Nouvelle désertion dans les rangs de Nigel Farage

Bas Belder [Parlement européen]

Bas Belder [Parlement européen]

L’eurodéputé néerlandais Bas Belder vient d’annoncer qu’il rejoignait les rangs des Conservateurs et réformistes européens. Un nouveau coup dur pour le groupe eurosceptique de Nigel Farage, qui peine à conserver ses alliés d’hier.

Et encore une défection dans les rangs du groupe Europe libertés démocratie… Le Néerlandais Bas Belder, le seul élu du Parti politique réformé (SGP), a indiqué sur le site Internet de son parti qu’il rejoindrait le groupe des Conservateurs et réformistes européens (CRE).

Au cours des cinq dernières années, Bas Belder siégeait au Parlement européen dans le groupe de Nigel Farage, Europe libertés démocratie (ELD).

Mais Bas Belder avait toutefois fait campagne dans une coalition avec le parti néerlandais l’Union chrétienne, dont le seul député européen élu faisait partie de la CRE.

« Les consultations de ces derniers jours ont permis d’établir suffisamment de confiance avec Bas Belder pour qu’il rejoigne la faction », peut-on lire dans le communiqué du SGP. La décision du Néerlandais permet à la CRE d’obtenir un siège de plus. Le groupe conservateur totalise donc pour l’instant 64 députés.

Il s’agit d’un coup dur pour Nigel Farage et son groupe. Pour former un groupe au Parlement européen, il faut au minimum 25 députés venant de 7 États membres différents. Le groupe de Nigel Farage a remporté à lui seul 24 sièges aux européennes, mais fait face à certaines difficultés à attirer des représentants d’autres pays.

L’ELD avait déjà perdu des élus de deux pays: les eurodéputés du Parti populaire danois et des Vrais Finlandais, qui ont aussi décidé de gonfler les rangs de la CRE.

 >> Lire : Le parti eurosceptique allemand rejoint les conservateurs britanniques

La CRE a aussi accueilli un certain nombre d’eurodéputés qui ont fait leur entrée au Parlement, comme les eurosceptiques allemands de l’AfD (Alternative für Deutschland). La moisson effectuée par la CRE laisse peu d’options au groupe politique pour conclure des alliances indispensables.

Le Mouvement cinq étoiles est une exception notoire. Après avoir consulté ses membres, la formation de l’Italien Beppe Grillo a décidé de rejoindre le groupe de Nigel Farage au Parlement européen. Le parti lituanien Ordre et justice a également assuré qu’il resterait au sein de l’ELD, selon un courriel consulté par EURACTIV le 12 juin.

Rien n’est encore joué pour le groupe de Marine Le Pen

Dans le même temps, les partis d’extrême droite font également face à des difficultés à rassembler suffisamment de nationalités pour créer un groupe.?

Marine Le Pen, présidente du Front national et le populiste néerlandais Geert Wilders tentent de constituer un groupe qui s’appellera l’Alliance européenne pour la liberté.

D’anciens articles de presse révélaient que ces partis étaient sur le point de former un groupe. Mais, le 16 juin, la presse néerlandaise a indiqué que Geert Wilders hésitait à accorder l’adhésion du Congrès polonais de la Nouvelle droite. Marine Le Pen et Geert Wilders ont confirmé la présence de seulement cinq nationalités, il manque donc deux représentants d’États différents. Dans les prochains jours, ils devraient chercher de nouveaux partenaires potentiels.

Les groupes politiques ont jusqu’au 24 juin pour déposer leur demande, a expliqué à EURACTIV un responsable presse au Parlement européen. La première session plénière du nouveau Parlement européen devrait avoir lieu entre le 1er et le 3 juillet.

Contexte

Malgré la montée des partis antieuropéens, les équilibres politiques restent inchangés à la suite des élections européennes entre le 22 et le 25 mai. Le centre-droit et le centre-gauche sont en bonne voie pour former une grande coalition.

Le Parti populaire européen (PPE) a obtenu 221 sièges au Parlement européen. La deuxième place revient à l'Alliance des socialistes et démocrates (S&D) avec 189 sièges, selon les projections actuelles. L'extrême gauche a arraché 45 sièges, contre 38 pour le Groupe Europe libertés démocratie d'extrême droite.

Les factions au Parlement européen négocient toutefois de nouvelles adhésions avant la première session plénière du Parlement en juillet. Dans l'ensemble, il existe 41 eurodéputés non affiliés et 60 nouveaux eurodéputés entrent en jeu. La plupart de ces formations sont populistes, extrémistes et hostiles à l'intégration européenne.

>> Retrouvez toute l'info sur le nouveau Parlement européen

Prochaines étapes

  • 24 juin : date avant laquelle les groupes doivent déposer leur candidature afin de rentrer au nouveau Parlement européen
  • 1-3 juillet : dernière session plénière du Parlement européen 2009-2014
  • 14-17 juillet :deuxième session plénière

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