Berlusconi est-il foutu ?

Retour raté pour Silvio Berlusconi. [Andrea Delbo/Shutterstock]

Le retour de Silvio Berlusconi sur la scène politique italienne ne se passe pas comme prévu. Un article en partenariat avec  Italia Oggi.

Les résultats des élections italiennes ont de quoi décevoir et inquiéter Silvio Berlusconi. La Ligue (anciennement Ligue du Nord) a dépassé son parti, Forza Italia. Et malgré la victoire du centre droit il y a peu de chance que celle-ci se traduise par une majorité numérique à la Chambre et au Sénat.

« Nous avons été pénalisés parce que je n’ai pas pu me présenter moi-même », a assuré le Cavaliere, avant même que les résultats finaux ne soient  dévoilés. « Soyons prudents. »

Selon des résultats encore partiels, le Mouvement 5 Étoiles (M5S, antisystème) serait devenu le premier parti du pays avec plus de 31 % des voix.

La coalition formée par le Forza Italia de Silvio Berlusconi et la Ligue de Matteo Salvini (extrême droite) obtiendrait elle quelque 37 %, loin devant le Parti démocrate (centre gauche) de Matteo Renzi (19 %).

Si en public les représentants des partis s’abstiennent de commentaires trop tranchés, ce n’est pas le cas en privé. Silvio Berlusconi lui-même a pris note des premiers résultats, qui montrent que le M5S a remporté le gros lot dans le sud du pays, là où Forza Italia était la plus attendue, et en particulier dans la Campania, les Pouilles et la Sicile. Dans le nord, le centre droit fait un meilleur score, mais c’est la Ligue qui se taille la part du lion.

Le raz-de-marée des forces antisystème plonge l’Italie dans l’incertitude

Une percée historique des forces antisytème, eurosceptiques et d’extrême droite, majoritaires en voix et en sièges après les législatives italiennes, bouleversent la donne et plongent le pays dans l’incertitude politique.

Si ces résultats sont confirmés, il n’y aura de majorité claire dans aucune des chambres parlementaires. Que fera alors Sergio Mattarella, le chef de l’État ? Tout le monde se le demande, et Silvio Berlusconi craint que la tentative de former un gouvernement ne revienne à Luigi Di Maio, chef de file du M5S, qui pourrait se tourner vers le Parti démocrate et la formation Libres et égaux, composée de plusieurs groupes de gauche.

Une chose est sûre : Matteo Salvini et la Ligue ne se porteront pas au secours du M5S. Reste que si les chiffres se confirment, il sera difficile de ne pas intégrer le mouvement antisystème au gouvernement, sans quoi il se renforcerait automatiquement aux prochaines élections, qui ne devraient pas trop tarder.

Forza Italia a un autre problème. Étant donné que la Ligue semble avoir récolté plus de voix, Matteo Salvini pourrait déclarer l’ère Berlusconi finie, puisque l’ancien Premier ministre n’est pas parvenu à mobiliser de base suffisante dans le sud, face au M5S. C’est donc une véritable débâcle qui le guette.

Avant les résultats finaux, Renato Brunetta, chef de file des élus de Forza Italia, restait cependant très optimiste. « C’est une victoire nette pour le centre droit. Vous verrez qu’en termes de siège nous serons la force principale, et non le M5E », assure-t-il, précisant que « traditionnellement, la formation du gouvernement ne revient pas au parti ayant reçu le plus de voix, mais à celui ayant le plus de chance de construire une majorité ».

En ce qui concerne une possible alliance avec le M5S ou le Parti démocrate, il pense plus faisable « une entende avec des parlementaires individuels qui puissent garantir la gouvernabilité ».

Renzi, candidat contesté des élections italiennes

Les Italiens sont très divisés quant à leur ancien Premier ministre italien, Matteo Renzi, mais pourquoi ? À l’approche des élections, notre partenaire, Italia Oggi, donne des éléments de réponse.

« Retour raté »

Pour Marc Tarabella, eurodéputé socialiste belge, l’ingouvernabilité de l’Italie, ou la présence de force d’extrême droite dans son gouvernement, est inquiétante. Il souligne le « retour plutôt raté » de Silvio Berlusconi», qui s’est fait dépasser par son partenaire de coalition potentiel.

Également frappé par l’effondrement du Parti démocratie, le Belge estime que ce revirement est dû à « trahison des idéaux de gauche ». « Matteo Renzi, Tony Blair et Gerhard Schröder sont des personnages qui ont trahi les idéaux de gauche » surtout en ce qui concerne les droits des travailleurs. Or, « quand la gauche trahit ses idéaux, elle va vers la défaite ».

Il n’est pas du tout catastrophé par la montée en puissance du M5S. « On les qualifie d’antieuropéens populistes, je ne partage pas cette opinion », a-t-il déclaré au micro de la RTBF. « Les 5 Étoiles ont évolué, moi je travaille avec pas mal d’entre eux au Palrement européen, ce sont généralement des jeunes, plutôt instruits, respectant d’ailleurs l’égalité hommes-femmes, ce sont des environnementalistes et beaucoup sont progressistes. »

Il regrette donc que le dialogue soit rompu entre le Parti démocrate et le M5S. « Quand vous analysez les votes au Parlement européen, les 5 Étoiles votent souvent comme les socialistes et comme les verts. On peut travailler avec eux. Ils ont changé leur discours, ils ne sont plus contre l’Europe. Ils veulent changer l’Europe, mais ça les S&D le veulent aussi », conclut-il.

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