Amélie de Montchalin battue aux législatives, vacance au ministère de la Transition écologique

La nouvelle ministre de la Tansition écologique et de la Cohésion des territoires, Amélie de Montchalin, vient d'être battue aux élections législatives dans la 6ème circonscription de l'Essone. [EPA-EFE/KENZO TRIBOUILLARD / POOL]

Amélie de Montchalin, ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires depuis le 20 mai 2022, vient d’être battue aux législatives par le candidat de la gauche unie (NUPES). Double sanction, puisque cette défaite devrait lui coûter son poste boulevard Saint-Germain.

En recueillant 46,6% des voix dans la 6ème circonscription de l’Essone face au candidat socialiste de la NUPES Jérôme Guedj, la conseillère régionale d’Île-de-France rate l’occasion d’asseoir son influence sur la politique française.

À 1 336 voix près, elle vient en effet de perdre sa place au gouvernement. Car comme le demandait Emmanuel Macron en 2017, tout ministre déchu lors d’une élection doit démissionner. En ce sens, la porte-parole du gouvernement, Olivia Grégoire, a annoncé au micro de France Inter lundi (20 juin) un remaniement « dans les prochains jours ».

3 ministres battus

Cette année, ce ne sont pas moins de 15 ministres qui se sont présentés lors des législatives. Si Elisabeth Borne, Olivier Véran, Clément Beaune ou Gabriel Attal par exemple, sont confortés, d’autres devraient quitter prochainement le gouvernement.

C’est ainsi le cas d’Amélie de Montchalin, mais aussi de Brigitte Bourguignon, ministre de la Santé, battue par le Rassemblement National (RN) dans la 6ème circonscription du Pas-de-Calais. Pareillement pour Justine Benin, secrétaire d’État à la Mer, battue dans la 2ème circonscription de Guadeloupe.

Législatives 2022 : sans majorité pour Emmanuel Macron, le risque d’une crise institutionnelle

Après le second tour des élections législatives dimanche (19 juin), les premières estimations sont un coup dur pour le parti d’Emmanuel Macron qui ne parvient pas à sécuriser une majorité absolue tandis que la gauche progresse sans atteindre le but d’obtenir une majorité.

Des personnalités politiques importantes de la macronie sont également éjectées de la représentation nationale. C’est ainsi le cas de l’ancienne ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Elisabeth Moreno. Même chose pour l’ancienne ministre déléguée chargée des Sports, Roxana Maracineanu, désavouée.

Christophe Castaner, ancien ministre de l’Intérieur et marcheur de la première heure, échoue aussi. Le Président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand est également dépossédé de son siège.

Gouvernement tourné vers les questions écologiques et énergétiques

Amélie de Montchalin fut nommée à l’un des postes clés du nouveau gouvernement Borne. Emmanuel Macron a en effet profité de son second mandat pour marteler l’importance que devraient prendre les problématiques écologiques dans ses politiques.

Il a pour cela mis en place un trio. Tout d’abord, comme dévoilé lors de son meeting d’entre-deux-tours à Marseille le 16 avril 2022, le Premier ministre est « directement chargé de la planification écologique ».

Ensuite, deux ministres viennent l’épauler dans sa tâche : un ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires (Amélie de Montchalin), ainsi qu’un ministre de la Transition énergétique (Agnès Pannier-Runacher).

Quelle écologie avec le RN ?

Mais sans Mme de Montchalin au gouvernement, et face au désaveu des Français, quel cap écologique le président de la République va-t-il pouvoir tenir ? À l’Assemblée, la percée historique du RN — qui multiplie par plus de 10 son nombre de députés, passant de 8 en 2017 à 88 — devrait conforter le gouvernement dans ses visions nucléaristes.

Un résultat historique et inattendu pour le Rassemblement national de Marine Le Pen

A l’issue du second tour des élections législatives dimanche (19 juin), le parti d’extrême droite Rassemblement National (RN) a créé la surprise, en remportant plus de 80 sièges, selon les premières estimations.

En revanche, l’extrême-droite est farouchement opposée au développement de l’éolien. Pourtant, la tendance est aux projets de grande ampleur, à l’image par exemple du nouveau parc éolien en mer au large de Saint-Nazaire en Loire-Atlantique. 27 turbines sur 80 viennent d’être mises en fonctionnement, délivrant les premiers mégawattheures (MWh) français issus de l’éolien offshore.

Néanmoins, la NUPES devient l’opposition principale devant le RN. Dès lors, si l’union subsiste, quid du futur ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires ? Le président de la République pourrait en effet être amené à nommer un responsable de gauche, notamment en provenance d’Europe Écologie Les Verts.

Le parti vient de faire un score historique aux législatives (23 députés) et dispose d’une branche centre-gauche compatible avec les visions européistes d’Emmanuel Macron.

D’autant que selon certains observateurs, Yannick Jadot était pressenti au gouvernement, notamment au poste qu’occupe encore actuellement Mme de Montchalin.

Subscribe to our newsletters

Subscribe