Après 100 jours au pouvoir, Merkel cherche toujours à former son gouvernement

Angela Merkel lors de la convention de la CDU EPA-EFE/FOCKE STRANGMANN

La chancelière allemande, Angela Merkel, a célébré le 2 janvier ses 100 premiers jours à la tête du gouvernement. Mais demeure dans l’attente de l’ouverture des négociations avec les socio-démocrates. Un article d’Euroefe.

2018 n’a pas donné de nouvel élan à un gouvernement qui, résigné, n’envisage une grande coalition entre le bloc conservateur d’Angela Merkel et les socio-démocrates de Martin Schulz, que pour éviter de nouvelles élections.

Dans son message de bonne année, la chancelière allemande a prévenu que l’Allemagne ne pouvait pas se permettre de continuer indéfiniment dans cette situation. « Le monde ne nous attend pas », a-t-elle déclaré. Les négociations débuteront le 7 janvier, après un premier échec pour former une coalition avec les libéraux et les verts.

Le 3 janvier, l’Union chrétienne-démocrate (CDU) d’Angela Merkel, l’Union sociale chrétienne de Bavière (CSU) de Horst Seehofer et le Parti social-démocrate (SPD) de Martin Schulz se rencontrent afin de préparer la réunion de dimanche. C’est la première rencontre officielle entre les trois partis.

Merkel rencontre les sociaux-démocrates pour sortir de l'impasse

Angela Merkel s’est entretenue avec le président des sociaux-démocrates pour tenter de sortir l’Allemagne de la crise politique qui la mine, dans un contexte alourdi par une controverse autour de l’autorisation du glyphosate.

Pour en arriver là, il a fallu surmonter le refus initial de Martin Schulz pour reformer une grande coalition, ce qui a couté à Angela Merkel du temps et de la crédibilité. Les médias allemands la disent d’ailleurs acculée à un « crépuscule politique ».

Les divergences entre les trois partis restent flagrantes tant sur la politique européenne que sur la question des réfugiés. Sur ce dernier point, la Bavière est sur le devant de la scène puisque la majorité des 1,3 million de demandeurs d’asile sont entrés par cet état fédéré d’Allemagne depuis 2015.

La CSU organise à partir de jeudi sa traditionnelle convention des rois mages au couvent bavarois de Seeon. Viktor Orbán, le Premier ministre hongrois y est invité.

Visiteur habituel des grands rendez-vous de la CSU et ami politique de Horst Seehofer, Viktor Orbán est toutefois devenu un élément embarrassant pour l’Europe de la cohésion voulue par Emmanuel Macron, et à laquelle adhère Martin Schulz adhère pour donner un nouveau souffle au couple franco-allemand.

Domination de la CSU

Viktor Orbán représente par ailleurs la ligne dure de la politique migratoire, que la CSU bavaroise veut intégrer à son programme pour les élections régionales qui auront lieu cette année dans cet état allemand et qui seront surement marquées par la montée de l’extrême droite, Alternative pour l’Allemagne (AfD).

Lors de sa convention, la CSU proposera de couper les aides aux réfugiés et de renforcer la surveillance des demandeurs d’asile mineurs.

« L’Allemagne ne peut pas continuer d’être un lieu d’attraction pour les réfugiés du monde entier ni d’accueillir les apprentis djihadistes », a défendu le chef de file du parti, Alexander Dobrindt.

Une décision sur l’immigration attendue d’ici juin

Les dirigeants européens se préparent à un début d’année 2018 difficile sur la question de l’immigration. Le Conseil et la Commission sont toutefois d’accord sur un point : éviter un vote qui divisera les États.

La CSU veut ainsi faire face à la montée de l’AfD. Aux élections générales du 24 septembre, la CSU a obtenu 38 % dans sa région, un pourcentage qui fait des jaloux à échelle nationale dans les rangs de Merkel. Son parti, la CDU, est tombé à 33 %, le second résultat le plus bas depuis 1949.