Le Danemark postule aussi à une fonction économique avec Margrethe Vestager

Vestager

Margrethe Vestager, gauche, avec la première ministre Thorning-Schmidt

La première ministre danoise, Helle Thorning-Schmidt, a indiqué le 31 août qu’elle avait désigné la ministre de l’Économie et de l’Intérieur, Margrethe Vestager comme prochaine commissaire danoise.

La première ministre danoise a créé la surprise en désignant Magrethe Vestager comme prochaine commissaire danoise. Helle Thorning-Schmidt a en effet attendu le lendemain du sommet européen du 30 août pour désigner une socio-libérale dont le parti est membre de l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ADLE). Bon nombre d’observateurs s’attendaient à ce qu’Helle Thorning-Schmidt se prononce sur la question cette semaine.

Selon les médias danois, le choix d’une femme constitue une tactique pour obtenir le portefeuille de l’économie ou du commerce au sein de la prochaine Commission Juncker. Jean-Claude Juncker a en effet promis de récompenser les pays présentant des femmes en leur offrant des postes prestigieux.

>> Lire : Jean-Claude Juncker recherche des candidates pour la Commission

Selon des rumeurs qui circulaient lors du sommet européen à Bruxelles, le Luxembourgeois aurait décidé de distribuer tous les portefeuilles liés à l’économie à des femmes.

« Margrethe Vestager est une femme politique ambitieuse, qui travaille d’arrache-pied pour le Danemark et qui continuera de la sorte. Je pense qu’elle sera une commissaire de poigne qui aura de l’influence. Elle va me manquer […].Ce choix est une bonne chose pour le Danemark. Nous avons pris la bonne décision quant au prochain commissaire », a déclaré la première ministre danoise.

Âgée de 46 ans, Margrethe Vestager était ministre de l’Éducation dans un gouvernement de centre gauche dans les années 1990 avant de devenir le leader Parti social-libéral en 2007. La première ministre danoise a affirmé qu’elle mettrait en place un remaniement ministériel au sein du gouvernement danois dans les prochaines semaines afin de la remplacer.

Avec la désignation de Margrethe Vestager, le nombre de femmes au sein de l’exécutif s’élève à cinq. La Bulgarie, l’Italie, la Suède et la République tchèque ont également opté pour une femme. La Slovénie a pour sa part proposé une liste de trois candidats, constituée de deux femmes. Dans le même temps, la Belgique, Chypre et les Pays-Bas n’ont toujours pas annoncé leur décision. Jean-Claude Juncker aurait donné trois jours à la Belgique pour trancher la question.

Si le Parlement donne son feu vert à la Commission du Luxembourgeois en octobre, le Danemark sera le pays ayant présenté le plus grand nombre de femmes commissaires : quatre depuis son entrée dans l’UE. La Belgique, la Finlande et le Portugal n’ont pour leur part jamais désigné de femme.

La candidate danoise ambitionne, comme de nombreux pays, d’obtenir un poste dans la sphère économique, la plus recherchée. Ses concurrents sont surtout des hommes plutôt de haut niveau : l’ex-ministre des finances français Pierre Moscovici, et d’anciens premier ministres : le Finlandais Jyrki Katainen, le Letton Valdes Dombrovskis, et enfin l’Estonien Andrus Ansip. Selon Der Spiegel, l’Allemagne serait d’accord pour laisser les Affaires économiques à Moscovici, si et seulement si une vice-présidence aux mains d’un pays du Nord, a priori la Finlande avec Katainen, chapeautait le commissaire aux Affaires économiques. Une fonction qui pourrait également échouer à la danoise, alors que Jean-Claude Juncker a promis de favoriser les candidatures féminines.

L’Allemand  Oettinger aurait de son côté le commerce en ligne de mire.

Contexte

Le Parlement élit à la majorité le président de la Commission sur la base d'une proposition du Conseil européen votée à la majorité qualifiée. Le choix du candidat à la présidence de la Commission devrait prendre en compte les résultats des élections du Parlement européen.

Ensemble avec le futur président de l'exécutif, le Conseil adopte ensuite la liste des autres membres du collège des commissaires. Ce sont les États membres qui proposent leur candidat à la Commission européenne. L’ensemble de la Commission est également soumis à l'approbation du Parlement européen. Le collège des commissaires est ensuite officiellement désigné par le Conseil européen à la majorité qualifiée.

Prochaines étapes

  • 9 ou 10 septembre (date estimée) :Jean-Claude Juncker annoncera son équipe de commissaires et leur portefeuille assigné
  • Octobre : le Parlement européen votera ou rejettera l’ensemble du nouveau collège des commissaires
  • 1 Novembre : fin du mandat de la Commission Barroso II 

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