La commissaire bulgare favorite de Juncker pour diriger la diplomatie de l’UE

Jean-Claude Juncker [European People's Party/Flickr]

Jean-Claude Juncker, qui devrait être élu par le Parlement européen au poste de président de la Commission européenne, souhaite que Kristalina Georgieva, l’actuelle commissaire à l’aide humanitaire, occupe le poste de haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité.

Le sommet européen extraordinaire du 16 juillet aura un ordre du jour bien chargé. Les dirigeants européens aborderont notamment la succession de Catherine Ashton, l’actuelle haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères, ainsi que les noms des prochains présidents du Conseil européen et de l’Eurogroupe.

Kristalina Georgieva semble être une candidate très sérieuse pour prendre le relais au poste de haut représentant. Le nom de la ministre italienne des Affaires étrangères, Federica Mogherini est également régulièrement cité.

Cependant, Federica Mogherini n’a pas reçu le soutien de certains pays d’Europe de l’Est, car ils considèrent que l’Italie a eu une attitude trop amicale envers la Russie, notamment dans le contexte de la crise ukrainienne.

Kristalina Georgieva, également ancienne vice-présidente de la Banque mondiale, s’est bâti une excellente réputation en tant que commissaire. Interrogée dernièrement par EURACTIV sur ses futurs projets, la commissaire bulgare a répondu qu’elle ne le saura qu’une fois son mandat aura pris fin.

Selon certaines sources, Jean-Claude Juncker aurait discuté par téléphone avec le premier ministre Plamen Orecharski afin de s’assurer que Krisalina Georgieva soit nommée en tant que prochaine commissaire par la Bulgarie. Cependant, l’initiative n’a pas été concluante. Plamen Orecharski, qui devrait représenter son pays lors du sommet de ce mercredi, a indiqué qu’il ne soumettrait pas de nom à cette occasion.

>>Lire : Jean-Claude Juncker recherche des candidates pour la Commission

Pourtant, les diplomates affirment que les dirigeants qui ne seront pas en mesure de proposer des candidats pour le 16 juillet ne pourront pas peser pour obtenir de postes clés.

« Un mandat ouvert »

M. Juncker aurait indiqué au premier ministre bulgare qu’il serait préférable de se présente à Bruxelles « avec un mandat ouvert » et de prendre une décision.

Le premier ministre devrait démissionner à la fin de ce mois. Des élections anticipées auront lieu le 5 octobre prochain. Le gouvernement minoritaire bulgare souffre d’un niveau de soutien qui n’a jamais été aussi bas (voir « Contexte »).

La presse bulgare spécule sur le prochain commissaire. Selon elle, Sergueï Stanichev, le chef du parti socialiste bulgare (BSP) et principal partenaire au sein de la coalition gouvernementale actuellement au pouvoir, pourrait être intéressé par un mandat. Cependant, il hériterait certainement d’un portefeuille de moindre importance, comme celui des affaires sociales et  de l’inclusion. Sergueï Stanichev, qui est par ailleurs le président Parti socialiste européen (PSE), a obtenu un siège au Parlement européen lors des dernières européennes.

Or, le socialiste bulgare a démenti ces informations et rétorqué que le poste actuel de président du PSE était plus important. En outre, il a affirmé qu’il allait essayer d’assurer la réélection de sa famille politique au congrès en automne 2015.? Cependant, Sergueï Stanichev a également affirmé plus tôt qu’il ne comptait pas prendre son siège d’eurodéputé.

La principale force d’opposition, le Parti des citoyens pour le développement européen de la Bulgarie (GERB), affilié au Parti populaire européen, plaide avec force pour que l’actuelle commissaire du pays rempile pour un deuxième mandat.

La sélection du collège des commissaires ne devrait pas être à l’ordre du jour lors du sommet européen de cette semaine. Mais Jean-Claude Juncker devrait indiquer aux dirigeants européens qu’il a besoin d’avoir les noms sur sa table avant la fin d’août. 

Le gouvernement socialiste bulgare est entré en fonction le 29 mai 2013. L'impasse politique a été résolue, mais le gouvernement manquait de soutien. Plamen Orecharski, un ancien ministre des Finances apolitique, est le premier ministre.

Lors des élections législatives du 12 mai 2013, le parti GERB (Citoyens pour le développement européen de la Bulgarie) de l'ancien premier ministre Boyko Borissov a obtenu une majorité nette avec 97 députés sur 240 sièges.

Mais le parti GERB n’est pas parvenu à créer une coalition. Le Parti socialiste bulgare (BSP), qui pour sa part a obtenu 84 sièges, a pu former un gouvernement avec le Mouvement des droits et des libertés (MDL), un mouvement ethnique turc, qui détient 36 sièges. Le MDL est affilié aux libéraux de l'ADLE.

Lors des européennes, le parti GERB est sorti vainqueur avec 30,40 % des voix. BSP arrive en deuxième position, suivi du MDL qui a récolté 17,3 % des voix. Le parti Bulgarie sans censure de l'ancien journaliste Nikolai Barekov et le Bloc réformiste ont respectivement récolté 10,6 % et 6,4 %. Dans le même temps, Nikolai Barekov a rejoint le groupe des Conservateurs et régionalistes (CRE). Le bloc réformiste est affilié au PPE. 

  • 15 juillet : élection de Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission par le Parlement européen
  • 16 juillet : sommet extraordinaire pour discuter des nominations aux autres postes clés de l'Union européenne
  • Juillet - août : les États membres désignent leurs candidats à la Commission
  • Octobre : vote en session plénière du Parlement européen  sur l’ensemble de la nouvelle Commission - le président et les commissaires, dont le haut représentant aux affaires étrangères
  • 23-24 octobre : Conseil européen
  • 1er novembre : la nouvelle Commission devrait entrer en fonction;
  • 1er décembre : le nouveau président du Conseil européen entre en fonction

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