Critiques sur le mini-remaniement coûteux de la Commission

Jyrki Katainen va remplacer Olli Rehn aux Affaires Economiques Photo: Parlement européen

Les remplaçants des quatre commissaires européens devenus eurodéputés prendront leur fonction pour 3 mois seulement. Un intérim de courte durée, assorti d’un bonus d’arrivée de 160.000 euros fortement critiqué.

Quatre nouveaux commissaires choisis par la Commission européenne ont été confirmés par un vote au Parlement européen, mercredi 16 juillet. Ils doivent remplacer leurs compatriotes élus au Parlement européen fin mai, et ce jusqu’au 1er novembre, date d’entrée en fonction de la nouvelle Commission.

Le vote, qui intervient après des auditions qui s’étaient tenues lundi 14 juillet,  n’a pas fait un pli en apparence : 421 députés sur 571 présents ont voté pour. 

Pourtant, l’arrivée du finlandais Jyrki Katainen aux affaires économiques, de Ferdinando Nelli Feroci à l’industrie, Martine Reicherts à la justice et de Jacek Dominik au Budget a suscité de vives critiques à la fois le fond et la forme de cet intérim.

Sur le fond, les 4 candidats choisis par la Commission vont intervenir pour une mission courte. Les commissaires intérimaires sont censés prendre leur fonction vers le 20 juillet, dès que le Conseil aura donné son feu vert. La Commission étant calme durant l’été, et fermée durant quinze jours en août, ils ne seront vraiment commissaires que pour deux mois, en septembre et en octobre prochain. Et leur mission d’intérim sera d’autant plus délicate que leur successeur sera choisi en même temps que leur prise de fonction.  Jean-Claude Juncker a indiqué qu’il souhaitait que le casting du collège soit finalisé fin juillet.

«L’approbation de ces quatre commissaires de remplacement pour une durée de seulement quelques mois ne fait pas de sens » ont précisé dans un communiqué Rebecca Harms et Philippe Lamberts, les coprésidents du groupe des Verts au Parlement européen. 

42.000 euros de « golden hello » par commissaire

Sur la forme, les eurodéputés ont aussi regretté le coût de cette opération de recrutement. «Ces nominations superflues se font aux dépens du contribuable, cela constitue un gaspillage de fonds publics » ont assuré les coprésidents.

Les commissaires ont droit à une allocation d’installation équivalente à 2 mois de salaire lorsqu’ils prennent leur fonction ; soit 42.000 euros par personne. La décision de la Commission de changer ces 4 commissaires coûtera donc 168.000 euros, sans compter leur salaire qui leur sera versé à compter de mi-juillet, et de  leur déménagement à Bruxelles qui peut également leur être remboursé.

L’eurodéputé allemand eurosceptique Bernd Lucke (AfD) avait aussi demandé lors des auditions, lundi 14 juillet si les commissaires intérimaires se verraient attribuer les pensions habituellement accordées, sans obtenir de réponse.

Haro sur Katainen

Les Verts ont aussi questionné la procédure qui a conduit à confirmer les candidatures au Parlement européen. En effet, le Parlement a dû se prononcer en un vote unique sur les quatre candidatures qui n’ont pas grand-chose à voir entre elles. 

Les propos de Katainen, qui a déclaré lors de son audition lundi 14 juillet que le Pacte de stabilité offrait suffisamment de souplesse, ont conduit les Verts à s’insurger contre le Finlandais, qui concentre d’autant plus l’attention qu’il devrait rester dans la future Commission.

>>Lire: Rentrée précoce pour Jyrki Katainen à la Commission

« Alors que nous essayons de changer de cap en ce qui concerne la réponse à apporter à la crise, sa position politique, favorable au libéralisme économique, comme cela a été vérifié lors de son audition devant la commission des affaires économiques et monétaires du PE, est exactement à l’opposé de ce dont l’UE a besoin. Il ne faudrait pas que le vote et la procédure d’aujourd’hui servent de modèle pour la décision à venir concernant le nouveau collège des Commissaires » conclut le groupe Verts.

Les nouveaux Commissaires devront être auditionnés par les groupes parlementaires et les commissions parlementaires en septembre. Un examen qui peut être long et rigoureux, dans lequel des candidats ont déjà été recalés dans le passé.

Le Parlement doit ensuite voter sur le collège de Commissaires dans son ensemble pour lui donner son aval. « Mais pour ce mini-remaniement, tout s’est passé très très vite parce que la priorité c’était le vote pour le remplaçant de Barroso» reconnait un eurodéputé.

L'élection de quatre commissaires européens au Parlement européen dont la nouvelle session a démarré le 1er juillet a amené le président Barroso à recruter 4 remplaçants, qui correspondant aux pays de leurs prédécesseurs et aux mêmes postes. Leur mission risque d'être de courte durée puisque le renouvellement du collègue des commissaires européens a débuté pour la période 2014-2019.

La Commission européenne est composée de 28 membres, y compris son président et le haut  représentant. Chaque État membre de l'UE désigne un candidat appelé à devenir membre de la Commission. 

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