Berlin et Londres, éternels rivaux au Conseil de l’UE

La chancelière allemande, Angela Merkel, et le premier ministre britannique, David Cameron [Number 10/Flickr]

La chancelière allemande, Angela Merkel, et le premier ministre britannique, David Cameron [Number 10/Flickr]

Les gouvernements allemand et britannique se sont le plus souvent affrontés au sein du Conseil de l’UE, selon une étude.

L’Allemagne et le Royaume-Uni sont les meilleurs ennemis de Bruxelles, selon un rapport publié le 11 juin. Les deux pays sont ceux qui ont adopté le plus souvent des votes opposés. Dans 16 % des cas, ils ont adopté des positions contradictoires lors des réunions qui regroupent les ministres européens. Les affaires constitutionnelles est l’un des thèmes qui fâchent le plus.

Si ce pourcentage semble peu élevé, il reste non négligeable puisque les décisions prises au Conseil sont généralement adoptées après négociations et sont fondées sur un consensus. Les procédures de votes n’ont presque jamais eu lieu quand une majorité n’était pas encore assurée.

Les auteurs du rapport ont analysé tous les votes officiels entre juillet 2009 et mai 2014.Ces résultats font écho aux désaccords entre les chefs des deux pays qui font actuellement la une des journaux.

La chancelière allemande, Angela Merkel, et le premier ministre britannique, David Cameron, mènent une lutte de pouvoirs dans la désignation du prochain président de la Commission.

Lors de la campagne électorale des européennes, bon nombre de familles politiques ont proposé une tête de liste qui serait également candidat à la présidence de l’exécutif européen. Jean-Claude Juncker était l’un d’entre eux. Il est considéré comme le favori pour occuper la haute fonction européenne, étant donné que son parti, le Parti populaire européen, a remporté les élections.

La désignation du prochain président de la Commission fera l’objet d’un vote au Parlement européen après que les chefs d’État et de gouvernement ont présenté un candidat. Les leaders des États européens devraient se prononcer lors du sommet des 26 et 27 juin.

Angela Merkel et David Cameron ont rencontré les 9 et 10 juin le premier ministre suédois, Frederik Reinfeldt, et son homologue néerlandais, Mark Rutte. Parmi ces représentants, Angela Merkel est la seule à soutenir Jean-Claude Juncker, les trois autres ne veulent pas entendre parler du Luxembourgeois.

>> Lire : Angela Merkel rencontre le front anti-Juncker

Le premier ministre britannique s’est ouvertement opposé à Jean-Claude Juncker. Il a d’ailleurs prévenu que la désignation du Luxembourgeois pourrait entraîner la sortie du Royaume-Uni de l’UE.

Les politologues et Simon Hix (London School of Economics) et Stuart Wilks-Heeg (université de Liverpool) ont analysé sur le site du Washington Post les différences entre les deux pays dans la course à la haute fonction européenne.

Ils ont évoqué « le contraste frappant entre la couverture médiatique allemande et britannique ».L’attention portée à ce thème par les médias et l’opinion publique, et par extension les leaders politiques, varie fortement en fonction des pays.

Même si Simon Hix et Stuart Wilks-Heeg admettent que la nationalité des candidats est un élément à prendre en compte, « la différence entre les couvertures médiatiques de la campagne […] est l’une des principales raisons pour laquelle les électeurs allemands et britanniques ainsi que les élites politiques […] ont une compréhension totalement différente de la méthode de fonctionnement des élections du Parlement européen ».

Contexte

Les élections européennes ont eu lieu dans tous les États membres en mai 2014. Le traité de Lisbonne, entré en vigueur le 1er décembre 2009, prévoit que le Parlement européen élira le président de la Commission sur la base d'une proposition du Conseil qui tiendra compte des élections européennes (Article 17, alinéa 7 du TUE).Cette disposition s'applique pour la première fois dans le cadre des élections de 2014.

Le Parlement européen et de nombreux spécialistes ont incité les partis à désigner leur tête de liste pour les campagnes électorales. Les élections européennes sont de facto une course à la présidence de la Commission.

D'autres responsables politiques estiment toutefois que désigner son propre candidat ne serait pas la solution idéale. Les attentes pourraient bien être déçues. M. Van Rompuy a d'ailleurs appelé à plusieurs reprises à la prudence : le Conseil européen pourrait choisir un autre candidat que la tête de liste du parti vainqueur.

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