Alerte abstention : 8 jeunes sur 10 risquent de ne pas voter aux européennes

Les jeunes Français représentent le groupe de population le plus abstentionniste. shutterstock

Les jeunes sont les premières victimes du manque d’information sur l’UE, le démarrage tardif de la campagne et une défiance accrue à l’égard des institutions.

Lors des élections européennes de 2014, les jeunes étaient déjà la population la plus abstentionniste. Le 26 mai prochain, la situation risque de ne pas être très différente.

Selon un sondage Ifop pour les Jeunes européens France, et l’Anacej, le réseau d’acteurs et d’élus enfance et jeunesse, 77 % des moins de 22 ans n’ont pas l’intention d’aller voter, soit quasiment 8 jeunes sur 10.

Sur l’ensemble de la population, 59,5 % des Français sont au diapason, ce qui risque de se traduire par un des votes les plus abstentionnistes de l’histoire des élections européennes, avec seulement 4 personnes sur 10 qui décident pour la totalité de la population

Les jeunes ne reflètent donc qu’un tableau plus général de la population française : la défiance à l’égard du système électoral et des institutions incite peu à aller voter, et les élections européennes encore moins.

«  Ce qui est terrible, c’est que 8 jeunes sur 10 ne vont pas donner leur avis » se désole Simon Roger, de l’Anacej, qui pointe une augmentation de la crise de confiance entre institutions et citoyens.

Le manque d’information, principal motif d’abstention des jeunes

Le manque d’information sur les institutions et leur utilité semble rejoindre les préoccupations diverses des jeunes pour expliquer leurs interrogations. Si la plupart d’entre eux connaissent le nom des institutions, peu savent expliquer à quoi elles servent. Par ailleurs, leurs préoccupations sont surtout nationales : chômages, pouvoir d’achat et santé sont au cœur des préoccupations des jeunes.

Les jeunes Français ne connaissent pas si bien l’Europe : 56 % d’entre eux ont certes effectué un voyage scolaire, mais 13 % seulement sont partis en Erasmus.

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Aspiration au vote blanc

Enfin 70 % des jeunes voudraient mieux comprendre l’Europe, et 67 % souhaitent voir le vote blanc pris en compte dans le comptage des votes, ce qui n’est pas le cas. Un élément qui montre que les jeunes ne se retrouvent pas dans les programmes politiques.

« Cette question du vote blanc est un élément nouveau : c’est un déterminant qui pourrait les inciter à voter plus facilement, et mieux se reconnaître dans les programmes » assure Simon Roger.

Autre élément perturbant, le mode de scrutin a changé avec des listes non plus régionales mais nationales.

Avec une avalanche de programmes (RN, LREM, PS) diffusés seulement 2 ou 3 semaines avant la date du vote, les débutants en politique ne sont pas sans doute pas les seuls à considérer le choix compliqué.

Ce qui se retrouve d’ailleurs du côté des intentions de vote, qui sont plus éparpillées que celles de la population : les partis majoritaires sont aussi en tête chez les moins de 22 ans, mais dans une moindre mesure. RN et LREM devraient rassemblent chacun 19 % des votes des quelques jeunes qui votent, alors que les Verts rassemblent 16 % des intentions de vote, contre 8 % sur le reste de la population.

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