Les médias allemands bons élèves de l’actualité européenne

Le Berlaymont, siège de la Commission européenne

Depuis la crise de la dette de la zone euro, les critiques des médias européens à l'encontre de l'Union européenne se sont multipliées, mais la couverture médiatiques de l'Europe a aussi augmenté.

Les médias allemands offrent une couverture de bonne qualité sur l'Europe, selon les orateurs présents lors d’un panel à l'occasion de la 19e Soirée européenne à Berlin le 2 décembre.

Cette soirée s'inscrivait dans le cadre d'une série d'évènements lancés par la Fédération des fonctionnaires allemands (dbb) et Europa-Union Deutschland. EURACTIV Allemagne en est le partenaire média.

Ulrich Köhn, le chef du service européen de l’Office de presse du gouvernement fédéral, explique qu'il ne voit « aucune raison de blâmer les médias » dans le désenchantement actuel vis-à-vis de l'Union européenne.

Selon lui, l'Europe n'a jamais aussi visible que maintenant dans les médias en raison de la crise de la dette de la zone euro. Les médias politiques d'outre-Rhin sont très diversifiés. Ce qui pourrait expliquer pourquoi les partis eurosceptiques ne sont pas parvenus à atteindre le seuil des 5 % nécessaire pour obtenir un siège au Bundestag, lors des dernières élections.

L'Europe ne fait pas rêver

Rita Süssmuth, ancienne présidente du Parlement allemand, a mis en avant les critiques grandissantes vis-à-vis de l'UE à la suite de la crise de la dette de la zone euro.

« L'Europe est traitée de manière si technique, compliquée et inintéressante qu'elle ne suscite aucun engouement ! Plus on utilise d'acronymes, moins les citoyens se sentent concernés », ajoute Rita Süssmuth.

Selon Thomas Krüger, le président de l'Agence fédérale allemande pour l'éducation politique, les représentants politiques européens sont toujours trop distants. Il a également demandé aux médias de plus se concentrer sur les personnes « réelles » auxquelles les citoyens peuvent s'identifier.

D'autres sont plus sceptiques quant au relais de messages positifs sur l'Europe dans les médias. Jon Worth, un blogueur britannique et reconnu qui vit à Berlin, a manifesté sa frustration quant aux messages creux, comme « Plus d'Europe ».

José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, admet que l'Europe a besoin d'une nouvelle narration, ajoute-t-il. Selon lui, aucun message clair ne ressort de la dernière campagne du Parlement européen « Agir. Réagir. Accomplir. »

Christian Wenning, le secrétaire général de l'Union des fédéralistes européens (UEF), prévoit que de plus en plus de personnes suivront la mouvance antieuropéenne lors des prochaines élections, si les décideurs politiques européens ne sont pas visibles et s'ils n'ont pas la capacité de résoudre les problèmes. « Nous avons besoin de chevaliers avec une "ouverture d’esprit pour l'Europe" », explique-t-il.

Markus Feldenkirchen, du bureau berlinois de l'hebdomadaire Der Spiegel, a répertorié les points faibles responsables, à ses yeux, de la mauvaise image véhiculée par l'UE et ses institutions. Il a par exemple cité un manque « de personnalités » publiques.

Les acteurs européens sont loin d’être connus, souligne-t-il. Pour ne rien arranger, l'UE utilise de nombreux termes bureaucratiques et abréviations qui n’inspirent que réticence et rejet du système dans son ensemble.

« Les journalistes devraient agir davantage à cet égard », explique-t-il en appelant à un changement de perspective. L'Union permet d'éviter les guerres, voilà un adage éculé par les défenseurs de l'Europe. Et, à ses yeux, ces derniers doivent trouver une autre justification. Ce type d'argument a fonctionné par le passé, mais à l'heure actuelle, l'Europe ne sera probablement pas en guerre, si l'Union s'effondre.

« Laissons les craintes derrière nous », conseille Markus Feldenkirchen. « Choisissons plutôt des récits comme l'espoir d’une nouvelle prospérité économique. »

La communication avec les citoyens de l'UE a longtemps préoccupé les institutions européennes.

Le rejet français et néerlandais du projet de Constitution européenne en 2005 et le rejet irlandais du traité de Lisbonne ont mis au jour la chute de l’adhésion des peuples au projet européen.

La montée des partis populistes en Europe rend ce sujet plus pertinent que jamais en vue des élections européennes en mai 2014.

>> Lire le LinksDossier d'EURACTIV : Élections européennes 2014 : ce sera différent cette fois-ci ?

  • 17 mars 2014 : prochaine soirée européenne organisée par dbb : « Élisons l'Europe ». 

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