Barnier, prochain président de la Commission?

Michel Barnier

Le négociateur en chef du Brexit est sorti favori d’un sondage effectué auprès de la bulle européenne pour succéder à Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission. Mais ne bénéficie pas du soutien de Paris.

Le Français Michel Barnier est sorti favori d’un sondage de Votewatch sur le prochain dirigeant de l’exécutif européen. L’enquête a été réalisée auprès de plus d’un millier de membres de la « bulle européenne », dont près de la moitié travaille dans les institutions européennes ou les ambassades nationales.

Ils sont 37 % à penser que le négociateur en chef du Brexit remplacera Jean-Claude Juncker, qui n’a jamais indiqué vouloir briguer un deuxième mandat. L’actuel négociateur du Brexit est suivi dans le sondage par la Danoise Margrethe Vestager (14 %), actuelle commissaire à la concurrence, et Christine Lagarde (13 %), qui dirige le FMI.

S’il est pressenti par la bulle européenne, Michel Barnier n’est le favori ni d’Angela Merkel ni d’Emmanuel Marcon, qui pencheraient plutôt pour Margrethe Vestager et Christine Lagarde.

Le commissaire au budget, Günther Oettinger a cependant déclaré que le Français était « certainement l’un des candidats potentiels les plus sérieux pour devenir Spitzenkandidat du PPE ».

Christine Lagarde pourrait également remplacer Mario Draghi à la présidence de la Banque centrale européenne, en novembre 2019, selon 23 % des personnes interrogées. Celles-ci sont toutefois 33 % à penser que le poste reviendra à Jens Weidmann, qui dirige actuellement la banque centrale allemande et convoite la place de Mario Draghi depuis longtemps.

En ce qui concerne le Conseil, les répondants pensent que Donald Tusk sera remplacé par Mark Rutte (25 %), le Premier ministre néerlandais, ou Dalia Grybauskaite (20 %), la présidente lituanienne.

Tant à la présidence de la Commission qu’à celle du Conseil, c’est le PPE qui devrait remporter la mise. À la tête du Parlement, par contre, les options sont plus variées. Si le groupe de centre droit devait rester le plus important, la mainmise de la « Grande Coalition » PPE-S&D, qui règnent ensemble depuis une génération, est en train de disparaître. Les sondages indiquent qu’aucun de ces deux groupes n’approchera des 50 % au Parlement.

Le S&D perdra ses 20 membres du Parti travailliste britannique au moment du Brexit, et devrait également essuyer des pertes dans deux de ses places fortes, l’Italie et l’Allemagne. En France, la situation n’est pas rose non plus et après la large défaite des socialistes aux élections de 2014, leur nombre (13 actuellement) pourrait encore chuter.

Les prédictions sur la distribution des sièges parlementaires sont encore compliquées par la dissolution probable du CRE (Conservateurs et réformistes européens), dominé par les membres du Parti conservateur britanniques, ainsi que par la possibilité d’une alliance entre le parti En Marche, d’Emmanuel Macron, et les libéraux de l’ALDE, dirigée par Guy Verhofstadt.

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Moins de la moitié des personnes interrogées par Votewatch s’attendent à ce que le S&D garde sa position de deuxième groupe au Parlement. Un scénario très pessimiste pour les socialistes, étant donné que le CRE et l’ALDE ne comptent actuellement que 72 et 68 sièges, contre 190 pour le S&D.

Enfin, la position dominante de l’Allemagne au sein de l’UE continue de diviser : 70 % des répondants des pays du « Club Med » (Portugal, Espagne, Italie, Malte, Chypre, Grèce) estiment que les Allemands ont trop de pouvoir, alors que  seuls 30 % des Allemands, Belges, Luxembourgeois et Néerlandais sont d’accord.

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