Comment les pays européens utilisent-ils la proportionnelle?

Au Parlement européen, toutes les tendances politiques sont représentées, même les anti-européennes. [David Ademas/Ouest-France]

L’idée d’introduire une dose de proportionnelle pour les prochaines élections législatives progresse. La France peut s’inspirer de ses voisins européens qui, excepté le Royaume-Uni, utilisent tous la proportionnelle. Un article de notre partenaire, Ouest-France.

L’écrasante majorité promise au parti d’Emmanuel Macron a remis au centre des débats l’introduction d’une dose de proportionnelle lors des élections législatives.

Le mode de scrutin proportionnel est simple dans son principe : les sièges sont attribués selon le nombre de voix. Il a cependant laissé un mauvais souvenir en France avec l’instabilité gouvernementale de la IVe République entre 1946 et 1958. Durant cette période, la France a connu plus de vingt gouvernements en seulement trois législatures. La proportionnelle n’a été utilisée sous la Ve République pour des législatives qu’une seule fois: en 1986, quand François Mitterand avait voulu limiter la défaite du Parti socialiste face au RPR de Jacques Chirac.

Ce système donne un poids politique aux partis ayant obtenu un petit score aux élections, car ils deviennent faiseurs de rois dans la construction des majorités. Les coalitions gouvernementales peuvent alors tenir sur un spectre politique très large et deviennent plus fragiles.

La France, un cas unique en Europe

Seule la France et le Royaume-Uni n’ont pas de proportionnelle lors de leurs élections législatives. En France, il s’agit du scrutin majoritaire à deux tours, tandis qu’en Grande-Bretagne, il n’y a qu’un seul tour.

Les autres pays européens ont des systèmes d’élections incluant la proportionnelle, souvent avec des mécanismes correcteurs permettant d’avoir plus de stabilité politique. En Grèce par exemple, le parti arrivé en tête obtient une prime de 50 députés sur 300, ce qui lui permet de négocier en position de force avec ses potentiels partenaires.

L’exemple allemand

Les partisans de la proportionnelle en France prennent souvent l’exemple de l’Allemagne. Le système électoral y est complexe car l’électeur vote deux fois avec un même bulletin. Tout d’abord pour un candidat dans sa circonscription, la moitié des députés étant élus de cette façon. L’autre moitié est désignée avec le second vote de l’électeur qui choisit un parti. Seuls les partis ayant dépassé les 5 % se répartissent les sièges restants.

C’est surtout la pratique de négociations pour former un gouvernement qui séduit les observateurs français. En 2013, les 470 000 adhérents du SPD avaient ainsi validé un accord de gouvernement négocié par leurs dirigeants pour former une « Grosse Koalition » avec la CDU d’Angela Merkel.

Les députées françaises en passe de rattraper les suédoises

De 63ème mondial, la France pourrait devenir numéro deux européen en termes de parité à l’Assemblée nationale. Une féminisation liée à l’échec des partis traditionnels qui privilégient d’ordinaire les sortants.

Le contre-exemple : l’Italie

Matteo Renzi a voulu réformer la constitution italienne mais il a perdu le référendum du 4 décembre 2016. Parallèlement à sa réforme constitutionnelle, le gouvernement a fait passer une réforme électorale, surnommée « l’Italicum », qui introduit une forte prime majoritaire pour la Chambre des députés. Mais ce ne sera valable que pour la prochaine élection.

Depuis la Seconde Guerre mondiale, l’Italie a connu plus de 60 gouvernements dont la durée moyenne a été d’environ un an. Les deux chambres sont élues à la proportionnelle intégrale et peuvent faire tomber le gouvernement. Or avec la proportionnelle ajoutée à des élections régulières, les majorités changent très souvent.

Cas à part, la Belgique. Du fait d’un système politique séparé du point de vue linguistique et de l’émergence d’un parti séparatiste en Flandres, il est devenu parfois très difficile de former une alliance pour gouverner. Le Plat pays est resté plus d’un an sans gouvernement entre 2010 et 2011. Après 541 jours de crise politique, une coalition de six partis politiques a fini par soutenir le Wallon Elio Di Rupo.

Macron s'achemine vers une majorité sans partage

Un mois après son entrée à l’Elysée, Emmanuel Macron est en position de force pour s’assurer une majorité sans partage après un premier tour des législatives où son parti a laminé tous ses adversaires, sur fond d’abstention record.

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