Les eurosceptiques arrivent en force au Parlement européen

Nigel Farage au Parlement européen, 2011, [EP/Flickr]

Nigel Farage au Parlement européen, 2011, [EP/Flickr]

Dans la foulée de la victoire du Front national en France, un certain nombre de partis eurosceptiques vont faire leur entrée au Parlement européen. Mais la formation d’un groupe parlementaire s’annonce complexe.

Les élus europhobes au Parlement européen devraient occuper une bonne partie de l’hémicycle. Mais les alliances entre les différents partis antieuropéens ne seront pas simples.

Selon les résultats provisoires des élections européennes, les conservateurs du Parti populaire européen (PPE) sont en tête avec 212 sièges sur 751, contre 186 pour les socialistes. Les Libéraux obtiendraient 70 eurodéputés, suivis par les Verts (55).

Les partis pro-européens conservent toutefois une large majorité au Parlement européen avec un total de 523 sièges (contre de 612 sur la mandature 2009-2014)

De leur côté, les europhobes pourraient récolter environ 140  sièges,  selon les dernières estimations du Parlement européen. Un nombre d’élus largement suffisant pour former un groupe politique au Parlement européen, qui nécessite un minimum de 25 députés de 7 pays différents.

L’UKIP en embuscade

Reste que les forces eurosceptiques en Europe sont profondément divisées. Et la victoire du Front national en France ainsi que celle de l’UKIP au Royaume-Uni annonce des regroupements complexes, puisque les deux partis devraient chasser sur le même terrain.   

Crédité de 24 élus et de 25 % des voix en France, le Front national apparait comme le grand gagnant de ces élections européennes, et n’aura aucune difficulté à rassembler un nombre suffisant d’eurodéputés. Mais le parti dirigé par Marine Le Pen doit également trouver des alliés dans six autres pays européens.

Le leader de l’UKIP, Nigel Farage affiche lui aussi une large victoire au Royaume-Uni avec un score historique de 29 %. Ce résultat lui octroie 23 sièges d’eurodéputés, contre 9 au cours de la mandature précédente. Au sein du précédent Parlement européen, le parti de Nigel Farage avait déjà constitué un groupe parlementaire, Europe Liberté et démocratie.

Proche du parti français Debout la République de Nicolas Dupont-Aignan, qui n’a pas remporté de siège lors des élections, l’UKIP s’est toujours tenu à l’écart du Front national, qu’il juge trop extrémiste.

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Prise de distance

Le Danemark a également vu l’élection européenne du 25 mai marquée par une montée du parti populaire danois, formation d’extrême droite anti-immigration qui arrive en tête des suffrages avec 26,7 % des voix, selon les résultats définitifs

Un score lui permet d’envoyer 4 eurodéputés à Bruxelles, contre 2 sous la mandature précédente. Mais le Parti populaire danois a d’ores et déjà pris ses distances avec le Front national, ce qui rend peu probable un futur rapprochement au sein du Parlement européen.

« Il est déplorable que des partis comme le Front national de Mme Le Pen et Aube dorée [en Grèce] gagnent du terrain, mais ils le font parce que les partis établis ont lâché les Européens », a affirmé Morten Messerschmidt, eurodéputé sortant à la a télévision publique danoise.

Certains alliés du FN à la peine

De leur côté, les alliés historiques du parti de Marine Le Pen à Bruxelles, le Parti autrichien de la Liberté (FPÖ) et  le Vlaams Belang en Belgique rassemblés au sein de l’Alliance européenne des libertés, constituent le socle d’un futur groupe parlementaire potentiel au sein de l’institution européenne.

En Belgique, le Vlaams Belang a subi un revers électoral et n’a obtenu qu’un siège d’élu.

Autre partenaire naturel de cette alliance, le leader néerlandais du Parti pour la liberté (PVV), Geert Wilders, avec qui plusieurs rencontres se sont déroulées au cours des derniers mois. 

>>Lire : Des résultats provisoires contrastés pour les alliés du FN

Le Parti pour la liberté de Geert Wilders a également essuyé une défaite électorale aux Pays-Bas et va perdre deux sièges au Parlement européen.

Parmi ces contre-performances, seul le FPÖ en Autriche réalise une percée significative avec 19,9 % des suffrages, contre 12,7 % en 2009, selon les estimations de l’institut ARGE pour l’agence de presse APA.

Les Démocrates suédois (SD), parti eurosceptique allié au FN, obtiennent 7 % des voix et entrent eux aussi au Parlement. 

Un groupe parlementaire ?

Parmi les partis antieuropéens, le parti populiste des Vrais finlandais obtient 2 sièges à la faveur d’un score en hausse. Le parti de Timo Soin qui avait réalisé 9,8 % en 2009, a remporté 12,9 % des suffrages.  

Parmi les nouveaux entrants, le nouveau parti anti-euro allemand  AFD, créé au printemps 2013, a remporté 6,5 % des suffrages, ce qui lui permet d’obtenir 7 sièges d’eurodéputés, l’Allemagne étant le pays européen disposant du plus grand nombre de sièges au Parlement européen.

>>Retrouver tous les résultats pays par pays

Pas fréquentables

La course aux partenaires pourrait toutefois butter sur l’idéologie de certains partis, jugés infréquentables par le Front National ou l’UKIP.

C’est notamment le cas du parti ultra-nationaliste hongrois, le Jobbik, qui est arrivé en seconde position avec 14,7 % des voix  et 3 sièges au Parlement européen.

Autre « intouchable », le parti néonazi grec Aube dorée, qui au Parlement européen. Crédité de 9,3 %  des voix, et envoyer deux élus à Strasbourg.

es partis eurosceptiques en Europe ont montré leur volonté d'agir à l’échelle des Vingt-Huit. Le très controversé leader néerlandais d'extrême droite Geert Wilders et la dirigeante du Front national, Marine Le Pen, ont pris l'initiative de constituer un nouveau groupe au Parlement européen avec d'autres partis avec qui ils partagent une vision commune.

Le Parti de l'indépendance britannique (UKIP) et le Parti populaire danois ont pour leur part rejeté en bloc la proposition.

Les partis eurosceptiques se multiplient dans de nombreux États membres, mais leur histoire et leurs causes sont très différentes. Selon des politologues, même si davantage d'eurosceptiques populistes pourraient siéger au prochain Parlement européen, il est toutefois moins probable qu'ils forment une alliance cohérente.

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