Le Front National poursuit le regroupement des populistes européens

23 eurodéputés du Front national sont entrés au Parlement européen. Ils étaient seulement 3 entre 2009 et 2014

23 eurodéputés du Front national sont entrés au Parlement européen. Ils étaient seulement 3 entre 2009 et 2014

La présidente du Front National, Marine Le Pen a affiché son optimisme sur la création d’un nouveau groupe d'extrême droite au Parlement européen, à l’occasion de l’annonce de la tête de liste du parti pour l’Ile-de-France

À quatre mois des élections européennes, la création d’un groupe eurosceptique au Parlement européen est en bonne voie, selon la présidente du Front National, Marine Le Pen. À l’occasion d’une conférence de presse le 22 janvier, la députée européenne a fait part de son « optimisme » sur ce projet de rassemblement des mouvements populistes.

Avec un projet résolument tourné contre l'UE et ses grandes constructions (l’euro, l’espace Schengen, etc.), le Front National  fait de « la primauté de l’État nation sa priorité et la « lutte contre le communautarisme destructeur » son combat.

Une ligne populiste et eurosceptique que le parti d’extrême droite partage avec un certain nombre de mouvements européens.  « Nous espérons pourvoir constituer un groupe à l’issu des élections européennes avec des mouvements qui partagent nos critiques à l’égard de l’UE et nous y travaillons » a-t-elle explique. 

Au sein de l’Alliance européenne des libertés, le Front National, le Parti autrichien de la Liberté (FPÖe),  le Vlaams Belang en Belgique ainsi que les Démocrates Suédois constituent d’ores et déjà la base du futur groupe parlementaire.

Mais avec trois élus pour le Front National, deux élus pour chacun des partis autrichien et belge et aucun pour les Suédois au sein de l’hémicycle européen, les partis populistes doivent élargir leurs contacts.  

Car si le Front National semble opérer une percée importante dans les intentions de vote aux  Européennes, il doit rassembler 25 eurodéputés issus d'au moins six autres pays membres de l’UE pour constituer un groupe au Parlement européen.

Alliance en vue avec l’Italie et la Lituanie

La présidente du Front National a affirmé vouloir un groupe « politique » et pas seulement un groupe technique, mais reste discrète sur les possibles alliances. « Pour constituer un groupe, il faut avant tout que les candidats soient élus », a-t-elle ironisé, renvoyant ainsi toute annonce potentielle à l'après-scrutin. 

Pour l’heure, des rencontres ont eu lieu avec le leader néerlandais du Parti pour la liberté (PVV), Geert Wilders ainsi qu’avec les Italiens de la Ligue du Nord.  

Parmi les autres partenaires possibles, Marine Le Pen cite l’ancien président lithuanien Rolandas Paksas. Destitué un an après son entrée en fonction en 2004 pour violation de la constitution, le fondateur du mouvement Ordre et Justice est élu au Parlement européen où il siège à l’heure actuelle au sein du groupe Europe libertés démocratie, avec les Anglais de l'UKIP et la Ligue du Nord.

« Nous allons attendre et voir si son mouvement aura des élus aux prochaines élections européennes » explique Marine Le Pen.

Autre partenaire potentiel, les partis eurosceptiques italiens. « L’Italie est marquée par un basculement très fort vers l’euroscepticisme avec une rapidité inouïe », a affirmé Marine Le Pen, qui affirme regarder avec attention vers ce pays

Divisions françaises

Si le Front National joue la carte du rassemblement au niveau européen, sa stratégie d’unité des mouvements populistes s’est heurtée en France à l’indépendantisme de Nicolas Dupon-Aigan. Le président de Debout la République a présenté le 21 janvier ses têtes de liste pour les Européennes, refusant ainsi de faire liste commune avec le Front National.

« Sur l’Union européenne, Nicolas Dupont-Aignan a exactement les mêmes positions que nous » a souligné Marine Le Pen. « Mais il a repoussé la main tendu et persiste à faire cavalier seul »  a-t-elle-regretté, estimant que Debout la République allait vers un « échec » et « divisait le camp des patriotes ».

Des listes révélées au compte-goutte

Le géopoliticien Aymeric Chauprade, proche de Philippe de Villiers et conseiller de Marine Le Pen sur les questions internationales depuis 2010 sera tête de liste Ile de France pour les élections européennes.

Mais la présidente du Front National a refusé de dévoiler le reste des investitures, indiquant qu’il «n’y avait pas d’urgence. Nous donnerons les noms des différentes têtes de liste à mesure des déplacements en régions ».

Pour l’heure, seuls quelques candidats sont connus, parmi lesquels  la famille Le Pen : la présidente frontiste se présente dans la circonscription du Nord-Ouest  et Jean-Marie Le Pen dans le Sud-Est. Le vice-président du FN, Florian Philippot, mènera la liste FN dans le grand Est et Ludovic De Danne, chargé des affaires européennes au cabinet de Marine Le Pen est également pressenti. 

Les partis eurosceptiques en Europe ont montré leur volonté d'agir à l’échelle des Vingt-Huit. Le très controversé leader néerlandais d'extrême droite Geert Wilders et la dirigeante du Front national, Marine Le Pen, ont pris l'initiative de constituer un nouveau groupe au Parlement européen avec d'autres partis avec qui ils partagent une vision commune.

Le Parti de l'indépendance britannique (UKIP) et le Parti populaire danois ont pour leur part rejeté en bloc la proposition.

Les partis eurosceptiques se multiplient dans de nombreux États membres, mais leur histoire et leurs causes sont très différentes. Selon des politologues, même si davantage d'eurosceptiques populistes pourraient siéger au prochain Parlement européen, il est toutefois moins probable qu'ils forment une alliance cohérente.

  • 22-25 mai 2014: élections européennes dans les 28 Etats membres de l'UE

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