Benoît Hamon se lance seul dans la bataille des européennes  

bty

Faute d’avoir réussi à rassembler la gauche française autour de son projet de votation citoyenne, Benoît Hamon a présenté le 26 février les 30 premiers noms de la liste de Générations.

30 noms en désordre et un programme de gauche écologique. Le lancement de la liste du mouvement Génération de Benoît Hamon pour les élections européennes  s’est finalement fait en solo le 26 février à Paris.

L’ex-candidat socialiste à l’élection présidentielle avait tenté ces dernières semaines de mobiliser la gauche autour d’un projet de votation citoyenne. Un outil participatif qui devait permettre de constituer une liste d’union pour le scrutin européen par vote préférentiel des sympathisants.

Mais aucun des partis de la gauche n’a répondu à l’appel. Yannick Jadot, la tête de liste des Verts avait immédiatement repoussé l’idée d’une votation auprès des citoyens, préfèrent faire cavalier seul sur le sujet de l’écologie.

L’idée n’a pas non plus eu de succès auprès des autres partis et mouvements, tels que  le Parti socialiste, Place publique, La France Insoumise ou le Parti communiste français. « La porte reste ouverte » a cependant insisté Benoît Hamon.

En attendant, les grandes lignes du programme européen dévoilées lors de la conférence de presse reprennent les grands thèmes déjà portés lors de la campagne présidentielle. « Nous sommes la liste écologiste et de gauche », a revendiqué Benoît Hamon. Écologie politique avec le lancement d’un « new deal vert » au niveau européen, une politique d’asile ambitieuse,  mais aussi la création de taxes au niveau européen pour alimenter le budget commun : un impôt sur la fortune et taxe robot. Autre mesure, faire du droit à l’avortement une condition sine qua non à l’adhésion à l’Union européenne.

L’impossible union de la gauche pour les européennes

En France, les appels à l’union se multiplient au sein d’une gauche plus divisée que jamais. À quatre mois des élections européennes, les tentatives de rassemblement se heurtent à des divisions réelles sur le plan politique.

« Irruption citoyenne »

« Sur la liste de Génération il y a beaucoup de gens qui travaillent » a expliqué le candidat Benoit Hamon, en égrenant les 30 noms d’une liste non ordonnée, dont il l’ex-socialiste devrait prendre la tête. Elle devra également être validée par les militants de Générations.

Parmi les candidats figurent les eurodéputés socialistes sortants Guillaume Balas et Isabelle Thomas. L’eurodéputé Édouard Martin a lui aussi rejoint Génération, mais ne se représentera pas pour un second mandat.

Un tiers environ de la liste est constitué de citoyens qui ont candidaté auprès de Génération, à l’image de Sabrina Benmokhtar, étudiante à Nancy et employée dans un supermarché pour financer ses études. Une ouverture qui n’est pas sans rappeler celle de La République en Marche lors des élections législatives, et celle qu’ambitionne aujourd’hui le mouvement des gilets jaunes.

Sur les 916 candidatures reçues, 30% émanaient d’ailleurs de citoyens non membres du mouvement. « Aujourd’hui, les partis politiques sont fragiles, il faut une irruption de la puissance citoyenne pour relancer le débat », explique Benoit Hamon.

«  Nous avions proposé cette votation citoyenne, car aujourd’hui plus personne n’est représenté exclusivement par un parti politique. Mais en refusant et en  mettant les citoyens hors-jeu, ce sont les partis politiques eux-mêmes  qui se mettent hors-jeu. Si avec le mouvement des gilets jaunes on ne comprend pas que l’irruption citoyenne est devenue une nécessité… », résume M. Hamon.

« Nous allons être la surprise de cette élection » veut croire Guillaume Balas. Un vœu qui devra encore se construire lors de la campagne. Selon une enquête Ipsos-Sopra Steria, la liste conduite par Benoît Hamon obtiendrait  5 % des intentions de vote, au même niveau que la liste officielle du Parti socialiste (5%), mais derrière les écologistes (8%) et la France Insoumise (8%).

Côté européen, Génération peut déjà compter sur quelques alliés, dont la formation DiEM25 de l’ancien ministre grec des Finances  Yanis Varoufakis rassemblés  au sein du mouvement « Printemps européen ». Génération compte aussi des alliés en Pologne (Razem), en Italie (Dema) ou au Danemark (Alternativet).

Hamon propose à la gauche de se rassembler derrière Varoufakis pour les européennes

Le chef de file de Générations pour les européennes, Benoît Hamon a proposé mercredi aux formations de gauche, par souci de « clarté », de se rallier à la candidature de Yanis Varoufakis pour la présidence de la Commission, un préalable à une éventuelle alliance.

 

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.