Les convictions de Farron plombent la campagne des Lib Dems

Tim Farron [Andy Rain/EPA]

Le parti britannique le plus franchement pro-européen est confronté à une controverse autour des convictions Tim Farron, notamment à propos de l’avortement. Un élément qui pénalise l’appel du parti à un second référendum sur le Brexit.

Tim Farron, le dirigeant des démocrates libéraux, est hanté par une interview donnée il y a dix ans, dans laquelle il dénonce l’avortement. Une opinion gênante pour un parti qui courtise les 48 % des électeurs britanniques qui ont voté pour l’Europe, et souvent

Le parti, qui faisait partie du gouvernement de 2010-2015, avait espéré capitaliser sur son statut de seul grand parti europhile pour récupérer les plus de 40 sièges perdus lors de l’élection de 2015. Le positionnement des Lib Dems n’a cependant pas l’effet escompté. Certains mettent en cause Tim Farron et ses prises de positions pour expliquer le manque de dynamisme du parti.

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Les homosexuels                                                                

Tim Farron, qui a remplacé Nick Clegg après les élections catastrophiques de 2015, est évangéliste. Il a passé le mois d’avril et la plus grande partie du début de campagne à éviter les questions sur son avis sur les relations sexuelles entre homosexuels.

Il a d’abord refusé de dire clairement qu’il s’agissait en soi d’un « pêché » et de clarifier ses convictions religieuses lors d’interviews télévisées, se limitant à déclarer que « nous sommes tous pêcheurs ». Lors d’un débat au parlement, il a tout de même fini par assurer qu’il ne pensait pas qu’il s’agissait d’un pêché.

L’attention du public s’est alors tournée vers l’avortement, légalisé dans les années 1960 et rarement abordé dans la sphère politique. Les députés votent sur le sujet de manière personnelle, sans suivre les instructions de leur parti.

Celui-ci a beau avoir voté pour la légalisation du mariage homosexuel en 2013, ce qu’il répète à l’envi, ses déclarations ont écœuré certains électeurs du parti, traditionnellement des libéraux issus des classes moyennes.

Alors que la concurrence fait rage entre le parti travailliste, le parti conservateur et les Lib Dems pour obtenir de l’audience, chaque question sur les opinions de Tim Farron gâche un temps précieux de sa campagne, qu’il préfèrerait sans aucun doute dédier au Brexit, à l’environnement et à la décentralisation des pouvoirs, des thèmes clés pour le parti.

Dans une interview en 2007, alors qu’il était déjà député, le leader des démocrates libéraux avait déclaré : « Prenez la question de l’avortement. Personnellement, je voudrais éliminer cela. L’avortement, c’est mauvais. »

« Tim a été très clair, il a changé d’avis », a défendu Ed Davey, également membre du parti, et les Lib Dems ne comptent pas revenir sur la loi de 1960. « Il est pro-choix et les démocrates libéraux estiment que les femmes doivent pouvoir choisir. »

Discrimination des convictions ?

Lors de l’une des nombreuses interviews abordant le sujet, Tim Farron a estimé étrange que les médias se concentrent autant sur sa foi, et pense qu’il n’est pas le seul à en avoir une. « Je suis l’une des millions de personnes dans ce pays qui ont une foi, certains sont chrétiens, d’autres non, et la majorité n’a probablement pas de religion », a-t-il souligné.

Les conservateurs aimeraient sans doute récupérer le siège de Tim Farron, qui a été occupé par l’un des leurs pendant 95 ans, avant l’élection du démocrate libéral en 2005, avec seulement 276 voix de plus que son rival conservateur.

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