Bras de fer entre la Catalogne et l’Espagne sur la légalité du référendum d’indépendance

Le président de la Catalogne, Arthur Mas, compte convoquer le référendum sur l’indépendance de la région le 9 novembre prochain, considéré illégitime par Madrid. 

Le Parlement catalan a adopté le 19 septembre une loi autorisant le président de la région, Arthur Mas, à lancer une consultation référendaire sur l’indépendance de la Catalogne. Même si le gouvernement espagnol a déclaré que ce référendum violait la constitution nationale et qu’il comptait par conséquent le contester devant le Tribunal constitutionnel.

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« La loi [. . . ] permettra cette semaine et dans les jours qui viennent de convoquer le référendum le 9 novembre », a déclaré Arthur Mas lors d’un évènement organisé dans la ville catalane de Cardona, propos diffusés par la télévision publique espagnole.

La Catalogne a sa propre langue et culture et lutte depuis longtemps pour son indépendance. Le mouvement séparatiste a pris de l’ampleur au cours de la crise économique. À l’instar de l’Écosse, la Catalogne compte organiser un référendum sur son indépendance.

Alicia Sánchez-Camacho, chef de file du Parti populaire espagnol en Catalogne, a qualifié les déclarations d’Arthur Mas, « d’inacceptables ». À ses yeux, la question doit être tranchée en vertu de la constitution espagnole, et non par un référendum « anticonstitutionnel » qui pourrait faire éclater l’Espagne.

Pedro Sánchez, le dirigeant du parti social-démocrate espagnol (PSOE) a également accusé le président catalan d’encourager la division.

>>Lire: La Catalogne organisera dans un an un référendum sur son indépendance

« C’est ridicule d’avoir des dirigeants qui nous forcent à choisir entre être Catalan ou être Espagnol. Nous voulons être à la fois Catalans et Espagnols. Aucun dirigeant n’a le droit de provoquer une telle discorde », s’est-il emporté. Il a également expliqué que le cas de la Catalogne et celui de l’Écosse n’étaient pas comparables, car personne ne se risquerait de qualifier un référendum d’illégal dans la démocratie britannique.

Pedro Sánchez a demandé au premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, « de prendre le taureau par les cornes » et d’apporter une réponse au problème catalan. En avril dernier, les Cortès générales, le Parlement espagnol, a rejeté le projet d’un référendum catalan. Malgré tout, Arthur Mas compte le maintenir. 

L'Espagne a retrouvé le chemin de la démocratie dans la moitié des années 1970. Des régions, telles que la Catalogne et le Pays basque, avaient connu une renaissance de leur culture et de leur langue, réprimées sous la dictature de Francisco Franco.

Les Catalans parlent une langue relativement semblable, mais différente au castillan pratiqué dans le reste de l'Espagne. La région représente 15 % de la population du pays et 20 % de son économie.

Alors que l'économie espagnole est en chute libre en raison de la crise de la dette de la zone euro, les Catalans se plaignent de payer des milliards d'euros de taxes en trop en comparaison avec les montants envoyés par Madrid. 

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