Steve Bannon débarque en Europe pour épauler les populistes

Stephen K. Bannon au congrès du Front National à Lille en mars 2018. EPA-EFE/THIBAULT VANDERMERSCH

L’ancien conseiller du Président Donald Trump compte se mettre au service de l’extrême-droite à l’occasion des prochaines élections européennes.

Steve Bannon, ancien conseiller de Donald Trump, a annoncé au Daily Beast, un site Internet d’actualités et d’opinion spécialisé dans la politique et la culture pop, qu’il était en train de mettre sur pied une fondation en Europe appelée Le Mouvement. Grâce à elle, il espère déclencher une révolution populiste de droite à travers le continent. Sa première cible : les élections européennes de mai 2019.

Steve Bannon est le génie qui se trouve derrière la victoire de Donald Trump aux élections américaines. C’est d’ailleurs ce qui lui a valu le poste de responsable stratégie, une nouvelle fonction à la Maison-Blanche, jusqu’à ce que son chef s’en débarrasse sept mois plus tard.

Au printemps dernier, ce baron de l’alt-right, l’extrême droite américaine, a fait une tournée européenne, avec une apparition très remarquée lors des élections italiennes, où il semblait déjà orchestrer une coalition entre le Mouvement 5 étoiles et la Ligue du Nord de Matteo Salvini.

Steve Bannon est même monté sur scène avec Marine Le Pen en France dans le but de lui donner – à elle et à l’extrême droite française dans son ensemble – un second souffle. Il a également fait escale en Suisse.

« Supergroupe » de droite

Il a déclaré au Daily Beast qu’il imaginait un « supergroupe » de droite au sein du Parlement européen qui pourrait rassembler au moins un tiers des eurodéputés après les élections européennes de mai.

Le siège du Mouvement devrait être installé à Bruxelles, où il commencera à engager du personnel au cours des prochains mois. En vue des élections, il prévoit d’engager dix personnes à plein temps, dont un expert de sondage d’opinion, un chargé de communication, un responsable de cabinet et un chercheur.

Le plan est de montrer à plus de 25 personnes après 2019 si le projet est couronné de succès.

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Steve Bannon prévoit de passer la moitié de son temps en Europe, plutôt sur le terrain que dans les bureaux de Bruxelles, une fois que les élections américaines de mi-mandat en novembre seront passées.

« Je ne voyais pas l’objectif jusqu’à ce que Marine Le Pen m’invite à prendre la parole à Lille », a-t-il déclaré. Steve Bannon a découvert avec stupéfaction que les mouvements nationalistes en Europe ne mettaient pas en commun leurs compétences et ne partageaient pas leurs idées avec les partis populistes des pays voisins – et encore moins à l’échelle internationale.

En effet, les mouvements nationalistes européens n’entretiennent pas de bonnes relations entre eux puisque la plupart d’entre eux envisagent la grandeur nationale au détriment des voisins. Par ailleurs, la rhétorique anti-immigration de nombreux politiques d’extrême droite d’Europe de l’Ouest cible aussi l’électorat de leurs collègues d’extrême droite d’Europe de l’Est.

Anti-Soros

Steve Bannon se qualifie lui-même comme le rival de George Soros et de sa fondation « Open Society ». « Soros est brillant », admet-il. « C’est le diable, mais il est brillant. »

Il voit Matteo Salvini comme un modèle pour les futurs partenaires de son Mouvement.  « L’Italie est le cœur battant de la politique moderne. Si ça marche là-bas, ça peut réussir n’importe où. »

L’Italien a des projets similaires pour une force paneuropéenne, semblable à la Ligue du Nord en Italie. Cet agitateur italien a réussi en très peu de temps à faire de ce parti, qui à la base est une force séparatiste régionaliste, un parti national d’extrême droite.

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