Olli Rehn en pole position chez les libéraux

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Olli Rehn s'est assuré le soutien de 14 partis libéraux pour devenir la tête de liste de l'Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe (ADLE) pour les élections européennes.

Le commissaire européen en charge des affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, est entré par la grande porte dans la course à la tête de liste des libéraux européens.

Selon des membres du parti de l'Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe (ADLE), Olli Rehn est en pole position pour devenir le candidat du parti à la présidence de la Commission européenne.

Il a reçu le soutien de plusieurs personnalités politiques dans une lettre de désignation, révélée par le Financial Times : le premier ministre estonien, Ansip Andrus , le vice-premier ministre britannique, Nick Clegg, et d'autres dirigeants des partis libéraux en Allemagne, en Bulgarie, en Croatie, à Chypre, au Danemark, en Finlande et en Suède.

Les dirigeants du parti expliquent qu'« il est plus important que jamais de construire une société plus juste grâce à une approche libérale et forte ». « Nous avons besoin d'un programme libéral ambitieux mais pragmatique ainsi que courageux mais responsable pour les élections européennes », ajoutent-ils.

« Le parti ADLE doit s'occuper en priorité de ces défis [dont la stabilité du système financier, une économie plus forte et le chômage des jeunes] au cours des cinq prochaines années et choisir un candidat au poste de président de la Commission qui puisse s'attaquer sans ambages ces problèmes », poursuivent-ils.

« Oli Rehn […] dispose d'une expérience solide grâce à ses deux mandats de commissaire et celui d’eurodéputé. Son expérience constitue un atout énorme pour le parti ADLE et la Commission européenne », écrivent les responsables politiques.

Le commissaire finlandais a annoncé au début du mois de décembre son ambition de se présenter comme candidat à la présidence de la Commission européenne.

Selon des sources au sein de son parti, ces soutiens sont forts et augmentent les chances d'Olli Rehn d'accéder à la tête de liste.

Déclaration de soutien

Les dirigeants de parti ADLE se rassembleront le 19 décembre lors d'une réunion peu avant le sommet européen à Bruxelles. Ils expliqueront en détail les méthodes qu'ils utiliseront pour désigner leur candidat commun. L'annonce du candidat aura lieu lors du congrès électoral du parti à Bruxelles le 1er février 2014.

Les 32 représentants des différents partis membres seront amenés à s'exprimer à cette occasion. La représentation de chaque dirigeant dépend du nombre de sièges dont dispose son parti  au parlement national.

Son principal concurrent, Guy Verhofstadt, le président de l'ADLE au Parlement européen et ancien premier ministre belge, a été quant à lui désigné par les partis membres du Benelux. Après le dépôt de sa candidature, il a réussi à recevoir des soutiens nouveaux du côté des partis membres roumains et autrichiens.

Même si Nick Clegg, le leader du parti britannique LibDem, soutient le commissaire Olli Rehn, certains membres de son parti, sous la houlette de l'eurodéputé Chris Davies, s'opposent à sa décision. Le LibDem est l'un des plus grands partis européens, mais des divisions internes sur le choix du futur candidat risquent d'émerger.

Guy Verhofstadt remis en doute

Guy Verhofstadt est l'un des plus fervents fédéralistes européens. En 2005, il a publié un livre intitulé « Les États-Unis d'Europe ». Il est également l'un des initiateurs du groupe d'eurodéputés fédéralistes, Spinelli, lancé en 2010.

En novembre, il a fait l’objet de critiques de la part de membres du parti libéral néerlandais, le VVD. L'ancien commissaire Frits Bolkestein a par exemple accusé le Belge d’être insensé. « Les europhiles sont plus dangereux que les eurosceptiques pour l'Europe », a-t-il ajouté.

Le VVD a néanmoins demandé à ce dernier de retirer ses propos. Ce parti soutient par ailleurs la candidature de Guy Verhofstadt.

Président de la Commission européenne

La tête de liste de la campagne se posera également comme candidat successeur à José Manuel Barroso. Grâce à la désignation de tête de liste, les partis européens espèrent mettre en avant leur propre candidat avec le soutien d’une majorité parlementaire. L'objectif est d'éviter que les États membres prennent des décisions en coulisse lors du Conseil européen afin de nommer le futur président.

Jusqu'à présent, deux candidats communs ont été annoncés : Martin Schulz, pour le Parti socialiste européen (PSE) et le grec Alexis Tsipras de la gauche radicale, pour la Gauche européenne.

Le candidat libéral sera opposé à d'autres candidats communs lors de la campagne pour les élections de mai 2014. L'ADLE est le troisième parti de l'actuel Parlement européen, une position qui rend peu probable que son candidat devienne le prochain président de la Commission européenne.

>> Lire le LinksDossier d'EURACTIV :  Élections européennes 2014 : ce sera différent cette fois-ci ?

Les prochaines élections européennes seront organisées dans tous les États membres en mai 2014. Ce seront les huitièmes élections du Parlement européen depuis les premières élections directes en 1979.

Le traité de Lisbonne, entré en vigueur le 1er décembre 2009, prévoit que le Parlement européen élira le président de la Commission sur la base d'une proposition du Conseil qui tiendra compte des élections européennes (Article 17, alinéa 7 du TUE).  Cette disposition s'appliquera pour la première fois dans le cadre des élections de 2014.

Des partis d'extrême droite constitueront une coalition pour les élections européennes. Ils pourraient rendre les enjeux d’autant plus grands pour les campagnes électorales menées par les partis traditionnels. Dans les mois à venir, les partis traditionnels devront préciser leurs programmes communs, fondements de leur campagne commune et des partis nationaux dans les campagnes nationales.

>> Lire notre linksdossier sur les élections européennes

  • 19-20 déc. 2013 :  les dirigeants libéraux discutent de leur candidat commun pour la présidence de la Commission lors d'un sommet en amont du sommet européen à Bruxelles
  • 20 déc. 2013 : clôture officielle des candidatures
  • 1er févr. 2014 : congrès électoral de l'ADLE à Bruxelles pour désigner leur candidat commun
  • 22-25 mai 2014 :  élections européennes dans les 28 États membres

Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe (ADLE)

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