L’UMP veut rendre Schengen plus select

Jean-François Copé au meeting du 21 mai - ©UMP

Jean-François Copé au meeting du 21 mai - ©UMP

A trois jours des élections, l’UMP a tenu son dernier grand meeting, mettant l’accent sur la critique de l’espace Schengen. L’ancien président de la République, Nicolas Sarkozy a publié dans la foulée une tribune pour enfoncer le clou.

Schengen a été mis au banc des accusés lors du meeting national de l’UMP pour les élections européennes, organisé le 21 mai à Paris. Le parti dirigé par Jean-François Copé a dressé un constat sévère du fonctionnement de l’espace de libre circulation des personnes. Le meeting rassemblait les têtes de liste des grandes circonscriptions telles que Nadine Morano, Michèle Alliot-Marie ou encore Alain  Lamassoure, ainsi que plusieurs figures nationales, comme les anciens premiers ministres François Fillon et Jean-Pierre Raffarin. L’actuel commissaire européen, Michel Barnier ainsi que le président du Parti populaire européen (PPE) Joseph Daul avaient également fait le déplacement.

« L’Europe que l’on n’aime pas c’est celle qui refuse de voir que Schengen ne fonctionne pas » a affirmé Jean-François Copé.  « Quand un État ne contrôle pas ses frontières, c’est à lui de sortir de l’espace Schengen, pas à nous de nous replier comme le propose Marine Le Pen ! » a-t-il poursuivi.

Un changement de ton depuis la présentation du programme européen du parti en avril dernier, où l’UMP souhaitait purement et simplement « suspendre la participation de la France aux accords Schengen » en l’absence de progrès sérieux dans les 12 mois. L’idée de la sortie de Schengen n’est déjà plus au goût du jour, et c’est sa réforme que le parti de droite appelle de ses voeux désormais.

Schengen II, plus select

La diatribe la plus remarquée à l’encontre de l’espace Schengen est cependant venue de Nicolas Sarkozy. L’ancien président de la République a publié le 22 mai une longue tribune défendant l’Europe dans Le Point, et fustigeant la forme actuelle de l’espace de libre circulation de personnes.

>>A Lire dans Le Point : La tribune de Nicolas Sarkozy

 «C’est une évidence qu’il faut suspendre immédiatement Schengen et le remplacer par un Schengen II auquel les pays membres ne pourraient adhérer qu’après avoir préalablement adopté une même politique d’immigration. Ainsi serait-il mis fin au détournement de procédure qui permet à un étranger de pénétrer dans l’espace Schengen, puis une fois cette formalité accomplie de choisir le pays où les prestations sociales sont les plus généreuses (…). Si nous ne réagissons pas rapidement dans les années qui viennent, c’est notre pacte social qui va exploser», explique l’ex-président de la République.

Voix discordantes

L’image de la famille rassemblée autour d’un grand thème peine toutefois à s’imposer, au sein d’un parti qui reste profondément divisé sur l’Europe. Le grand meeting s’est d’ailleurs déroulé en absence des voix discordantes qui se sont élevées ces dernières semaines contre le projet « pro-européen » de l’UMP, comme Laurent Wauquiez ou Henri Guaino.

Un clivage idéologique que Jean-François Copé a tenté de minimiser rapidement lors de son entrée sur scène. « Il y a bien eu une ou deux voix, ou trois discordantes » ont reconnu le président de l’UMP, mais la famille UMP est « rassemblée » a-t-il insisté.  

« Le débat européen n’est pas nouveau chez nous » a rappelé l’ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin, citant notamment les dissidences passées sur la question européenne de Charles Pasqua ou de Philippe Seguin.

L’affaire Bygmalion

Les divisions au sein de l’UMP devraient d’ailleurs ressurgir sur un tout autre sujet dès les élections européennes passées.  Soupçonné depuis février dernier d’avoir favorisé l’agence de communication Bygmalion, Jean-François Copé, a promis d’apporter tous les éclaircissements demandés, après les élections européennes.  

Une affaire qui éclabousse également Jérôme Lavrilleux, le directeur de cabinet de Jean-François Copé qui est aussi tête de liste de l’UMP pour les Européennes dans la région Nord-Ouest.

Depuis plusieurs semaines, les sondages placent le Front national et l’UMP au coude à coude dans les intentions de vote, loin devant le Parti socialiste. Dans le dernier sondage réalisé par Ipsos-Steria pour Le Monde, le Cevipof et Terra Nova,  le mercredi 21 mai, le parti de Marine Le Pen rassemble  23,5 % des intentions de vote  et celui de Jean-François Copé  22,5 %.

Le Parti socialiste affiche 17 % des intentions de vote, devançant l’UDI alliée au MoDem (9 %), Europe Ecologie-Les Verts (8 %) et le Front de gauche (7,5 %).

L'UMP, principal parti de droite en France, a été le dernier parti français à présenter son programme pour les élections européennes du 25 mai. Contrairement aux élections précédentes, l'UMP ne fera pas campagne avec les centristes du parti UDI, qui se sont rapprochés d'un autre mouvement centriste, le MoDem, et font campagne sous la bannière « Les Européens ».

 

Le parti prévoit de faire campagne dans une période très courte, soit à peine à un mois. Une centaine de réunions sont prévues, et 6 millions de tracts et affiches vont être imprimés. La campagne s’est terminée par un grand meeting dans la capitale le 21 mai, en présence des ténors du parti de droite. Le candidat à la présidence de la Commission pour le PPE, Jean-Claude Juncker, n’a cependant pas assisté au meeting final. 

  • 25 mai 2014: élections européennes

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