Angela Merkel aurait minimisé les risques d’un nouveau renflouement de la Grèce

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Les partis allemands d’opposition ont accusé la chancelière Angela Merkel de mensonges avant les élections de septembre. Elle aurait minimisé les risques liés à un nouveau soutien financier pour la Grèce. 

Le Spiegel a cité un rapport interne de la Bundesbank. La banque centrale allemande prédit que les États européens « vont certainement s'accorder sur un nouveau plan d'aide à la Grèce » d'ici début 2014 au plus tard, explique l'article.

La Bundesbank n'était pas disponible pour commenter ces informations. Selon l'hebdomadaire allemand, la banque qualifie d'« extrêmement élevés » les risques liés au plan d'aide en cours et critique le feu vert donné en juillet au versement à Athènes d'une enveloppe de 5,8 milliards d'euros. Une décision qu'elle juge « motivée par des intérêts politiques ».

Ce rapport ne pouvait pas tomber à un plus mauvais moment pour la chancelière allemande. Elle est en bonne voie pour remporter un troisième mandat lors des élections fédérales. Mais elle pourrait ne pas conserver suffisamment d'électeurs pour rester au pouvoir en compagnie de son partenaire préféré, le Parti libéral-démocrate, favorable au monde entrepreneurial.

Consciente que les électeurs allemands voient des renflouements supplémentaires d'un mauvais œil, elle a à plusieurs reprises minimisé la nécessité d'accorder une aide supplémentaire ou un allégement de la dette à la Grèce. Et ce, malgré les opinions divergentes d'experts provenant notamment du Fonds monétaire international (FMI).

Des responsables politiques de l'opposition ont tiré profit de ce rapport. L'expert en politique budgétaire du Parti social-démocrate, Carsten Schneider, a par exemple accusé la chancelière d'avoir menti aux citoyens allemands de peur d'un revers électoral.

« Le réveil après les élections sera brutal », a indiqué M. Schneider dans un communiqué. « En contestant la nécessité d'une aide supplémentaire à la Grèce, la chancelière ment au peuple avant les élections. »

Le ministère des finances s'est abstenu de tout commentaire.

La plus grande économie de la zone euro est la plus exposée à la Grèce. Un pays qui a reçu deux plans de sauvetage de l'Union européenne et du FMI pour un total de 240 milliards d'euros.

Le plan d'assistance est censé durer jusqu'à la fin 2014, la Grèce devra donc trouver elle-même des marchés capitaux d'ici là afin d'éviter une nouvelle aide.

« Poudre aux yeux »

Bernd Lucke, le dirigeant d'un nouveau parti anti-euro, Alternative pour l'Allemagne, a accusé le gouvernement de centre-droit d'Angela Merkel de « jeter de la poudre aux yeux » des électeurs en refusant d'admettre la vérité sur la situation en Grèce en amont des élections prévues le 22 septembre.

Le FMI a reconnu au début du mois de juin que des erreurs avaient été commises lors du premier renflouement en mai 2010, un reproche en direction de la Commission européenne.

Le FMI a, par exemple, déclaré que les bailleurs de fonds internationaux auraient dû envisager une restructuration de la dette des actionnaires privés du pays en 2010.  Ils ont toutefois attendu deux ans pour ce faire. Un retard qui a permis aux investisseurs privés de vendre leurs obligations grecques et de reporter le fardeau vers les gouvernements de la zone euro et leurs contribuables.

Un document publié récemment par le Peterson Institute for International Economics est également critique. L'institut y explique que les contribuables européens courent le plus de risque.

« Il n'existe plus aucun « tampon » privé pour le moment qui puisse protéger le contribuable européen des conséquences d'une détérioration de la crise », peut-on lire dans le document.

Au cours des derniers mois, les dirigeants européens, dont Angela Merkel, ont salué le travail du gouvernement grec dans les réformes entreprises en échange d'un plan de sauvetage. Selon le Spiegel, la Bundesbank estime que les mesures prises par Athènes étaient « à peine satisfaisantes ».

Les Allemands se rendront aux urnes le 22 septembre 2013. Le pouvoir pourrait rester entre les mains de la coalition conservatrice actuellement en place, composée en grande partie de l'Union chrétienne-démocrate d'Angela Merkel. Ou passer aux sociaux-démocrates ou à une nouvelle coalition.

Dans la course aux élections, l'Europe n'est pas à l'ordre du jour. >> Lire le linksdossier : Élections allemandes 2013 : ne mentionnez pas l’Europe

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