Victoire historique de la gauche radicale en Grèce

Alexis Tsipras. Bologna, May 2014. [Laurenzo Gaudenzi/Flickr]

La gauche radicale arrive pour la première fois en tête des européennes en Grèce. Syriza dispose d’une avance confortable sur les autres partis, notamment sur celui du premier ministre grec, Nouvelle démocratie.

Alexis Tsipras, leader de la gauche radicale grecque, Syriza, et candidat à la présidence de la Commission de la Gauche unitaire européenne (GUE), a obtenu près de 27 % aux élections européennes dans son pays.

Un score sur lequel la coalition de la gauche radicale s’est appuyée pour affirmer que le gouvernement actuel n’avait aucune légitimité en vue de poursuivre son mandat et a appelé à la tenue de nouvelles législatives. Le premier ministre grec, Antonis Samaras, a rejeté en bloc cette éventualité.

Syriza a engrangé 26,6 % des suffrages grecs, suivi par le parti du premier ministre, Nouvelle Démocratie, avec 22,1 %. Les deux partis obtiennent ainsi respectivement 6 et 5 sièges au sein du nouveau Parlement européen.

Le parti néo-nazi, l’Aube dorée, s’assure la troisième position avec 9,4 % des votes, soit trois sièges. La coalition de « l’Olivier », construite autour du PASOK, le parti socialiste grec, a quant à elle recueilli 8,1 % des votes et devrait obtenir entre 1 et 2 sièges.

Lors des dernières élections européennes de 2009, le PASOK avait recueilli 36,7 % des suffrages.

Le nouveau parti Potami (« La Rivière »), qui n’a jusqu’à maintenant pas révélé ses intentions d’affiliation au sein du prochain Parlement européen, occupe la cinquième place avec 6,6 % des voix, ce qui correspond à 1 ou 2 sièges. Le parti communiste, le KKE, a obtenu pour sa part 6,06 % des voix, soit 1 à 2 sièges également. Le parti eurosceptique de droite, les Grecs indépendants, assure un siège avec 3,43 %.

Enfin, le parti de la Gauche démocrate, ancien partenaire minoritaire de la coalition gouvernementale, a récupéré seulement 1,21 % des voix et n’enverra aucun eurodéputé dans le prochain Parlement européen.

Une hausse du taux de participation

Une autre tendance importante à souligner est la hausse du taux de participation national aux européennes. Le taux de participation s’élève à 58,22 %, ce qui représente une progression de près de 6 % par rapport aux dernières élections européennes de 2009.

Le premier ministre grec, Antonis Samaras, a commenté les résultats nationaux des européennes et ne compte pas organiser de nouvelles élections législatives.

« Avec ce vote, les Grecs ont envoyé un message au gouvernement d'une part et rejeté la principale force d'opposition d'autre part...Je sais ce qui doit changer et nous allons agir aussi vite que possible », a-t-il déclaré.

« Nous avons passé la plus grande épreuve que notre pays n'a jamais traversée en temps de crise. Nous sommes en train d’en sortir et notre économie est aux portes de la reprise [...] nous avons évité un retour en arrière cauchemardesque », a-t-il poursuivi.

Alexis Tsipras, le leader d'opposition et candidat à la présidence de la Commission européenne, a demandé la tenue de nouvelles législatives.

« Aujourd'hui est une journée historique pour nos citoyens qui ont clairement et fermement condamné le gouvernement Samaras ainsi que le mémorandum.Pour la première fois, la gauche s'est hissée à la première place avec un avance significative », a-t-il déclaré.

« Les résultats d'aujourd'hui ont réduit à néant la légitimité du gouvernement [...] et Antonis Samaras fait comme s'il ne l'avait pas compris.Avec quelle légitimité morale et politique va-t-il négocier la dette du pays et imposer de nouvelles mesures ainsi qu'un nouveau mémorandum ? », s'est-il interrogé.

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