Louis de Gouyon Matignon, la génération Maastricht en politique

Louis de Gouyon Matignon ©EURACTIV

EURACTIV.fr réalise une série de portrait de candidats aux élections européennes. Louis de Gouyon Matignon, benjamin de la série, défend la cause des Tsiganes.

 

 

Le service militaire obligatoire c’est terminé, et  Louis de Gouyon Matignon a une meilleure idée : rendre le programme d’échange Erasmus obligatoire. Il est comme ça, il n’y va pas par quatre chemins. À 23 ans, il adore l’Europe, les européens, et a créé un parti politique en début d’année pour être candidat pour les élections européennes : le Parti européen.

Un parcours original monté avec une mini cagnotte pour imprimer des bulletins de vote. « Et encore on en aura pas dans tous les bureaux de vote d’ile de France, ça coûte trop cher » reconnaît-il.

La cause des Roms à l’UMP

Étudiant en droit et fan de la culture tsigane, il est tombé dans le marigot politique un peu par hasard, sur un… parking.  Alors qu’il accompagnait des Tsiganes, il rencontre le sénateur UMP Pierre Hérisson . « Je lui ai proposé, au culot, de travailler pour lui. Ça a marché » raconte-t-il. Pas très longtemps néanmoins. Défendre la cause des Roms à l’UMP a vite posé problème.

« J’ai pris position contre des déclarations de Christian Estrosi, de Gilles Bourdouleix. Et j’ai fini par me faire virer, c’est normal » relate-t-il .  Et cite le philosophe Marc Crepon, qui évoque au sujet des Roms des « cibles de substitution »  qui permettent de dissimuler de vrais problèmes. Lui appelle les politiques à faire preuve de retenu sur ce sujet, et rejette les grands partis UMP et PS qui n’ont pas les mêmes valeurs que le Parti européen.

Qui érige pour commencer le droit des minorités en valeur fondamentale, au travers des Tsiganes, le peuple minoritaire le plus important en Europe. « Aujourd’hui on assiste à un écrémage ethnique silencieux dont personne ne parle. En Hongrie, en Roumanie, en Bulgarie les gouvernements font tout pour ce que ces populations ne s’intègrent pas, ils sont systématiquement défavorisés. En France, ils doivent encore pointer dans un commissariat une fois par an…ils sont surveillés comme des criminels, au niveau des libertés publiques c’est un scandale ».

L’Europe, ce grand pays divisé par des frontières artificielles

Le Parti européen voudrait graver le droit des minorités dans une constitution européenne, qui permettrait de garantir de vrais droits. Il est aussi clairement fédéraliste. « L’Europe c’est un grand pays qui a été divisé par des frontières artificielles. Il faut le réunir, élire un président à sa tête, supprimer le président en France et renforcer le pouvoir des régions » assure l’étudiant. À terme, c’est même une union Eurafrique qui aurait du sens selon lui puisque « depuis 500 ans on va vers plus d’ouverture et moins de frontières ».

La cause des Tsiganes, « un mot qui englobe aussi bien les Tsiganes français et les Roms d’Europe de l’est qui ont en commun la langue, le romani », le passionne. Il est incollable sur les origines indiennes de ce peuple nomade à la culture ancrée dans l’histoire de l’Europe, a appris leur langue et même publié un livre sur cette langue peu étudiée.

Recours au Conseil constitutionnel ?

Il reconnaît que ses idées sont un peu extrêmes. « Mais je suis de la génération Maastricht, ceux qui sont nés entre 1985 et 1995.  D’ici une trentaine d’années cette génération sera au pouvoir, et les choses auront avancées. On ira vers plus de transparence de la vie politique, à l’image des démocraties d’Europe du Nord ».

 En attendant, il veut devenir avocat pour défendre la cause des Tsiganes.  

Et aussi faire un recours au tribunal administratif sur le fait que les bulletins de vote soient à la charge des candidats. Un dispositif qui limite les chances d’être élu pour les petits candidats selon lui. En espérant que le recours ira au Conseil constitutionnel. Selon le candidat, ce coût discriminant va à l’encontre de la liberté d’opinion garantie par la constitution française. Affaire à suivre…

 

 

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.