La question du salaire minimum européen ressurgit

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A l’approche des élections européennes, le Parlement européen organise des cycles de conférence sur les grands sujets d’actualité. Paris ouvre la ronde avec la thématique de l’emploi et revient sur la création d'un salaire minimum européen. 

A l’occasion d’une conférence organisée par le Parlement européen à Paris intitulée « Perspectives pour l’emploi en Europe », la question de la création d’un salaire minimum européen a ressurgi.

« Je pense que l’Union européenne avance vers la création d’un salaire minimum. Nous n’y sommes pas encore, mais nous sommes en route » a affirmé la députée européenne, Pervenche Berès.

Aujourd’hui en Europe, un certain nombre de pays tels que l’Allemagne, la Suède ou le Danemark ne possède pas de seuil minimum de salaire, à l’inverse de pays tels que la France ou encore l’Espagne.

" L’Europe est loin d’être uniforme en matière d’emploi. Les disparités de politiques entre les différents États membres rendent difficile la création d'un salaire minimum unique et surtout homogène" soutient pour sa part Pierre Cahuc, économiste et membre du conseil d’analyse économique du Premier Ministre.

Si la question d’un salaire minimum européen pose de nombreux problèmes, le sujet pourrait cependant prendre rapidement de l’ampleur à Bruxelles, dans la foulée des élections allemandes. Si les négociations entre les sociaux-démocrates du SPD et la CDU-CSU de la chancelière Angela Merkel en vue de la formation d’une "grande coalition" en Allemagne aboutissent,  le SPD " ferait de l’adoption d’un salaire minimum européen une de ses priorités " affirme Pervenche Berès.

" Si l’Allemagne s’engage sur le sujet du salaire minimum, il sera beaucoup plus facile de faire avancer le sujet à Bruxelles, au moins pour les pays de la zone euro " analyse Pervenche Berès.

Initiative en faveur de l’emploi jeune

" L’initiative en faveur de l’emploi des jeunes décidée en février par les chefs d'État de l'UE et lancée en juin est une mesure immédiate de lutte contre des taux de chômage qui deviennent insupportables " explique Pervenche Berès.  

Cette initiative adoptée par les 28 Etats membres  et baptisée « Emploi des jeunes » prévoit une enveloppe de 6 milliards d'euros afin de d’accompagner les jeunes sans emploi depuis plus de quatre mois dans les régions d’Europe où le taux de chômage des moins de 30 ans dépasse les 25%.

Elle doit être mise en place par tous les États membres en fonction de leurs besoins d'ici le 1er janvier 2014.

En France, la mise en œuvre de ce programme a commencé dans une dizaine de régions. " Sur les six milliards débloqués par l’UE, environ 600 millions d’euros vont être utilisé en France " note Pervenche Berès.  

Pour Pierre Cahuc, la garantie jeune " ne change pas fondamentalement la donne de l’emploi des jeunes en Europe. Le montant des fonds consacré à cette politique étant bien trop modeste face à l’ampleur du problème ".

Politique sociale en berne

" C’est cependant  la première fois que l’UE met en place un instrument participant ainsi à la dimension sociale de l’’union économique et monétaire " souligne Pervenche Berès.

Pourtant, la dimension sociale est très clairement mentionnée dans les traités comme une des priorités de l’UE. L’article 9 du traité sur le fonctionnement de l’UE précise qu’un niveau d’emploi élevé, une protection sociale adéquate et la lutte contre l’exclusion sociale doivent être pris en compte dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques de l’UE. 

" Cet article n’a malheureusement jamais été utilisé " regrette l’eurodéputée française. " La Banque Centrale Européenne n’a par ailleurs aucun objectif en matière d’emploi, à l’inverse de la FED dont une des missions est de conserver un bon niveau d‘emploi " poursuit-elle.

L’absence de dimension sociale dans les politiques européennes a été pointée du doigt à plusieurs reprises comme une des causes de la monté du populisme et de l’euroscepticisme en Europe.  

La Commission européenne de son côté recommande une approche de la question du chômage  basée sur la flexicurité. " Avec cette notion, la Commission souhaite que les Etats membres mettent en place des politiques basées sur une plus grande flexibilité de l’emploi  et sur une assurance chômage élevée " détaille Pierre Cahuc.

La question de l'emploi préoccupe au sein de l'Union européenne.Selon l'office statistique de l'UE, Eurostat, le taux de chômage a atteint 12,1 % dans la zone euro au mois de juillet, une nette augmentation par rapport à 2012. Pour l'Europe à 28, ce taux est passé de 10,5 à 11 % entre juillet 2012 et 2013.

Eurostat estime le nombre de chômeurs à 26,7 millions dans l'ensemble de l'UE, contre 19,2 millions dans la zone euro en juillet 2013.

Le taux de chômage des jeunes s'élevait à 23,4 % dans l'ensemble de l'UE, et à 24 % dans la zone euro. Contre respectivement 22,9 % et 23,3 % en juillet 2012.

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