Le gouvernement tente de réagir au séisme politique

Manuel Valls

Le Président François Hollande a convoqué ce matin certains de ses ministres pour une réunion d’urgence suite à la débacle électorale du 25 mai. Tout changement d’équipe est pour l’heure écarté.

De nouvelles baisses d’impôts doivent être décidées dès cette année parce que leur niveau est devenu « insupportable » pour les Français, a déclaré lundi Manuel Valls, au lendemain d’une déroute socialiste et du choc de la victoire du Front national aux élections européennes.

Le gouvernement a déjà annoncé il y a dix jours une baisse d’impôts totale d’un milliard d’euros dès l’automne prochain, qui permettra selon lui de faire sortir de l’impôt sur le revenu 1,8 million de ménages.

Le premier ministre, arrivé à l’Élysée à 08h30 pour une réunion avec le président François Hollande et plusieurs ministres à l’Élysée après le « séisme » électoral de la veille, a déclaré que des gestes étaient prévus dans le cadre de la prochaine loi de finances.

« Il faut de nouvelles baisses d’impôts, notamment de l’impôt sur le revenu, parce que ces impôts, cette fiscalité pèsent lourdement sur les couches populaires et les classes moyennes. Il le faut parce que c’est devenu insupportable », a dit Manuel Valls sur RTL.

« Je suis convaincu qu’après une augmentation de 30 milliards d’impôts entre 2010 et 2012, et la même somme depuis 2012, il faut baisser la fiscalité », a-t-il ajouté.

Selon ses proches, le premier ministre n’aurait fait que confirmer sa détermination à réduire la pression fiscale plutôt que d’annoncer une nouvelle salve de baisses d’impôts.

« Ce n’est pas une annonce, cela confirme les baisses d’impôts prévues », dit-on dans son entourage.

Le chef du gouvernement, nommé après la très lourde défaite de la gauche aux municipales de mars, a réaffirmé ses priorités – baisse du déficit, soutien aux entreprises pour relancer l’emploi – mais a concédé que le lien était avec les Français était rompu en l’absence, pour l’heure, de résultats tangibles.

Grand scepticisme

« Il y a un très grand scepticisme vis-à-vis de ceux qui gouvernent ou ont gouverné, je le sais bien, mais il ne s’agit pas de baisser la garde », a dit Manuel Valls. « Une feuille de route a été tracée et moi, je ne veux pas changer cette feuille de route. »

« Je crois que nous devons continuer, expliquer et surtout qu’il y ait des résultats concrets. Tant que le chômage ne baisse pas, tant que le pouvoir d’achat n’augmente pas, tant que les impôts ne baissent pas, les Français ne nous croiront pas. »

De nombreux responsables de la majorité avaient déjà dit qu’il ne faudrait pas s’attendre à un changement de cap en cas de déroute électorale, en dépit de la révolte de parlementaires socialistes contre le plan d’économies de 50 milliards d’euros du gouvernement.

À l’Élysée, on estime également que la victoire du Front national, crédité de 26% des suffrages contre 20,6% à l’UMP et 13,8% au PS, un score historiquement bas, accentue la pression sur l’exécutif, sur le front du chômage notamment.

« Sur le plan national, il faut agir pour avoir des résultats plus rapides, plus concrets », jugeait un conseiller du président après les premières estimations.

« Il y a des leçons qui doivent être tirées, mais il va falloir convaincre l’Europe que le seuil d’alerte a été franchi dans de nombreux pays en Europe », soulignait-on à l’Élysée.

Les chefs d’État et de gouvernement de l’Union se retrouvent mardi pour un dîner à Bruxelles, où ils doivent analyser les résultats des élections et évoquer le remplacement de José Manuel Barroso à la présidence de la Commission européenne.

En France, Manuel Valls a assuré que l’heure n’était pas au changement d’équipe, encore moins à la dissolution réclamée dès dimanche soir par le Front national, mais aussi par certaines personnalités de droite ou du centre droit.

« Le quinquennat doit aller à son terme », a souligné le premier ministre. « Nous n’allons pas ajouter à la crise d’identité, à la crise morale que la France traverse, nous n’allons pas rajouter le désordre par des élections, un pays qui serait ingouvernable. »

 

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