Bart De Wever toujours en lice pour constituer un gouvernement belge

Bart De Wever, le leader du parti séparatiste flamand, la N-VA [Koen Hostyn/dewereldmorgen - Creative Commons]

Bart De Wever, le leader du parti séparatiste flamand, la N-VA [Koen Hostyn/dewereldmorgen - Creative Commons]

Le roi Philippe a prolongé la mission de Bart De Wever, le séparatiste flamand chargé de constituer un gouvernement fédéral. Les gouvernements locaux se constituent en revanche rapidement.

« À la demande de l’informateur, la mission [de Bart De Wever] a été prolongée. Il présentera ses conclusions au roi le mardi 17 juin », indique le Palais royal dans un communiqué publié mardi 10 juin.

Deux semaines après le début de sa mission, le président de la N-VA, parti séparatiste flamand, s’est rendu auprès du roi Philippe. Nommé « informateur », il a pour objectif de rassembler les points de vue et souhaits des partis pour un nouveau gouvernement. Une mission semée d’embûches.

Lutte de pouvoir

Dans l’ensemble, l’électorat flamand du nord du pays a plutôt voté à droite, alors que les francophones ont soutenu des représentants sur la gauche du spectre politique. La N-VA, au programme libéral et conservateur, a obtenu 30 % en Flandre et le Parti socialiste francophone (PS) est le premier en Wallonie et à Bruxelles (voir « Contexte »).
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Il semble très improbable que le PS et la N-VA constituent un gouvernement ensemble. Les programmes des deux partis sont en effet diamétralement opposés. La N-VA souhaite par exemple supprimer les allocations de chômage après un certain laps de temps et suspendre le système d’indexation automatique des salaires, deux points non négociables du côté socialiste.

Bart De Wever a essayé d’éclipser les socialistes en tentant de mettre sur rails un gouvernement de centre-droit. Mais l’ancien président de la Chambre André Flahaut (PS) estime que son parti est indispensable pour que le gouvernement fédéral ait l’appui d’une majorité de représentants francophones.

« Il faut que les francophones mesurent bien qu’entrer dans un gouvernement qui ne serait pas soutenu par une majorité du groupe linguistique francophone, ce serait effectivement envoyer les francophones, les Wallons et les Bruxellois au suicide », a-t-il prévenu sur le plateau de la RTBF.

Grâce à la décision du roi Philippe, Bart De Wever pourra poursuivre ses discussions en vue d’analyser les possibilités d’établir un gouvernement de centre-droit sans les socialistes composé de la N-VA, des libéraux et des démocrates-chrétiens.

Course contre la montre

Au niveau des gouvernements fédérés, les choses vont nettement plus vite. La communauté germanophone a été la première à constituer un gouvernement le 29 mai et le régionaliste Olivier Paasch en devient le nouveau ministre président.

De peur de ne pas être présent au fédéral, le PS a annoncé le 5 juin qu’il allait tenter de constituer un gouvernement wallon avec le parti centriste CDH. Ces deux partis sont aussi à la barre à Bruxelles, en compagnie du FDF, un mouvement qui défend les intérêts des francophones.

À la fin de la prochaine législature, le parti libéral (MR) sera resté 15 ans dans l’opposition au régional. Son président, Charles Michel, a mis en garde lors d’un débat télévisé le 8 juin : « Le PS et le CDH, avec la complicité du FDF, portent atteinte à la stabilité du pays. »

La N-VA et le CD&V ont répliqué en annonçant le lendemain qu’ils unissaient leurs forces pour tenter de former le gouvernement flamand. Les libéraux flamands de l’Open Vld, resteraient donc aussi dans l’opposition. La présidente du parti, Gwendolyn Rutten, a déclaré à la rédaction VRT qu’elle irait soit aux gouvernements flamand et fédéral, soit dans l’opposition.

« On a résolument choisi de poursuivre les négociations sans les libéraux alors qu’il y avait la possibilité de former un gouvernement de centre-droit sans le PS », a-t-elle affirmé, déçue.

Guy Verhofstadt, superstar

Avec 531 030 voix dites de préférence, c’est-à-dire que les votants ont expressément choisi sa candidature, et un score personnel de 12,6 % dans sa circonscription, Guy Verhofstadt, tête de liste pour les libéraux européens, est le candidat belge le plus populaire des élections européennes.

À l’instar d’autres États membres, la Belgique a perdu un siège lors de la réduction du nombre de représentants européens de 766 à 751. Les députés belges au Parlement européen sont dorénavant au nombre de 21.

Confirmant sa victoire, la N-VA, membre du groupe Verts/ALE lors de la dernière législature, est passée de 1 à 4 représentants dans l’hémicycle. L’eurodéputé vert réélu Bart Staes avait confirmé à EURACTIV que la N-VA quitterait le groupe avec les Verts. Les séparatistes flamands pourraient venir faire gonfler les rangs du groupe des Conservateurs et réformistes, mais toutes les options restent encore ouvertes.

>> Lire : Les séparatistes flamands à la rescousse des conservateurs européens ?

Le 25 mai 2014 était une date cruciale pour la politique en Belgique. Les Belges ont élu leurs représentants politiques pour les européennes, les fédérales et les régionales.

Comme les sondages le prédisaient, la N-VA, le parti séparatiste flamand, est le grand vainqueur de ces élections. En Flandre, le parti de Bart De Wever dépasse la barre des 30 %. Il a entre autres pu profiter de la chute du Vlaams Belang, le parti d’extrême droite anti-UE. Les partis du gouvernement Di Rupo (socialistes, libéraux et démocrates-chrétiens) se sont quant à eux stabilisés. Les verts francophones ont perdu la moitié de leur électorat. Deux représentants de la gauche radicale ont quant à eux fait leur entrée au Parlement belge.

La formation de coalitions gouvernementales se déroule à tous les niveaux. Le Roi Philippe a chargé Bart De Wever de la mission d’informateur pour voir quelles coalitions étaient possibles au niveau fédéral. Les résultats différents entre le nord et le sud du pays et les tactiques politiciennes ne faciliteront pas la tâche de l’informateur.

  • 17 juin? : l'informateur Bart De Wever présentera ses conclusions au Roi Philippe

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