependant, il envisage de rédiger un livre « pas des mémoires parce que ça me fait trop vieux » pour raconter sur ses dix ans d’expérience en Europe et dans le monde.

En novembre 2012, les eurodéputés ont facilement approuvé une résolution en faveur d'une campagne plus politique avant les élections européennes et d'une anticipation de la date des élections, à savoir les 15-18 mai ou les 22-25 mai 2014.

Cette modification permettrait aux eurodéputés de donner leur accord sur le nouveau président de la Commission européenne avant les vacances d'été et d'organiser les auditions d’approbation des nouveaux commissaires en automne.

La nouvelle Commission doit entrer en fonction le 1er novembre 2014.

 

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