Le Front national échoue à créer son groupe politique

Harald Vilimsky (FPÖ), Marine Le Pen (FN), Geert Wilders & Marcel de Graaff (PVV), Gerolf Annemans (VB)

Harald Vilimsky (FPÖ), Marine Le Pen (FN), Geert Wilders & Marcel de Graaff (PVV), Gerolf Annemans (VB) [Laurens Cerulus]

Après plusieurs mois de négociation, le Front national n’a pas réussi à rassembler un nombre suffisant de nationalités au sein du Parlement européen pour créer son groupe. Le FN espère constituer un groupe plus tard.

La mayonnaise n’a pas pris. Après plusieurs mois de négociations, le Front national n’a finalement pas réussi à trouver un nombre suffisant de partenaires parmi les élus européens pour lancer son groupe parlementaire.

Les eurodéputés avaient jusqu’au 23 juin à minuit pour se constituer en groupes politiques et siéger en tant que tel lors de la première session plénière qui doit se tenir à Strasbourg du 1er au 3 juillet.

« Nous étions plusieurs partis, mais il faut sept pays et cette fois-là, ce n’est pas passé », a reconnu le vice-président du Front national, Florian Philippot,  sur Europe 1 : 

Il s’agit d’un véritable revers pour le parti d’extrême droite français et ses alliés politiques, qui comptaient sur la création de ce groupe pour profiter de financements complémentaires provenant du budget du Parlement européen.

>>Lire : La constitution d’un groupe permettrait au FN de doubler ses ressources européennes

Montés en puissance dans de nombreux États membres, les partis antieuropéens n’ont eu aucune difficulté à rassembler un nombre suffisant d’élu. Les règles européennes exigent un minimum de 25 députés pour constituer un groupe. Un contrat facile à remplir pour le FN qui pouvait s’appuyer sur ses 23 élus à l’issue des élections européennes de mai 2014.

C’est cependant le second critère qui a donné du fil à retordre au parti d’extrême-droite. En effet, un groupe parlementaire doit également représenter la diversité des États membres en comptant des représentants issus de sept pays différents.  

Lancée dans le rassemblement des partis politiques antieuropéens, la présidente du Front national Marine Le Pen avait pourtant réussi à rassembler rapidement   4 autres partis :  le Parti pour la liberté du Néerlandais Geert Wilders, le Parti de la liberté autrichien (FPÖ), la Ligue du Nord italienne et le Vlaams Belang flamand (Belgique).

Échec des discussions

La recherche de partenaires s’est activement poursuivie, notamment avec le parti polonais appelé Congrès de la Nouvelle droite (KNP) ainsi que les Lituaniens d’Ordre et Justice.

Les seconds ont finalement choisi de rester au sein du groupe parlementaire de Nigel Farage, Europe libertés démocratie, tandis que les positions radicales du parti polonais, taxé d’antisémitisme, de misogynie et d’homophobie ont finalement bloqué un éventuel rapprochement.

 « Le PVV a vraiment envie de former une faction, mais pas à n’importe que prix », a soutenu le néerlandais Geert Wilders du parti de la liberté (PVV), cité par l’agence de presse ANP.

Le leader néerlandais a affirmé qu’il aurait fallu « construire un pont trop important » pour collaborer avec le KNP, qui souhaite également abolir le droit de vote pour les femmes.

« Pour l’heure, non on n’a pas de groupe pour la première session du 1er juillet parce que nous avons fait le choix de la cohérence politique » a confirmé le député européen, Florian Philippot.

Reste que la constitution d’un groupe parlementaire ne doit pas obligatoirement se faire en amont de la première séance plénière du nouveau Parlement européen, mais peut intervenir à n’importe quel moment au cours des 5 années de mandat. Pour le Front national, la poursuite des négociations est donc à l’ordre du jour.  Pour l’heure, les élus siègeront avec les non-inscrits.

Les partis eurosceptiques européens ont montré leur volonté d'agir directement au niveau européen.Le très controversé leader néerlandais d'extrême droite, Geert Wilders, et la dirigeante du Front national, Marine Le Pen, ont tenté de constituer un nouveau groupe au Parlement européen avec d'autres partis avec qui ils partagent une vision commune, en vain. 

Les partis eurosceptiques se multiplient dans de nombreux États membres, mais leur histoire et leurs causes sont très différentes.Selon des politologues, même si davantage d'eurosceptiques populistes pourraient siéger au prochain Parlement européen, il est toutefois moins probable qu'ils forment une alliance cohérente.

  • 24 juin : date avant laquelle les groupes doivent déposer leur candidature afin de rentrer au nouveau Parlement européen
  • 1-3 juillet : dernière session plénière du Parlement européen 2009-2014
  • 14-17 juillet :deuxième session plénière

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