L’euroscepticisme décolle en France à l’approche des élections

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À moins de 100 jours des élections européennes, le projet européen séduit de moins en moins les Français, selon des sondages récents. La question de la libre circulation des personnes et de l'euro cristallise la défiance. 

À l’approche des élections européennes, l'adhésion des citoyens français au projet européen ressort en baisse, selon la dernière étude OpinionWay réalisée pour LCI et Le Figaro.

À moins de 100 jours des élections européennes de mai 2014, 42 % des personnes interrogées considèrent que le fait que la France fasse partie de l'Union européenne est une bonne chose, soit une baisse de 6 points par rapport à avril 2012.

L’euro bouc émissaire

Le rejet de l’Union européenne se matérialise surtout par une défiance à l’égard de ses grandes politiques. Aujourd’hui, 53 % des personnes sondées se déclarent opposées à la disparition de l'euro et 26 % sont favorables à un retour au franc. Des chiffres en forte baisse depuis 2012, où 62 % se déclaraient opposés à une sortie de l'euro

Cette poussée de l'euroscepticisme touche de manière variable les électeurs en fonction de leurs affinités politiques. Parmi les électeurs du Front national, le rejet de l’euro est resté relativement stable entre 2012 et 2014, mais ressort en forte hausse chez les sympathisants de l’UMP. La défiance à l'égard de la monnaie unique est passée de 8 % en 2012 à 19 % en 2014, tandis que l'idée positive de l’appartenance de la France à l’UE à dégringoler de 21 points en deux ans.

La question des quotas migratoires resurgit

Autre grande politique fondatrice de l’UE, la libre circulation des personnes au sein de l’UE est également touchée par le désamour des Français.  Selon un sondage Ifop pour Atlantico publié le 15 février, près de six Français sur dix (59 %) souhaitent une restriction des conditions de circulation des citoyens européens dans le pays, comme l'a récemment décidé la Suisse.

 « Comme en Suisse (…) on a une demande de contrôle et de fermeture qui est majoritaire », explique à Atlentico Jérôme Fourquet directeur du Département opinion publique à l'Ifop.

« L'un des piliers fondamentaux de la construction européenne est la libre circulation des personnes. Or, une large majorité de Français est pour une remise en cause de ce pilier », ajoute-t-il.

Comme pour la monnaie unique, l’orientation politique reste un facteur déterminant de l’avis des personnes sondées sur la question de l’immigration intraeuropéenne. Moins de la moitié des électeurs de gauche (46 %) se disent favorables à une limitation des immigrés européens en France, contre 68 % des électeurs de l'UMP et 75 % des sympathisants du Front national.

Terreau fertile pour le FN

La défiance grandissante des Français à l’égard de l’euro ou de l’immigration place une nouvelle fois le Front national comme le probable gagnant de ces élections. Les listes du parti d'extrême droite sont créditées de 20 % des intentions de vote, un score en nette progression depuis les élections européennes de 2009, mais qui place le parti de Marine Le Pen juste derrière l’UMP qui affiche 22 %. Des intentions de vote.

Les intentions de vote en faveur du PS restent stables à 16 % par rapport à 2009. Mais les Verts accusent un repli sévère à seulement 9 %, contre un score de 16,3 % lors des dernières élections. Quant à la participation, OpinionWay la mesure à 41 % pour la France métropolitaine, une estimation très proche de la participation au scrutin de 2009.

Les élections européennes se dérouleront dans les 28 États membres du 22 au 25 mai 2014. Le taux de participation a chuté au fur et à mesure des sept dernières élections (avec un record historique à 43 % en 2009) et les partis eurosceptiques se multiplient dans les différents Etats membres. 

  • 22-25 mai 2014: élections européennes dans les 28 Etats membres

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