Angela Merkel ne devrait pas quitter son poste de chancelière tout de suite

La chancelière allemande Angela Merkel (à gauche) et le ministre des Finances Olaf Scholz (à droite) assistent à une réunion hebdomadaire du cabinet du gouvernement fédéral allemand avant les élections nationales, à la chancellerie de Berlin, en Allemagne, le 22 septembre 2021. Les élections fédérales allemandes se tiendront le 26 septembre 2021. EPA-EFE/HENNING SCHACHT / POOL

Alors qu’Angela Merkel a fait ses adieux le 21 septembre à Stralsund, sa circonscription pendant 30 ans, et sa dernière visite à Paris en tant que chancelière, le 16 septembre, tout pourrait laisser penser, à tort, que Mme Merkel s’apprête à quitter la scène internationale.

Tandis que l’Europe se prépare aux élections du 26 septembre à Berlin, Mme Merkel et son équipe ministérielle devrait constituer un gouvernement intérimaire jusqu’à la formation d’un nouveau gouvernement. Ce processus prend généralement un certain temps.

« D’ici à la formation du prochain gouvernement, Madame la Chancelière, chère Angela Merkel, et moi-même continuerons à travailler main dans la main sur les grands dossiers », a déclaré le président français Emmanuel Macron à l’occasion de la visite de Mme Merkel à Paris, le 16 septembre.

La chancelière allemande a déclaré qu’ils s’efforceraient tous deux de garantir qu’il n’y ait pas de blocage au niveau des décisions importantes, soulignant que l’Afghanistan, la Biélorussie, l’Ukraine et les objectifs de l’UE en matière de réduction des émissions, étaient des problématiques majeures.

Toutefois, les partenaires de l’Allemagne vont devoir face faire à un certain laps de temps durant lequel Mme Merkel continuera à représenter le pays en tant que chancelière par intérim, dans l’attente d’un futur gouvernement qui pourrait très bien être dirigé par un autre parti que le sien.

Alors que l’UE et l’Allemagne doivent prendre des décisions, mener des négociations en cours et participer à des sommets internationaux cruciaux, les partenaires de l’Allemagne pourraient s’interroger quant à valeur qu’ils peuvent accorder aux engagements d’une chancelière par intérim.

Ces derniers ne sauront pas non plus combien de temps prendra la formation d’un nouveau gouvernement après le scrutin du 26 septembre.

La formation du nouveau gouvernement allemand se fera-t-elle en un mois, comme en 2009, ou prendra-t-elle 172 jours, comme en 2017 ?

La plupart des observateurs s’accordent à dire qu’il est peu probable que le record de 2017 soit battu. Il est cependant difficile de prévoir combien de temps cela prendra. Les 86 jours nécessaires en 2013 constituent une base de référence raisonnable.

Quoi qu’il en soit, Angela Merkel sera chancelière par intérim pendant des mois. Cette période pourrait inclure le sommet UE-Balkans occidentaux en Slovénie début octobre, le sommet du G20 à Rome fin octobre et la COP26 à Glasgow en novembre. L’Allemagne reprendra ensuite la présidence du G7 en 2022.

L’importante COP26

Pour Mme Merkel, la « chancelière du climat », la préparation et la participation à la COP26 organisée par le Royaume-Uni en novembre à Glasgow ne sont déjà pas exclues, a déclaré un porte-parole du gouvernement à EURACTIV.

Le gouvernement actuel cherche à « faire avancer la protection du climat dans le monde », ce que l’administration intérimaire devrait continuer à faire le 26 septembre. Le gouvernement cherchera également à « se conformer à toutes les obligations internationales et nationales en la matière », a ajouté le porte-parole.

Sur le plan juridique, un gouvernement intérimaire est libre de ses actions. Toutefois, les constitutionnalistes estiment que la nature transitoire des gouvernements intérimaires « exige la plus grande retenue politique possible », selon le Bundestag allemand.

La COP26 a pour objectif de « garantir l’élimination nette du carbone au niveau mondial d’ici le milieu du siècle et de maintenir le seuil de 1,5 degré à portée de main ». Pour y parvenir, elle appelle les pays à accélérer l’élimination progressive du charbon. Elle demande également aux pays développés de respecter leur promesse de financement annuel de 100 milliards de dollars pour le climat.

La chancelière par intérim, Mme Merkel, laisse derrière elle un pays qui n’a pas encore promis des montants suffisants pour le financement du climat avant la COP26 et dont l’élimination progressive du charbon est prévue pour 2038.

Le 21 septembre, John Nordbo, membre de Care International, a déclaré que les pays riches, à l’exception du Luxembourg, de la Norvège et de la Suède, devaient prendre des engagements supplémentaires en matière de financement climatique.

Quant à savoir si la chancelière par intérim, Mme Merkel, sera en mesure de pousser la quatrième économie mondiale à accélérer l’élimination du charbon ou si elle sera en mesure d’engager des fonds supplémentaires pour le climat, cela reste politiquement discutable.

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