L’Autriche pourrait interdire les meetings politiques étrangers sur son sol

Le projet de loi devrait irriter les supporteurs de Recep Tayyip Erdogan, [Orlok/ Shutterstock]

Faut-il interdire aux personnalités politiques étrangères de faire campagne sur le sol autrichien ? Le parlement national est pour. Un article d’Euractiv Allemagne.

Les députés autrichiens se sont accordés, étonnamment rapidement, sur des mesures légales visant à empêcher le président turc, Recep Tayyip Erdoğan, de battre le rappel en Autriche, à l’approche d’un référendum sur une réforme constitutionnelle turque. L’amendement proposé par le parlement sera examiné la semaine prochaine par la Chambre basse, le Conseil national.

À l’avenir, Vienne devrait pouvoir interdire les campagnes étrangères sur son territoire et l’AKP, le parti au pouvoir en Turquie, ne serait plus autorisé à organiser des mobilisations de ses soutiens dans le pays.

La Commission «s'inquiète sérieusement» des changements constitutionnels en Turquie

La Commission européenne a souligné les « sérieuses préoccupations » exprimées par le Conseil de l’Europe au sujet des modifications de la constitution turque, soumises au referendum du 16 avril prochain.

Vienne est particulièrement désireuse d’empêcher Recep Tayyip Erdoğan de faire campagne pour le référendum du 16 avril. La plus grande association de Turcs en Autriche, étroitement alignée sur l’AKP, a cependant annoncé de pas avoir l’intention d’organiser de mobilisation à cette occasion. D’autres associations pourraient néanmoins encore prévoir des rallyes.

Le Conseil s'interroge sur la campagne électorale turque dans l’UE

La campagne électorale turque a dépassé les frontières du pays pour atteindre la diaspora résident en Allemagne ou en Autriche. Une ingérence dont les chefs d’Etats européens doivent discuter lors du sommet.

Le gouvernement entend de toute façon faire preuve de prudence et résoudre la question le plus rapidement possible. Le ministre de l’Intérieur, Wolfgang Sobotka, n’a donc pas perdu de temps pour rédiger un projet de loi.

Pour montrer que la mesure n’est pas destinée spécifiquement au président turc, Vienne prévoit l’interdiction de tout événement lié à la politique à l’étranger, a souligné le ministre. Les interdictions seront édictées selon les règles du droit international et de la Convention européenne sur les droits de l’Homme.

Le droit autrichien prévoit déjà l’annulation d’événements dans le cas d’une menace pesant sur la sécurité ou l’intérêt public. Des dispositions qui ne suffisent pas, selon le ministre Thomas Drozda.

Lors d’une rencontre avec des dirigeants religieux, le chancelier, Christian Kern, a par contre confirmé son opposition à une proposition d’interdiction des symboles religieux dans les bâtiments publics.

La proposition a été avancée par une association de juges qui souhaitent bannir les symboles religieux ou idéologiques des tribunaux. Le chancelier estime cependant qu’il s’agit d’une atteinte à la libre expression et à la dignité des femmes. Il soutient cependant une nouvelle loi sur l’intégration qui interdirait le port du voile intégral.

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