La Slovénie propose d’envoyer la centriste Violeta Bulc à Bruxelles

Violeta Bulc, le 18 septembre 2014 au Parlement à Ljubljana - ©Jure Makovec AFP

Violeta Bulc, le 18 septembre 2014 au Parlement à Ljubljana - ©Jure Makovec AFP

Après le retrait d’Alenka Bratušek comme candidate à la Commission européenne, le Premier ministre slovène a proposé la candidature de sa vice-Premier ministre. Un choix en contradiction avec les appels  des eurodéputés  en faveur de la socialiste Tanja Fajon.

Le gouvernement slovène a annoncé vendredi  10 octobre avoir proposé sa vice-Premier ministre, la centriste Violeta Bulc, comme représentante du pays au sein de la Commission européenne après le retrait jeudi de la précédente candidate slovène, Alenka Bratusek, désavouée par le Parlement européen.

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«Le gouvernement a désigné Violeta Bulc comme candidate de la Slovénie à la Commission europénne», a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Karl Erjavec, à la presse à Ljubljana.

Mme Bulc, 50 ans, une ancienne conseillère en entreprise néophyte en politique, assume depuis le mois dernier les fonctions de vice-Premier ministre en charge du Développement au sein du gouvernement formé par le nouveau Premier ministre slovène Miro Cerar, dont elle a récemment rejoint le parti de centre-gauche SMC.

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Elle est désignée en remplacement d’Alenka Bratusek, qui avait été désignée comme vice-présidente chargée de l’Energie au sein de la Commission proposée par Jean-Claude Juncker.

Mme Bratusek s’est formellement retirée jeudi, après que les eurodéputés ont retoqué mercredi à une large majorité (112 voix contre 13) sa candidature, qui était soutenue par les Libéraux.

Les sociaux-démocrates, alliés pour l’occasion aux conservateurs du PPE au Parlement européen, avaient demandé jeudi à Ljubljana de désigner l’eurodéputée socialiste Tanja Fajon comme nouvelle candidate slovène à la Commission, une «proposition» fermement rejeté par M. Cerar, qui a fait valoir son droit à choisir un candidat issu de son propre camp.

M. Cerar a succédé en septembre à Mme Bratusek à la tête du gouvernement slovène, après que celle-ci a été désavouée dans les urnes. L’ancienne Premier ministre avait suscité une polémique à Ljubljana pour s’être «autodésignée» à la Commission avant de quitter ses fonctions.

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La nomination de Mme Bulc n’a toutefois pas fait pas l’unanimité au sein de la coalition gouvernementale de centre-gauche au pouvoir à Ljubljana, a souligné M. Erjavec, dont la petite formation Desus, tout comme les sociaux-démocrates, ont voté contre cette candidature, au profit de Mme Fajon.

«Cette candidate (Mme Bulc) n’a pas l’expérience nécessaire et sa nomination ne représente pas une bonne chose pour la coalition (au pouvoir à Ljubljana)», a-t-il estimé. 

Contexte

Jean-Claude Juncker, le nouveau président de la Commission européenne a annoncé le 10 septembre la distribution des portefeuilles.

Parmi les nouveaux commissaires, qui devraient gagner leur poste le 1er novembre, 18 sont d'anciens ministres voire premiers ministres. Le Président s'est félicité et a déclaré que la nouvelle Commission était « très politique ».

La nouvelle Commission doit maintenant faire l'objet d'un vote d'approbation dans son ensemble par le Parlement européen. Les auditions se tiennent du 29 septembre au 7 octobre.

Pendant ces deux semaines d'audition, les 27 commissaires vont être passés au crible par les eurodéputés issus des commissions correspondant au poste brigué par le candidat.

À l’issue de ces auditions, le Parlement pourra alors soit accepter soit rejeter le collège dans son ensemble.

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