A La Villette, Macron insiste sur les valeurs républicaines et l’Europe

Un drapeau européen au meeting de Macron à la Villette, le 1er mai. Photo euractiv.fr

Le candidat a développé, lors d’un meeting ayant réuni 12.000 personnes à Paris, le 1er mai, son credo anti-FN. Il a aussi clairement dénoncé les régimes d’Orban, Kacszynski et Poutine, et envisagé une nouvelle expertise sur le CETA, s’il est élu.

« Ce qui se joue le 7 mai, c’est l’avenir de la France, c’est l’avenir de l’Europe ». C’est au milieu des drapeaux européens qu’Emmanuel Macron a démarré son meeting parisien, porte de la Villette, le 1er mai à Paris.

« Le FN utilise la colère, propage le mensonge, fomente des divisions. Mais dimanche dernier, nous étions devant eux, et la victoire elle est déjà là » a assuré le candidat, assurant qu’En Marche était le mouvement de l’espoir, de l’optimisme.

Il a aussi développé les attaques contre le FN en s’appuyant sur les derniers revirements du programme de Marine Le Pen.

« On nous explique qu’on aura le matin le franc et le soir l’euro » a ironisé le candidat. Après son alliance avec Nicolas Dupont-Aignan, annoncée le 29 avril, le FN a modéré son discours sur la sortie de l’euro, qui ne convainc pas les Français.

Le parti d’extrême-droite envisage désormais plusieurs étapes avant la sortie de l’euro, et une monnaie commune cohabitant avec le franc.

« Ce qu’on nous propose, c’est que la France sorte de l’Europe, du monde, et de l’Histoire » a résumé le candidat, insistant sur les conséquences économiques néfastes pour les salariés,  retraités et petits épargnants d’une sortie de l’euro.

Contre les valeurs d’Orban, Kacszynski et Poutine

Le candidat a ausssi fortement dénoncé ce qu’il appelle les alliés de Marine Le Pen, en condamnant les valeurs des régimes d’Orban en Hongrie, de Kacszynski en Pologne, et de Poutine en Russie. Une diatribe annonçant une politique européenne plutôt forte face aux trois pays.

Un peu plus tôt dans la matinée, la candidate du FN avait attaqué l’ancien conseiller du président français, l’accusant d’être un « clone de Hollande », tandis que son père, Jean-Marie Le Pen, l’accusait de ne pouvoir avoir de vision sur l’avenir, n’ayant pas lui-même d’enfants.

« Le FN se nourrit de mensonges, notamment sur Internet, où l’on peut tout dire » a regretté le candidat. Il a aussi joué la carte intello, un terrain sur lequel il gagne sans trop d’effort, en citant le philosophe Paul Ricoeur, qu’il avait un temps assisté dans son travail. « Mon autorité vient de ce que j’ai lu plus de livres » disait-il.

Révision du CETA ?

Disant être à l’écoute de ceux qui doutent de l’Europe, Emmanuel Macron a aussi insisté sur l’accord de libre-échange avec le Canada, le CETA, qui doit entrer en vigueur sous peu. S’il est élu, Macron mettra en place un comité d’experts chargé, en 3 mois, de donner un point de vue sur les conséquences notamment environnementales de l’accord. Et en fonction, il demandera aux partenaires européens de modifier l’accord, a-t-il assuré.

Il a aussi promis de revoir la directive travailleurs détachés – qui est déjà en cours de révision, pour éviter la concurrence déloyale.

« Soyons fiers d’être Français » a-t-il assuré en conclusion, de son meeting, non sans avoir insisté sur l’Europe à plusieurs reprises, et alors que les militants scandaient « Macron président »,  « On va gagner ». Mais aussi, et de façon plus inhabituelle depuis plusieurs décennies en France, « l’Eu-rope, l’Eu-rope ».

Emmanuel Macron se pose en europhile assumé

Avec son mouvement En Marche, le ministre de l’Economie laisse planer le doute sur ses intentions électorales. Il est le seul candidat potentiel pour 2017 à placer l’Europe au coeur de ses priorités.

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