Le cas Lavrilleux risque de faire perdre un membre au PPE

Jérôme Lavrilleux en campagne pour les élections européennes ©UMP

Jerome Lavrilleux a été élu eurodéputé dans la Région Nord © UMP

L’UMP a entamé le 24 juin une procédure d’exclusion à l’encontre de l’ancien directeur-adjoint de campagne de Nicolas Sarkozy, Jérôme Lavrilleux. Le groupe PPE risque de passer de 221 à 220 membres au Parlement européen.

Jérôme Lavrilleux est devenu indésirable au sein de sa famille politique. Le 24 juin, le bureau politique de l’UMP a lancé  comme prévu une procédure d’exclusion à l’encontre  de l’ancien directeur de cabinet de Jean-François Copé, en première ligne dans l’affaire Bygmalion.

L’eurodéputé fraichement élu avait en effet  révélé au lendemain des élections européennes du 25 mai le système des fausses factures mis en place pendant la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy de 2012, dont il a été le directeur adjoint.

Les révélations de Jérôme Lavrilleux sur ce système destiné à masquer les dépassements de frais de campagne de l’ordre 11 à 17 millions d’euros, selon les différentes estimations, ont plongé son parti politique dans une profonde crise et précipité la démission de son président, Jean-François Copé.

>> Lire : Un eurodéputé de l’UMP dans la tourmente suite à l’affaire Bygmalion

Bien qu’attendue, la décision du bureau politique de l’UMP laisse maintenant l’eurodéputé dans une situation délicate à Bruxelles, alors que se profile la première session plénière du Parlement européen à Strasbourg le 1er juillet, date à partir de laquelle Jérôme Lavrilleux entamera véritablement son mandat de parlementaire.

Et pour cause, ce dernier n’a ni l’intention d’accepter la sentence d’exclusion de l’UMP ni celle de laisser son siège, malgré les demandes répétées de ses colistiers. « Je vais siéger au Parlement européen. Ce n’est pas une question de revenu, j’ai été élu, je siégerai et j’accomplirai l’intégralité de mon mandat avec sérieux », a-t-il affirmé dans un entretien au Monde, assurant que seules les  prochaines élections européennes ou une décision de justice pourraient le déloger.

« Au Parlement européen, il est présent depuis son élection et a déjà recruté deux assistants parlementaires » témoigne une source à Bruxelles. 

Un élu gênant

Le refus d’obtempérer met les élus de la délégation française du Parti populaire européen (PPE) au Parlement européen en position délicate.  « Il y a beaucoup de discussions au sein de la délégation sur l’exclusion de Jérôme Lavrilleux, mais pour le moment la question reste ouverte » explique prudemment une source à la délégation.

?Si aucune décision formelle n’a été prise, les appels à la démission sont nombreux parmi les élus UMP. « Je pense que si un examen judiciaire conclut  que les actes de Jérôme Lavrilleux  sont passible l’inégalité, la logique serait qu’il démissionne le plus rapidement possible » affirme un eurodéputé UMP. « On ne va pas attendre 2 à 3 ans pour régler cette question alors que nous traversons une véritable crise politique ! » poursuit-il.

Les décisions pourraient de fait intervenir après l’élection du président de la délégation française qui doit avoir lieu mercredi 25 juin. Les eurodéputés UMP doivent choisir leur chef de file entre Constance le Grip, élue en Ile-de-France et Franck Proust (Sud Ouest). En effet, Jean-Pierre Audy, précédent président de délégation n’a pas été réélu et Alain Lamassoure, président par intérim est pressenti comme candidat du PPE à la présidence du Parlement européen pour 2017, à mi-parcours.

Une délégation affaiblie

La situation de Jérôme Lavrilleux est d’autant plus inquiétante pour la délégation française que celle-ci est sortie affaiblie des dernières élections, perdant quelques sièges par rapport à la législature précédente. En effet, entre 2009 et 2014, les eurodéputés UMP siégeaient avec leurs homologues de l’UDI.

Mais cette fois, les centristes français ont choisi de faire cause commune avec le MoDem de François Bayrou et siègent à présent au sein du groupe libéral de l’ALDE.

Outre la perte des centristes, l’UMP a également perdu quelques sièges au profit du Front national, arrivé en tête des élections européennes avec 25% des votes.

La délégation française du PPE est ainsi passée de 30 élus à 20 pour cette nouvelle mandature, en comptant Jérôme Lavrilleux.

Toujours membre du PPE

Malgré la procédure d’exclusion engagée, Jérôme Lavrilleux siège toujours au sein du groupe PPE (221 députés européens). Pour autant, sa présence au sein du grand groupe parlementaire de droite du Parlement européen semble compromise. « Je ne vois pas très bien comment il pourrait rester membre du PPE en étant exclu d’un parti politique membre du PPE » souligne un colistier.

« A partir du moment où il ne sera plus membre de l’UMP, il ne pourra plus siéger au groupe PPE » confirme une source au groupe parlementaire. 

Mais la mise à pied de l’eurodéputé pourrait ne pas être si simple. « Jérôme Lavrilleux est adhérant direct au parti PPE, ce qui le rend de facto membre du groupe parlementaire », explique un eurodéputé. Résultat, une exclusion de l’UMP ne provoquerait pas nécessairement une exclusion du PPE.

En France, les élections européennes du 25 mai 2014 ont fait du Front national le premier groupe parlementaire avec 25 % des voix et 24 députés, devant l'UMP et le PS.

Jean-François Copé, qui a assuré une bonne partie de la campagne de l'UMP pour les élections européennes a été mise en cause dans une affaire de factures douteuses réglées par le parti qu'il dirige a dirigé  depuis 2012. Cette affaire a obligé le président de l'UMP à ldémissionner, plongeant le parti de droite dans une profonde crise exsitentielle.  

  • 1er-3 juillet 2014: session constitutive du Parlement européen à Strasbourg 

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