Martin Schulz fait volte-face sur le « Grexit »

Martin Schulz veut convaincre les électeurs allemands qu'il ne sera pas conciliant avec la Grèce s'il est élu. [Parti socialiste/Flickr]

En cas d’élection à la chancellerie, Martin Schulz n’a pas écarté l’hypothèse d’une expulsion de la Grèce de la zone euro, si les réformes nécessaires ne sont pas mises en application. Un article d’Euractiv Allemagne.

Le dirigeant social-démocrate et ancien président du Parlement européen a déclaré au Financial Times qu’il n’écartait pas totalement l’hypothèse d’un retrait de la Grèce de la zone euro.

Dans sa première interview à un média non allemand depuis son arrivée à la tête du SPD, Martin Schulz a indiqué que le maintien de la Grèce dans l’Eurogroupe dépendrait « du degré d’application des réformes » par Athènes.

Grexit « irresponsable »,

Jusqu’à maintenant pourtant, il s’est toujours vigoureusement opposé à toute idée de départ de la Grèce de la zone euro, une hypothèse envisagée par ses adversaires de la CDU et du FDP.

En février, il avait confié au quotidien Die Welt que toute discussion sur un « Grexit » serait « très dangereuse ». « Quiconque envisage un Grexit risque de diviser le continent », affirmait-il alors.

Lorsqu’il était président du Parlement européen, Martin Schulz avait même qualifié l’idée du Grexit d’« irresponsable », ajoutant, à l’approche des élections législatives grecques de 2015, que « quitter la zone euro ne pouvait pas faire l’objet d’un débat ». « Une telle initiative pourrait pousser les électeurs dans les rangs de forces radicales », craignait-il.

«Nous ne devrions pas punir le Royaume-Uni pour le Brexit»

Le ministre allemand des Finances a confié au Tagesspiegel, qu’une approche « calme » était nécessaire pour traiter avec le président des États-Unis, Donald Trump, et que le Royaume-Uni ne devrait pas être puni pour le Brexit.

Gérer la crise de la dette

Le candidat du SPD a également révélé au Financial Times comment il gèrerait la crise de la dette s’il était élu. Il a souligné que l’Allemagne avait « tout intérêt » à s’assurer que les États membres de l’UE aient une croissance stable. « Mais pour y arriver, il faut mettre en place un certain nombre de réformes dans ces pays », a-t-il ajouté.

Martin Schulz a par ailleurs clairement fait savoir qu’il continuerait les politiques d’austérité prônées jusqu’à présent par Angela Merkel et son ministre des Finances, Wolfgang Schäuble. Le dirigeant du SPD doit cependant convaincre les électeurs qu’il ne se montrera pas conciliant avec la Grèce.

Pas plus tard qu’en janvier dernier, il avait qualifié les politiques européennes de « sérieuse erreur ».

D’après l’eurodéputé allemand Fabio De Masi (GUE/GVN), Martin Schulz aurait l’intention de continuer l’approche actuelle du gouvernement. « Martin Schulz a réaffirmé son soutien aux politiques d’austérité européennes. Il ne se rend pas compte que les politiques d’austérité détruisent non seulement l’Europe, mais aussi la démocratie sociale européenne », a souligné l’homme de gauche lors d’une conférence de presse.

L’eurodéputé a également rappelé que lorsqu’il était président du Parlement européen, Martin Schulz avait soutenu un sauvetage des banques qui a « aggravé la dépression, le chômage de masse et les divisions sociales dans les pays touchés par la crise ».

Au lieu de continuer à mettre en œuvre des mesures d’austérité drastiques, Fabio De Masi préconise davantage d’investissements européens et plus de moyens pour réduire l’excédent d’exportation allemand, qui a presque atteint 9 % du PIB. Il a également averti que « l’euro s’écroulerait si l’Allemagne ne faisait rien pour changer la situation ».

Martin Schulz se tient à distance du gouvernement allemand

Soucieux de son image de dissident politique, le principal adversaire de Merkel refuse de participer aux négociations gouvernementales avant les élections. Au risque de se mettre à dos son propre parti. Un article de notre partenaire Der Tagesspiegel.