Les socialistes autrichiens prêts à s’associer avec l’extrême droite

APA60 - Brandissant des bannières, environ 10 000 Autrichiens s’étaient réunis à Vienne pour manifester contre l’accord de coalition entre l’ÖVP et le FPÖ en février 2000. [Herbert Pfarrhofer/ EPA] [Herbert Pfarrhofer/ EPA]

Le parti social-démocrate autrichien s’apprête à rompre un vieux tabou sur les alliances politiques avec le parti d’extrême droite. Un article d’Euractiv Allemagne.

La coalition du parti social-démocrate autrichien (SPÖ) avec le Parti populaire (FPÖ) s’est écroulée et les socialistes sont à la recherche d’un nouvel allié. Tout accord avec les Verts ou les libéraux (NEOS) semblant peu probable, le SPÖ se tourne vers le Parti de la liberté (FPÖ), un parti jusqu’ici considéré comme intouchable.

Depuis 31 ans, le parti pratique en effet un « cordon sanitaire » contre le FPÖ. En 2015, dans l’État du Burgenland, la décision des élus régionaux de former un gouvernement avec le parti d’extrême droite avait été vertement critiquée.

Principes politiques

Pourtant, depuis, un grand nombre d’éléments du parti, des régions aux syndicats, font pression sur sa direction pour réviser cet ostracisme. Il semblerait donc que la peur de devoir quitter le gouvernement l’emporte aujourd’hui sur les principes politiques du parti.

Christian Kern, chancelier autrichien et dirigeant du SPÖ, tente depuis un moment de former une relation avec son homologue du FPÖ, Heinz-Christian Strache. Il a ainsi établi une liste de critère pour la mise en place d’une coalition gouvernementale.

Les événements se sont cependant précipités avec l’effondrement de la coalition avec l’ÖVP. Les élections prévues pour 2018 se dérouleront finalement en octobre 2017.

Christian Kern a promis d’annoncer à l’avance qui serait son partenaire de coalition favori avant l’élection. Cela implique cependant un vote des 200 000 membres du parti. Or, si certain souhaitent que le partenaire préféré soit désigné avant le scrutin, d’autres ne partagent pas cet avis. Dans ces circonstances, le dirigeant du parti optera sans doute pour laisser le choix aux membres du SPÖ.

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L’écologiste Alexander Van der Bellen a remporté l’élection présidentielle autrichienne face au candidat d’extrême droite Norbert Hofer (FPÖ), à l’issue d’un second tour très serré où près d’un électeur sur deux a choisi le FPÖ, un des partis de droite radicale les mieux établis d’Europe.

Les détracteurs d’une alliance avec l’extrême droite mettent en avant les événements de 2000, quand l’ÖVP avait fait alliance avec le FPÖ, alors dirigé par Jörg Haider. Pour la première fois, l’UE avait en effet imposé une sanction contre l’un de ses membres.

Depuis, le parti d’extrême droite a toutefois poli son image et réussi à convaincre de nombreux électeurs qu’il n’était « plus un parti de racistes et d’extrémistes », augmentant ses chances d’entrer au gouvernement.

Exclusion de facto 

Ces 30 dernières années, le parti social-démocrate a pour sa part perdu les deux tiers de ses membres et environ la moitié de ses électeurs potentiels. L’ÖVP a connu un déclin similaire, au bénéfice du FPÖ.

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Norbert Hofer, candidat de la formation nationaliste FPÖ, est donné favori de l’élection présidentielle autrichienne de dimanche prochain. Comment expliquer un tel succès ? Une analyse de notre partenaire, La Tribune.

L’exclusion de facto du parti d’extrême droite est donc devenue un sujet de plus en plus pertinent à mesure que sa popularité a crû.

Les exemples de la France et des Pays-Bas, ou les socialistes se sont inclinés lors des élections devant l’extrême droite, inquiète les Autrichiens : leur pays sera-t-il le premier à succomber au populisme et le FPÖ se trouvera-t-il bientôt en position de force ?

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