Juncker et Schulz débattent sans passion de l’Europe

Martin Schulz and Jean-Claude Juncker at first TV debate

Martin Schulz and Jean-Claude Juncker at first TV debate, bibliotheque Solvay

Les deux principaux candidats à la présidence de la Commission n’ont pas réellement réussi à se démarquer l’un de l’autre lors d’un premier débat télévision en direct avant les élections européennes.

Le duel entre Jean-Claude Juncker (centre-droit) et Martin Schulz (social-démocrate), les deux principaux candidats à la présidence de la Commission européenne n’a pas eu lieu. Lors d’un débat de 40 minutes sur France 24, le Luxembourgeois et l’Allemand ont discuté – en français – des grands thèmes de campagne sans réussir à se distiguer clairement leurs programmes respectifs. 

« Pas de pause dans la consolidation budgétaire »

Jean-Claude Juncker, 59 ans, ancien premier ministre luxembourgeois et président de l’Eurogroupe, a souligné la nécessité de maintenir un contrôle strict des finances publiques, visant directement la France qui souhaite obtenir un délai auprès de Bruxelles en vue de réduire son déficit. « La France a déjà  eu deux périodes d’ajustement prolongées. De prime abord, il n’est pas évident qu’elle bénéficie d’un troisième délai », a affirmé le candidat. 

« La France a eu jusqu’à ce jour deux périodes d’ajustement prolongées, il n’est pas évident qu’elle puisse bénéficier d’une troisième prolongation », a-t-il déclaré. « Il faut que la France apporte une réponse plus claire au problème budgétaire » a-t-il poursuivi, ajoutant que les autorités européennes étudient les plans budgétaires du pays avant de prendre une décision.

De son côté, Martin Schulz, 58 ans, président sortant du Parlement européen a soutenu le nouveau premier ministre français. « Manuel Valls a annoncé hier un programme de réformes courageux et ambitieux » a-t-il soutenu. « S’il a besoin du soutien de la Commission européenne, il faut le lui donner », a assuré le candidat socialiste.

La France a promis de faire passer son déficit budgétaire, actuellement à 4,3 % du Produit Intérieur Brut (PIB), sous la barre des 3 % d’ici la fin 2015. Mais le nouveau gouvernement a affirmé qu’il tentait de ralentir la réduction du déficit pour préserver la croissance.

Investissements stratégiques

Selon Martin Schulz, Jean-Claude Juncker et d’autres dirigeants conservateurs aux manette de l’UE au début de la crise de la dette de la zone euro ont établi un mauvais diagnostic au problème en proposant une politique d’austérité stricte, ce qui a engendré le licenciement de millions de personnes.

Cette théorie des coupes budgétaires unilatérales qui n’a manifestement pas fonctionné. Nous aurions dû changer de trajet ces dernières années, a déclaré le candidat socialiste.

L’Europe avait besoin de plus d’investissements stratégiques dans la recherche, l’éducation et l’innovation pour mettre 28 millions de chômeurs sur le marché du travail, dont plus de la moitié sont des jeunes dans certains pays, a-t-il ajouté.

Les deux candidats estiment que l’Allemagne a le modèle économique qui connait le plus de succès en Europe. Ils s’accordent pour dire que l’Europe devrait en faire davantage dans l’accueil des immigrants légaux afin d’éviter que les immigrants n’abusent de leurs systèmes d’aides sociales.

Ils ont tous les deux tenté de prendre en compte les exigences britanniques : rapatrier certaines compétences auprès des États membres et arrêter d’intervenir inutilement dans la vie quotidienne des citoyens.

Martin Schulz a indiqué qu’il enverrait une lettre à tous les fonctionnaires européens pour les exhorter à arrêter d’intervenir dans n’importe quel domaine européen. Ils feraient mieux de se concentrer sur des actions au niveau local plutôt que central.

Le Parlement européen insiste pour que le chef de file du groupe politique qui remporte le plus de sièges lors des élections en mai devienne le président de la Commission. Toutefois, le traité stipule qu’il incombe au Conseil européen de désigner un candidat en tenant compte des résultats des élections et après consultations.

« Qu’est-ce qui vous distingue ? »

Avec l’eurosceptique Grande-Bretagne et d’autres pays opposés aux deux principaux candidats considérés comme fédéralistes européens, rien n’est dit que l’un d’eux deviendra président de l’exécutif européen.

Lors du débat, l’un des présentateurs a posé la question suivante aux candidats : « Qu’est-ce qui vous distingue ? »

Après un instant d’hésitation, Martin Schulz a répondu : « Je ne sais pas ce qui nous distingue […] Le candidat du PPE [Jean-Claude Juncker] est assez proche de mon programme, mais savoir si le PPE est très proche de Jean-Claude Juncker, c’est une autre question. »

Jean-Claude Juncker a pour sa part mis en avant sa longue expérience « Quand j’étais membre du Conseil européen, et comme Martin Schulz ne l’était pas, je me permettrais de lui réexpliquer […] ».

L’Allemand a répliqué en déclarant que le Parlement européen avait mis en garde les dirigeants des États membres depuis le début de la crise que leur gestion la crise n’était pas opportune.

Les candidats à la présidence de la prochaine Commission des partis européens s'affronteront lors de débats télévisés quelques semaines avant les élections européennes des 22 et 25 mai.

Outre Martin Schulz et Jean-Claude Juncker, Guy Verhofstadt, les deux candidats verts, Ska Keller et José Bové, ainsi que le candidat de Gauche européenne, Alexis Tsipras, devraient également participer aux débats.

Un débat en particulier devrait attirer l'attention sur les partis traditionnels et augmenterait peut-être le taux de participation.

L'Union européenne de radiotélévision (UER), l'alliance des médias des services publics en Europe, tente d'organiser deux débats au Parlement européen les 15 et 20 mai prochains.

Les deux débats sont disponibles sur Twitter sous l'appellation #TellEUROPE. L'UER analyse avec les chaînes radiotélévisuelles les moyens disponibles pour que les débats présidentiels soient diffusés dans les différents pays européens.

L'université de Maastricht (Pays-Bas) compte également organiser un débat le 28 avril.

D'autres organisations cherchent aussi à organiser des débats à Bruxelles et à Florence (Italie).

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