Marine Le Pen de nouveau tentée par une alliance d’eurosceptiques

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La dirigeante du Front national (FN) vient de se rendre à La Haye pour rencontrer le néerlandais Geert Wilders. Ils souhaitent créer une alliance politique d'extrême droite pour la campagne électorale européenne de 2014.

« C'est une femme politique importante et une bonne amie ». C'est par ces mots que Geert Wilders a décrit Marie Le Pen sur le plateau télévisé néerlandais NOS.

Les deux personnalités ont tenu une conférence de presse commune en fin d'après-midi. Ils ont mis en avant leur projet de collaboration : « Nous [nations] souhaitons retrouver la capacité de décider nous-mêmes de la gestion de nos frontières, de notre monnaie ou des compétences législatives de nos parlements nationaux. Nous espérons le faire en vue de libérer nos pays du "monstre" qui est Bruxelles », a indiqué Geert Wilders.

L'objectif principal de la visite de la Française est d'évoquer la manière dont les deux partis d'extrême droite pourraient collaborer dans l'optique des prochaines élections. Selon Marine Le Pen, une « belle dynamique » a commencé, c'est un « signe des temps » : « Les citoyens européens se dressent contre l'UE. Ils souhaitent défendre leur identité. »

Quand la presse lui demande ce qu'il pense de Jean-Marie, le fondateur du FN accusé de négationnisme, Geert Wilders répond : « Je traite avec le FN d'aujourd'hui et n'ai remarqué aucun racisme ou antisémitisme dans les réflexions de Marine Le Pen »

Le groupe de la société civile Anti-Fascist Action (AFA) a organisé un rassemblement devant le Parlement de La Haye pendant la réunion. Les protestataires ont brandi des pancartes critiquant les points de vue radicaux de Le Pen sur l'immigration et les minorités ethniques.

Création d'une coalition

Les deux personnalités politiques ont commencé à forger des liens plus étroits depuis quelque temps. Au début de 2014, Marine Le Pen a soutenu Geert Wilders pour la prochaine campagne.

Geert Wilders a fait la tournée d'un certain nombre de partis d'extrême droite cet été. Il espère créer une coalition entre son Parti pour la liberté (PVV) et d'autres eurosceptiques dans le prochain Parlement européen.

D'autres partis politiques ont rejoint les discussions informelles, dont : le Vlaams Belang (Belgique), le Parti pour la liberté FPÖ (Autriche), les Vrais Finlandais et la Ligue du Nord (Italie).

Les partis partagent des visions extrémistes sur l'immigration et souhaitent une politique frontalière plus fermée. Ils ont un programme nationaliste et critiquent les institutions européennes.

« C'est un embryon de coopération future », a expliqué l'eurodéputé du Vlaams Belang Philip Claeys à EURACTIV.

« Nous nous penchons sur la création d'une grande coalition. Les circonstances n'ont jamais été aussi prometteuses que maintenant et ce sentiment est partagé [par les responsables politiques eurosceptiques] », a-t-il indiqué.

Les néonazis sont exclus

Les partis présents aux négociations de coalition partagent une vision de droite radicale sur la migration et bon nombre d'observateurs les qualifient de xénophobes. Philip Claeys a cependant souligné que les partis ouvertement néonazis ou fascistes, comme le Jobbik (Hongrie) ou l'Aube dorée (Grèce), étaient exclus de ses projets.

Marine Le Pen et Geert Wilders n'arriveront probablement pas à inclure le Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP). Le parti de Nigel Farage a déjà déclaré qu'il ne comptait pas travailler avec eux.

>> Lire : Le Front national rejette une alliance avec le PVV néerlandais

« Personnellement, j'ai beaucoup de respect pour Nigel Farage », a déclaré le chef du PVV. « J'espère que d'autres partis joindront notre initiative ». Il a toutefois admis que « Nigel Farage n'est pour l'instant pas enclin à collaborer ».

La Ligue du Nord et l'UKIP font tous deux partie du groupe Europe libertés démocratie, constitué de 32 eurodéputés de 11 pays. Les autres partis inclus dans les négociations sont indépendants au Parlement européen.

Il faut au minimum 25 eurodéputés de 7 pays différents pour constituer un groupe politique.

Si les projets de Geert Wilders fonctionnent, ce serait le deuxième groupe parlementaire d'extrême droite à faire son entrée à la suite des élections européennes.

Selon les estimations des politologues, les personnalités politiques eurosceptiques pourraient obtenir entre 90 et 150 sièges au prochain Parlement européen.

Le FN détient pour l'instant trois sièges, mais des sondages récents indiquent qu'il pourrait obtenir 20 % des voix en France.

Le PVV a subi un revers lors des élections législatives en 2012, mais a vite repris du poil de la bête. Selon les derniers sondages, le parti extrémiste pourrait devenir la plus grande force du Parlement, très divisé.

Les partis eurosceptiques en Europe ont fait part de leur volonté d'agir au niveau européen. À l'instar de Geert Wilders, le leader néerlandais de l'extrême droite, qui vient d’entreprendre une tournée en Europe pour tenter de mettre sur pied un nouveau mouvement de partis d'extrême droite en amont des élections européennes.

Peu de partis répondant aux mêmes aspirations sont disposés à adhérer à l'initiative. L'UKIP, le parti eurosceptique le plus virulent du Parlement, a d'emblée rejeté la proposition.

Les partis eurosceptiques se multiplient dans de nombreux États membres, mais leur histoire et leurs causes sont très différentes. Selon des politologues, même si davantage d'eurosceptiques populistes pourraient siéger au prochain Parlement européen, il est toutefois moins probable qu'ils forment une alliance cohérente.

>> Lire le LinksDossier : Élections européennes 2014 : ce qui va changer

  • 22-25 mai 2014 :  élections européennes dans les 28 États membres

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