L’extrême droite flamande grande gagnante de la triple élection belge

epa07603604 Le président du Vlaams Belang, Tom Van Grieken, prononce un discours à Londerzeel, Belgique, le 26 mai 2019. [EPA-EFE/JULIEN WARNAND]

Les séparatistes flamands d’extrême droite du Vlaams Belang sortent très renforcés du triple scrutin du 26 mai. De leur côté, les Wallons votent de plus en plus à gauche. La formation d’un gouvernement fédéral s’annonce donc extrêmement compliquée.

La triple élection belge du 26 mai – régionale, fédérale et européenne – confirme une tendance déjà remarquée lors des derniers scrutins : les néerlandophones votent de plus en plus à droite et les francophones de plus en plus à gauche. La frontière linguistique se double donc d’une véritable frontière politique dans le royaume. Le 26 mai a déjà été qualifié de « dimanche noir ».

Au niveau européen, la N-VA, la droite flamande perd un siège et aura trois eurodéputés. Trois élus aussi pour les nationalistes du Vlaams Belang, qui en ont gagné deux. Six partis enverront deux représentants à Strasbourg, les conservateurs (CD&V), les démocrates humanistes (CDH-CSP), les libéraux flamands (Open VLD), les socialistes francophones, le centre droit francophone et Écolo, et les trois sièges restants seront occupés par les verts flamands (Groen), le PTB et les socialistes flamands (SP.A).

Les jeunes belges de plus en plus mobilisés pour le climat

Ils étaient plus de 35 000 élèves et étudiants belges à défiler dans les rues de Bruxelles, ce 24 janvier, pour réclamer de meilleures politiques climatiques. Ce rendez-vous devenu hebdomadaire commence à faire des vagues.

Le fossé nord-sud se creuse

En Flandre, la région la plus riche et la plus peuplée, c’est le Vlaams Belang, extrême droite séparatiste, qui grimpe, raflant 18,6 % des voix au niveau régional. Malgré un net recul, le premier parti reste la droite dure N-VA, avec près d’un quart des votes. Suivent les conservateurs du CD&V (15,4 %), les libéraux de l’Open VLD (13,1 %), les socialistes de la SP.A (10,1 %) et les verts Groen (10,1 %).

En Wallonie et à Bruxelles, les régions à majorité francophone, le Parti socialiste reste le plus représenté, malgré les voix perdues au profit du Parti des travailleurs belges et d’Écolo (verts). Côté régionales wallonnes, le PS récolte 26,2 % des voix, suivi du MR, de centre droit, du Premier ministre, Charles Michel, avec 21,4 %, d’Écolo, qui triple son score dans la région pour atteindre 14,5 % et du PTB (13,7 %).

À Bruxelles, région officiellement bilingue, les régionales sont divisées entre un collège électoral francophone et un collège électoral flamand. Le plus grand groupe au parlement régional devrait être l’alliance Écolo/Groen, premier chez les néerlandophones et deuxième chez les francophones, qui atteint près de 40 % des suffrages. Les Bruxellois francophones donnent aussi leur confiance au PS et au MR, alors que les néerlandophones de la capitale élisent la N-VA et l’Open VLD.

Un parlement fédéral nationaliste

Malgré la progression des verts, le nouveau parlement fédéral belge n’a sans doute « jamais été aussi dominé par les nationalistes flamands », s’est réjoui le dirigeant du Vlaams Belang, Tom Van Grieken. Son parti fait un bond, passant de trois à 18 élus à l’assemblée fédérale.

Réagissant aux observateurs qui parlent d’un « dimanche noir » de l’extrême droite, il assure que « ce n’est pas un dimanche noir, mais un dimanche de l’espoir ». « Nous voulons assumer nos responsabilités », a-t-il indiqué après l’annonce de sa victoire.

Jusqu’ici, le Vlaams Belang a été exclu de tous les gouvernements de coalition à tous les niveaux de pouvoir, un cordon sanitaire ayant été établi par tous les autres partis. Bart de Wever, chef de file de la N-VA envisage pourtant de lever cet embargo.

« Je n’ai jamais été d’accord avec le cordon sanitaire, même si je n’ai jamais été un fan du style du parti [Vlaams Belang] et de certaines de ses positions exagérées. Tout cela n’est pas nouveau », a-t-il assuré.

L’écart croissant entre les deux communautés linguistiques rend la formation d’un gouvernement fédéral de plus en plus difficile. Au niveau fédéral, on compte ainsi 25 élus N-VA, 20 élus PS, 18 élus du Vlaams Belang, 14 élus MR et 21 verts (13 Écolo + 8 Groen).

Le pays pourrait donc s’acheminer vers une longue période sans gouvernement, comme après les élections de 2010, quand il avait fallu 541 jours pour former un exécutif, un record mondial. Depuis décembre et la chute de la coalition précédente, la Belgique est d’ailleurs dirigée par un gouvernement en affaires courantes sous la houlette de Charles Michel. Cela pourrait ne pas changer avant des semaines, voire des mois. Le Roi a commencé ses consultations. Il doit nommer un « formateur » qui sera chargé de négocier la formation d’un gouvernement.

Les séparatistes flamands devraient se battre pour que davantage de compétences reviennent à l’avenir aux régions, une position combattue par les Wallons, dont l’économie n’est pas en aussi bonne posture.

Le Pacte sur les migrations déchire le gouvernement belge

Le Premier ministre belge a pris la tête d’un gouvernement minoritaire, après la démission des ministres nationalistes flamands de la coalition gouvernementale, en raison d’une divergence profonde sur le Pacte de l’ONU sur les migrations.

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