La gauche en mauvaise posture pour les européennes

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La défaite de la majorité aux municipales annonce un scrutin européen difficile. L’UMP est en tête des sondages pour l’élection du 25 mai, devant le Front national.

La « vague bleue » aux élections municipales annonce des élections européennes dominées par la droite. Alors que la gauche a perdu au moins 155 villes au profit de l’opposition lors du second tour des municipales le 30 mars, l’échéance européenne s’annonce également difficile pour les socialistes.

Selon un sondage Ipsos réalisé la semaine dernière, l’UMP (24%) est en tête des intentions de vote pour les élections européennes devant le FN (22%), dont 70% des sympathisants estiment que la France « a plus à perdre qu’à gagner à appartenir à l’UE ».

Le parti socialiste arrive quant à lui en troisième position seulement, avec 19% des intentions de vote. Une liste  Europe Ecologie-Les Verts remporterait de son côté 10% des suffrages, tandis que 8% des répondants se déclarent en faveur d’une liste Front de Gauche. Une liste Modem-UDI obtient également 8% des intentions de vote, selon le sondage.

Claque électorale

Au second tour des élections municipales, le vote sanction anticipé par les sondages a bien eu lieu. Selon des résultats provisoires communiqués par le ministère de l’Intérieur, au moins 155 villes de 9.000 à 100.000 habitants ont basculé de gauche à droite.

A l’échelle nationale, la droite remporte 45,91% des suffrages, la gauche 40,57%, l’extrême droite 6,84% et les candidats sans étiquette 6,62%, selon les chiffres du ministère. La participation est pour sa part tombée à 63,70% contre 65,22% en 2008.

 « Il s’agit bien d’une défaite (…) pour la gauche et le gouvernement », a reconnu le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls. Il a fait état de « 14 ou 15 communes de plus de 9.000 habitants » conquises par l’extrême droite.

>>Lire Revers cinglant du gouvernement pour les municipales

Après Hénin-Beaumont au premier tour, Béziers (Hérault), Fréjus, Cogolin et Le Luc (Var), Beaucaire (Gard), Le Pontet et Camaret-sur-Aigues (Vaucluse), Villers-Cotterêt (Aisne), Hayange (Moselle) Mantes-La-Ville (Yvelines) passent sous pavillon FN, soit 11 villes.

« Le FN réussit le meilleur score de toute son histoire à une élection locale », s’est réjoui le vice-président du FN, Florian Philippot, qui a été néanmoins battu à Forbach (Moselle), tout comme le compagnon de Marine Le Pen, Louis Aliot, à Perpignan.

Le FN, troisième force

« Il faut désormais compter avec une troisième force politique dans notre pays », a dit Marine Le Pen, qui demande à François Hollande d’ « enterrer » le pacte de responsabilité, clé de voûte de sa politique de redressement.

« Le vote FN-RBM est maintenant un vote d’adhésion », a-t-elle souligné, précisant que le parti revendiquait « plus de 1.200 conseillers municipaux ».

Malgré l’élection d’Anne Hidalgo à Paris, « l’arbre » symbolique censé masquer une forêt d’échecs, la gauche n’aura pas réussi à mobiliser son électorat dans l’entre-deux-tours, signe d’un désaveu tenace envers François Hollande et sa politique. L’abstention, qui avait déjà atteint un taux sans précédent au premier tour (36,45%), s’établit, record historique, à quelque 38%.

Les déçus du « hollandisme » ont, pour une bonne part, soit grossi les rangs des abstentionnistes soit reporté leurs voix vers les listes du FN, qui réussit le pari de l’implantation locale sans toutefois déclencher une vague « bleu marine ». Le chef de l’État, qui s’était engagé à tirer les enseignements de « l’avertissement » des Français, va s’exécuter « dans l’intérêt de la France », a assuré Jean-Marc Ayrault.

« Nous entendons, nous entendrons le message des électeurs », avait auparavant affirmé sur TF1 la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, qui a confirmé un prochain geste fiscal pour les ménages les plus modestes.

Les écologistes, qui ont pris la ville de Grenoble au PS, ont de nouveau mis en garde le gouvernement par la voix de leur secrétaire nationale Emmanuelle Cosse : « Nous avions bien dit que des choses n’allaient pas. Il faut rediscuter les 50 milliards d’économies » sur les dépenses publiques.

Remaniement imminent

Suite aux résultats des élections municipales, le projet de remaniement ministériel devrait être annoncé dès aujourd’hui (31 mars). Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, arrive en tête du sondage d’opinion pour prendre la suite de Jean-Marc Ayrault.

« Le président de la République tirera les enseignements de ce scrutin, et il le fera dans l’intérêt de la France » a constaté l’actuel premier ministre après l’annonce des résultats.

Réactions

« Ce vote tant au plan local qu’au plan national est une défaite pour le gouvernement et pour la majorité. Le niveau d’abstention record au premier comme au second tour est marqué par la désaffection d’une part significative de celles et ceux qui nous ont fait confiance en mai et juin 2012 » a déclaré le premier ministre Jean-Marc Ayrault à l’issue du vote.

« Ce soir, la gauche enregistre une défaite qu’il ne faut ni contester, ni minimiser. L’électorat de gauche ne s’est pas remobilisé. La participation n’a pas connu de regain notable. L’abstention est restée à un niveau élevé. Ce soir, les gains enregistrés par les listes de gauche n’effacent pas la défaite dans de nombreuses villes. » a affirmé Harlem Désir, le porte-parole du PS. 

Contexte

Les élections municipales en France sont organisées en deux tours. Elles doivent élire les maires et conseillers municipaux de 36.000 communes.

Prochaines étapes

  • 25 mai 2014: élections européennes en France

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