Les candidats à la présidence de la Commission inégaux devant les langues

The official languages of the European Commission are German, French and English. But the EU's lingua Franca, says the French government, is English. [Shutterstock]

La pratique de plusieurs langues européennes est un élément incontournable pour postuler aux hautes fonctions européennes. Les candidats à la présidence de la Commission ne sont pas tous égaux en matière de compétence linguistique.

Avec une Europe à 28 membres, où 24 langues sont parlées, la maîtrise de plusieurs langues est forcément cruciale pour la future/le futur président(e) de la Commission. C’est d’ailleurs un critère discriminant pour les candidats potentiels, contrairement à la tolérance de mise pour la nomination de commissaires.

D’autant que le Traité de Lisbonne demande au futur président de la Commission européenne un entregens bien particulier : le futur président de la Commission sera choisi à partir d’une proposition du Conseil, tenant compte des élections européennes. Ce changement des institutions force les candidats à obtenir le soutien du plus grand nombre.

Tous anglophones

Or en matière de langues, les candidats sont inégaux, même s’ils maîtrisent globalement bien l’anglais.

Martin Schulz, le candidat du parti socialiste européen (S&D), actuellement président du Parlement européen, parle parfaitement anglais, français et allemand, sa langue maternelle.  Il est le champion des polyglottes, car il a aussi un bon niveau d’italien, et quelques notions d’espagnol et de néerlandais.

Son principal opposant, Jean-Claude Juncker, candidat du Parti Populaire Européen (PPE) parle quant à lui couramment anglais, français, allemand et Luxembourgeois sa langue maternelle. Il parle également latin, ce qui lui sera certainement moins utile.

Le candidat du groupe Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe, Guy Verhofstadt est aussi polyglotte. Il parle néerlandais, sa langue maternelle, français et anglais, mais aussi italien et allemand.

La maîtrise d’un grand nombre de langues peut-elle faire la différence entre les candidats à la présidence de la Commission européenne ? C’est en tous cas ce que pense Jean Claude Juncker, avantagé en raison de sa capacité à parler plusieurs langues, et à mieux comprendre le couple franco-allemand, force motrice de l’UE.

« Nous, les Luxembourgeois, nous connaissons mieux ces deux peuples [Allemands et Français] qu’ils ne se connaissent» estime-t-il.

Les deux candidats du parti Vert européen, l’allemande Ska Keller et le français José Bové manient également la langue de Shakespeare, mais Ska Keller présente un net avantage : celui de parler six langues, dont le turc et le finnois en plus de l’allemand, de l’anglais de l’espagnol et du français.

Quant au Grec Alexis Tsipras, candidat de l’extrême-gauche aux européennes, il part clairement avec un handicap côté communication. « C’est un sujet sensible, dont les médias grecs parlent régulièrement » reconnaît -t-on au Parti Communiste Français. Le jeune homme politique a certes l’atout du charisme, mais s’exprime péniblement en anglais, même si son équipe assure qu’il a un bon niveau et le lit couramment.

Quelles langues de travail ?

La ou le futur président(e) de la Commission européenne devra s’exprimer en anglais, en français et en allemand, les 3 langues de travail des institutions européennes (il existe 24 langues officiels dans l’UE), même si en pratique, la langue de Shakespeare gagne du terrain ces dernières années dans les institutions européennes.

« L’évolution des dernières années tend vers un recul du nombre de textes rédigés directement en français, notamment au sein de la Commission. En pratique, si, en droit, le régime du multilinguisme de l’Union européenne n’est pas remis en cause, l’élargissement du 1er mai 2004 a constitué un changement de contexte important conduisant à l’utilisation accrue de certaines langues de travail privilégiées ?» remarque-t-on au Quai d’Orsay.

Si les candidats à la présidence de la Commission manient aussi bien les langues, c’est qu’ils les utilisent dans leur vie quotidienne. Ainsi, Jean-Claude Juncker a confié à EURACTIV France lire, et regarder des films, le plus souvent en français et en allemand. Le candidat du parti socialiste européen, Martin Schulz lit dans les langues de travail des institutions européennes, à savoir l’anglais, le français et l’allemand.

 >> Lire aussi: La France relance la ratification de la Charte européenne des langues régionales

Contexte

Du 22 au 25 mai 2014 auront lieu les élections européennes dans tous les Etats membres de l’UE. Le 1er décembre 2009, le traité de Lisbonne, qui modifie le mode d’élection du président de la Commission, est rentré en vigueur. Il prévoit que le Parlement européen élira le président de la Commission sur la base d’une proposition du Conseil qui tiendra compte des élections européennes (article 17, alinéa 7 du TUE).

L’Union européenne qui compte 24 langues officielles, et les institutions européennes utilisent le français, l’anglais, et l’allemand comme langue de travail.

Prochaines étapes

  • 22-25 mai: élections européennes 

Plus d'information

Ministère des affaires étrangères

 

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